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État critique et perspective
La recherche Scientifique en Algérie
Publié dans El Watan le 19 - 09 - 2004

L'Algérie tourne le dos au développement du savoir, au moment où les pays développés cherchent le moyen d'éviter la dichotomie scientifique entre l'élite et les groupes sociaux par les différentes techniques de vulgarisation et la diffusion du savoir.
La carte scientifique algérienne est confiée à des personnes qui n'ont de relation avec la recherche et la science que le bilan annuel de cette activité, alors que les compétences sont isolées de la participation mais on fait appel à eux pour cautionner une quelconque procédure pour « soutirer » un plus gros budget. Beaucoup de responsables des centres et des entreprises nationales considèrent les prémices de la recherche ou de travail comme un bien privé et personnel qu'il faut exploiter et en profiter à outrance car, parfois, il peut douter de son espérance de vie fonctionnelle s'il n'obéit pas à l'œil et à la baguette de sa tutelle où des personnalités influentes du pouvoir quelle que soit la demande. L'école et l'université algériennes restent en marge du développement technologique sur tous les plans y compris les mutations technologiques qui ont radicalement transformé le paysage de la communication scientifique au moment où, chez nous, l'élève ou l'étudiant doit toujours se mettre devant un tableau noir et utiliser un semblant de craie (c'est du plâtre) pour se former(3). Il en est de même pour les amphithéâtres qui affichent complet mais qui ne sont pas dotés du minimum de « gadgets » technologiques de communication - à la main de gosse dans les pays même en voie de développement - afin de faciliter l'accès au savoir des étudiants et le travail des enseignants. La situation des ces institutions n'est pas épargnée par la crise économique et politique des vingt dernières années, elle s'est aggravée davantage à la lumière de la précarité de l'Etat actuel. Mais est-ce suffisant pour justifier le retard enregistré sur tous les plans de cette activité, lorsque le diagnostic sociologique indique que la recherche scientifique en Algérie est malade de ses propres maux et que la situation n'est pas près de s'améliorer si une politique claire - au sens scientifique et pas politicien - n'est pas envisagée dans le plus proche futur ? Quel est le centre, l'unité de recherche ou la faculté en Algérie qui a pu maintenir une publication d'autorité scientifique pour une période moyenne de dix ans, - c'est peut-être trop - sans discontinuité et avec une valeur d'autorité ? Quelle est l'institution de recherche en Algérie qui met à jour, qui rénove son site Internet et qui fonctionne comme il se doit(4). L'idée principale incitatrice pour nos institutions nationales est d'être à jour avec la mode technologique « Internet », une mode qui exige une disponibilité constante pour actualiser les données et autres informations du site. Ces institutions sont-elles à la page de cette « ancienne » mode électronique ? Et dans toute cette transformation, sommes-nous en mesure d'aspirer à une communication électronique entre deux institutions nationales de façon à permettre un échange culturel et à assurer le cumul de connaissances ? Peut-on accéder à la bibliothèque nationale à distance et lire une revue ou un journal specialisé ? Qu'en est-il de la possibilité du prêt électronique entre deux bibliothèques, la première dans la capitale et l'autre à Tamanrasset ? Peut-on exécuter un transfert bancaire par réseau de chez soi et effectuer des transactions bancaires entre deux agences sans se déplacer, au moment où il est quasiment impossible d'encaisser parfois notre chèque en dehors de l'agence mère ? C'est quoi l'Internet au juste s'il n'apporte pas des solutions viables et fiables à la population, en général, et aux chercheurs, en particulier ? Juste une parenthèse pour dire qu'Internet signifie avant tout une richesse d'informations et un moyen d'échanges de données. Beaucoup de questions nous taraudent l'esprit et qui ont une réponse simple : non, nous n'avons rien fait pour l'avenir des générations sauf de les impliquer à gérer l'amalgame et à subir l'incompétence de pseudo-managers créés d'un système qui humilie, méprise et matraque les cerveaux et déclasse la science. Sur un autre volet très important, il est aberrant de constater que des formations de pointe sont soumises à des équivalences par notre université et que celles-ci sont octroyées à tort et à travers. Maintenant, la question qui se pose avec insistance est : si nos illustres administrateurs de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique sont capables de donner de telles équivalences, pourquoi ne dispensent-ils pas eux-mêmes ces formations pointues ? Pis encore, durant les années 1980, la commission nationale de formation à l'étranger dans quelques ministères a été composée de personnalités qui n'avaient de scientifique que le nom et qui au comble de l'ironie décidaient de l'éligibilite des étudiants à telle ou telle formation. Comment dans ce cas aspirer à mettre en place la chaîne scientifique du développement ?
