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Tunisie, miroir de nos révoltes avortées
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Publié dans El Watan le 27 - 01 - 2011

La tyrannie empêche les prières de monter vers le ciel et les bénédictions du ciel de descendre sur la terre.»
Cette citation de Zamakhchari, un des esprits les plus libres de la pensée musulmane du XIIe siècle, résume, à elle seule, le drame du monde arabo-musulman. Les Tunisiens viennent pourtant d'accélérer inéluctablement le rythme de l'histoire des peuples opprimés. Ils sont servis par ce qui fait défaut à l'Algérie : un syndicat revendicatif qui est resté fidèle aux idéaux du mouvement national dont il était le socle principal ; une élite engagée qui tire sa légitimité exclusivement du savoir ; une classe moyenne prospère et formée et enfin la prise de conscience que la liberté est avant tout une demande interne.
C'est donc un processus historique construit dans la douleur, l'intelligence et la persévérance qui a favorisé la formation d'une opposition qui se distingue, dans notre région, pour avoir réussi à transcender les clivages idéologiques et former une sorte de sainte alliance contre le système Ben Ali. L'Algérie officielle, au mépris de sa propre doctrine en matière d'émancipation des peuples et en décalage avec ses propres citoyens qui projettent chez le voisin tunisien la frustration des révoltes avortées chez nous, a manqué de solidarité avec un peuple qui a pourtant partagé avec les Algériens les épreuves de la guerre de Libération et qui nous a ouvert les bras tout au long de ces vingt dernières années d‘isolement.
Alors, l'on se demande encore aujourd'hui quelle sera la réponse interne de l'Algérie officielle à l'onde de choc qui nous vient de Tunisie. Si nous excluons des mesures de nature cosmétique comme le changement de gouvernement, un aménagement de l'agenda électoral et un intermède distractif dans l'audiovisuel public, il est à craindre que les choses restent en l'état jusqu'à la prochaine grande crise. Pourquoi ?
La première raison est que nos décideurs n'ont presque pas de rapports avec le temps réel. Ils sont murés dans la logique de leurs certitudes, s'appuient sur une légitimité d'un passé révolutionnaire souvent recomposé pour une partie d'entre eux, ne traitent qu'avec ceux qui développent des capacités de nuisance et pensent que la paix sociale s'achète en faisant des Algériens des assistés pour mieux prolonger leur adolescence. La seconde est une conséquence de la première. Ils ne réalisent pas encore que leurs recettes ne constituent plus des stratégies porteuses et ne mobilisent que leurs propres concepteurs. C'est pourquoi ils continuent à recourir à l'antinomie supposée entre Islam et démocratie, à monter les régions les unes contre les autres, à instrumentaliser «le Berbère contre le non-Berbère» et à expérimenter d'autres survivances de l'anthropologie coloniale.
Il en résulte qu'ils ne peuvent pas percevoir la déroutante accélération de l'histoire du monde, ces vingt dernières années, ni mesurer la qualitative évolution dans la culture politique des Algériens. Enfin, paradoxalement, ce sont ces politiques-là qui vont produire le contraire de l'effet escompté par le pouvoir politique. En effet, les deux dernières décades ont été marquées pour la première par une violence terroriste d'un autre âge, et l'autre, par l'institutionnalisation de la corruption à tous les niveaux de l'Etat vont probablement clôturer le cycle d'un parcours fait de crises, de ruptures violentes et d'espoirs déçus. Les enseignements tirés ont nourri les premières convergences des Algériens, toutes tendances confondues, sur les questions des libertés, de la gouvernance et de la justice sociale. C'est le grand acquis depuis la libération du pays qui aura apporté l'indépendance sans garantir toutes les libertés. On aura mis plus de temps et de sacrifices que nos voisins tunisiens pour le comprendre.
- Abdelaziz Rahabi. Ancien ministre de la Communication


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