Un discours en Bois Rouge
La possibilité de remettre en cause les questions précédentes est grande, car on a été habitué à une langue de bois et surtout à une langue démagogique qui enfonce davantage la précarite de la recherche scientifique tout en apportant les ingrédients de la perversion de la notion de science en bloquant toute initiave qui émane de la communauté universitaire et en fermant les portes de l'espoir(5). Justifier la précarite de la recherche scientifique par le seul aspect de la politique est une analyse qui peut dédouaner la responsabilité des chercheurs algériens entraînés par le courant de l'idéologie algérienne de la science qui contribue au glissement de celle-ci vers des horizons plus sombres. C'est surtout justifier « la paresse » de la matière grise algérienne et son adhésion statique à la marginalisation de la science par les politiques envisagées jusqu'à présent et qui n'ont pas enfanté d'autorité nationale scientifique locale qui pourrait constituer une référence mondiale de la science tous domaines confondus. La science en Algérie souffre d'un « establishment » archaïque qui crée les mécanismes de la destruction du savoir et les indicateurs de mépris envers l'élite. Cela ne signifie en aucune manière que les chercheurs algériens ne sont pas compétents dans leur domaine, bien au contraire, ils ont prouvé dans bien des cas leurs valeurs professionnelles, et il est aberrant d'attendre que le chercheur soit honoré à l'étranger pour réclamer sa nationalité algérienne dans la presse locale ou de créer un ministère délégué pour tenter de « rapatrier » ces compétences, alors que les conditions de travail et le statut social de la science est le même depuis des décennies, voire il s'est totalement perverti et détérioré au degré de pousser toute substance grise à quitter le pays et à travailler même dans des activités dévalorisantes du diplôme. Ces mêmes compétences formées au préalable dans les universités algériennes mais exclues - voire marginalisées et meprisées - du processus de la prise de décision même lorsqu'il s'agit de décisions scientifiques au sens propre du terme. A ce stade de cette réflexion, il faut admettre que l'Algérie a investi une grande part de la rente pétrolière dans l'enseignement et l'éducation de la population basée sur la démocratisation de l'enseignement. Mais cela a fait le bonheur des pays développés qui ont vraiment émerveillé les chercheurs algériens par l'environnement adéquat offert par la société toute entière qui épouse la matière grise algérienne et fait d'elle des experts de notoriéte mondiale. On taira les exemples, car la liste est assez longue pour faire un inventaire exhaustif des Algériens à l'étranger qui donnent le meilleur d'eux. Bref, on constate ici un sérieux problème de construction sociologique du statut de la science en Algérie, qui ne peut être résolu avec les schémas conservatifs de la politique nationale de la recherche scientifique. On ne peut pas penser par exemple comment on peut créer un concours Miss Algérie, un autre pour la meilleure chanson et un autre pour le meilleur buteur et un autre encore pour... au moment où le chercheur algérien doit se contenter d'une situation de travail méprisable puisqu'il n'a aucun prix. Ce serait pourtant une erreur de penser qu'il n'y avait pas à l'époque d'échanges entre le monde scientifique et la société mais le rapport ayant géré cette relation excluait l'indépendence de la communauté universitaire car utilisée pendant les premières années de l'indépendence comme moteur de la politique d'aliénation dans tous les sens du vocable. Les publications scientifiques de l'époque démontrent que les contenus s'inscrivent exclusivement dans la grande ligne éditoriale du pouvoir par défaut de liberté, mais surtout de l'asservissement et à plat ventrisme de l'élite à la recherche de domaines de complaisance pour satisfaire les caprices du pouvoir en place et bénéficier de privilèges matériels. Pourquoi le chercheur algérien ne publie-t-il pas en Algérie ? Pourquoi les centres de recherches et les universités algériennes n'ont pas de collection de publications à l'instar de ce qui se passe dans les pays développés comme par exemple les grandes collections de l'INRIA du CNRS ? Peut-être que la réponse réside dans le fait que le prix de la médiocrité paye mieux que celui de la production, et surtout que les valeurs de rendement sont totalement inversées dans l'environnement algérien. Il est donc impératif pour un docteur ou un ingénieur de se reconvertir en taxi ou en entrepreneur, car les navettes entre la place Audin-El Biar ou Hydra sont rentables et la demande pour refaire les bâtisses de l'Algérie génèrent un grand bénéfice sur l'investissement. Mais on peut éventuellement répondre que les moyens ne sont pas les mêmes, mais est-ce une justification suffisante, car même si des moyens sont assurés, le pli pris par la communauté des chercheurs exerçant est très difficile à redresser, car la confiance a disparu et laissé sa place au ramassage des privilèges. Des énergumènes sont titulaires de postes intermédiaires entre la science et la societé et ne font que répercuter l'écho du discours officiel répété même à l'endroit de la communauté algérienne résidant à l'étranger. On avait les moyens financiers et humains mais le résultat est un ensemble vide depuis des décennies. Qu'a-t-on fait lorsque les centres de recherches avaient une partie de la rente pétrolière, si ce n'est chercher à dompter la société par des chiffons scientifiques. L'Algérie a acheté une science médiocre à sa convenance, maintenant l'Algérie expose ses réserves humaines pour des acquéreurs étrangers sans contrepartie. Combinée à un discours sans conséquence sur son état d'esprit gagné par plusieurs décennies de mauvaise gestion et surtout de la hogra, le chercheur algérien est transformé en fonctionnaire, en salarié à la recherche de missions car le haut de la pyramide n'attend que le bilan des activités pour débloquer le budget annuel qui n'est parfois pas totalement consommé dans le chapitre recherche-développement. Les seuls chapitres « liquides » concernent notamment les salaires et l'équipement. La confidence de quelques enseignants sur le mode de travail est révélatrice de l'esprit de nonchalance du corps intellectuel. « Il est aberrant de trouver qu'un enseignant ne lise pas un seul livre durant toute l'année, son document de travail date d'une dizaine d'années, il ne fait que pister les odeurs des avantages et autres privilèges. » Cette citation ne fait pas de procès aux compétences nationales dotées d'une volonté de fer pour se surpasser et lutter pour faire valoir leur droit de cité dans un système de mépris. Heureusement que cet état d'esprit n'est pas général et ne fait pas l'unanimité, sinon la situation serait une catastrophe irremédiable. Quelles seraient les motivations qui peuvent provoquer le déclic scientifique chez nos chercheurs pour publier et contribuer à la création de la richesse immatérielle pour les générations à venir ? Quel est le mécanisme relationnel qui pourrait inciter nos entreprises à la prise en charge et à l'application des outputs scientifiques et techniques ? Pourquoi parle-t-on de l'université virtuelle, alors que nos moyens de télécommunication ne sont pas encore à jour avec la technologie du futur ? L'Algérie est-elle en manque d'outputs scientifiques pour prétendre former virtuellement d'autres générations candidates à l'exclusion sociologique ? La panoplie de questions est très large, et on ne saura trouver de solution sans la révision des objectifs de l'activité. Je ne voudrais pas évoquer le statut du chercheur, car cela voudrait tout simplement dire que c'est une revendication syndicale et pas plus. La recherche scientifique en Algérie se retrouve devant une dialectique complexe du fait de l'hégémonie du discours politique de régime autoritaire sur la science, qui ne cesse de fermer même les petites fenêtres de l'accès au savoir, et la volonté des compétences à s'impliquer dans le processus du développement de la société. Sans prétendre trouver la solution miracle à la situation générale de la recherche, je voudrais dire qu'il faut une thérapie de choc pour éviter un glissement total de cette activité dans le fonctionnariat étatique, afin de préserver la continuité du savoir et de la connaissance. L'absence d'une pédagogie politique de la recherche, susceptible d'assurer le cumul des connaissances et de transformer positivement les esprits en fonction des transformations technologiques et culturelles qui secouent la société pour lui éviter une aggravation du risque d'illetrisme technologique qui frappe très fort à la porte de l'Algérie, n'est pas une fatalité .
Notes (3) Je me rappelle de la citation lancée par un chercheur exilé qui s'est étonné de l'offre des responsables algériens pour contribuer au développement de la recherche en confiant à M. Saïd Eulmi le producteur de l'émission « La fuite des cerveaux », que la proposition est malvenue car « le téléphone entre deux bureaux dans le même espace ne fonctionne pas ». (4) Une « promenade » électronique a été effectuée en date du 28 mars 2004 et prouve l'incohérence et le laisser-aller du site du Cerist (http://www.cerist.dz/cerist/) censé être un centre national d'information scientifique et technique. A titre d'exemple, l'annonce en flash de « new » du potentiel national des compétences ne répond à aucune instruction informatique, que cela concerne « inscription », « recherche », dans le fichier ou « contact » est une base de donnée ou simplement un texte ? De même pour ce qui est des manifestations scientifiques figées depuis l'an 2000. Au lieu de trouver par exemple quelques conférences en ligne (proceedings), le surfeur est obligé de revoir les mêmes textes d'annonces des séminaires. Quel rôle pour l'Internet dans le développement de la science ? Un banner annonce aussi la formation à distance d'une « postgraduation spécialisée », alors que les conditions techniques ne sont pas incluses. Comment se fera cette formation virtuelle et quelle communication pour les postulants, alors que l'infrastructure des télécommunications ne répond pas aux normes ? Le comble dans toute cette anarchie électronique concerne l'annuaire des e-mails des Algériens et qui n'a pas fait l'objet de mise à jour depuis le lancement du site ; le nom de M. Benhamadi figure encore comme étant le DG du centre, alors qu'il est actuellement député. Le centre a connu des rebondissements spectaculaires pour la nomination du nouveau DG après la démission du premier pour cumul de fonctions entre les responsables du ministère. Un test, aussi, a été effectué pour se connecter sur le lien de l'université d'Alger, de Blida, etc. Sans réponse, Messieurs les responsables scientifiques du Cerist. Faites de la science, pas de la politique de carrière. (5) Lors d'un rassemblement à Ben Aknoun en 1985, un des responsables du parti unique, pour ne pas le citer, lançait à la « figure » des futurs cadres du pays : « Vous partez pour acquérir une formation et revenir, lorsque vous reviendrez vous nous trouverez toujours là. » Sur le même terrain un responsable d'un centre de recherche disait au personnel : « Personne ne peut me prendre le ‘‘koursi''. Cette déclaration sonnait comme une intimidation pour signifier qu'il est très bien introduit dans les coulisses de la prise de décision.


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