Benflis propose un programme pour la construction d'une économie sociale de marché    4EME REGION MILITAIRE : Gaid Salah, aujourd'hui, en visite de travail à Ouargla    La MINURSO "devient progressivement une mission de consolidation de l'occupation marocaine"    Badminton: l'Algérie décroche quatre médailles de bronze    LES ENSEIGNANTS DECIDENt DE MONTER AU CRENEAU : Les écoles primaires paralysées pour trois jours !    TRAFIC DE DROGUE DANS UN BUREAU FLN : Quatorze personnes impliquées dont un policier    ACCIDENTS DE LA CIRCULATION : 6 morts dans 5 accidents en 24 h    Un nouveau programme doté de 40 milliards DA pour la réfection des chemins de wilayas et vicinaux    Chergui met en avant "le rôle pionnier" de l'Algérie en matière de lutte antiterroriste    Sûreté d'Alger: Arrestation en octobre de plus de 3.400 individus impliqués dans plusieurs affaires à Alger    Le parquet de Sidi M'hamed requiert 2 ans de prison pour les 20 détenus d'opinion    Le cas Benzema divise les Français    Entrepreneuriat féminin en Algérie : La frilosité des banques mise à l'index    Un nouveau directeur de campagne pour Tebboune    Belmadi : «Ne croyez pas que le Botswana est un adversaire facile»    Ifticène, nouvel entraîneur    Y a-t-il un malaise au Mouloudia ?    L'Olympiakos menace de quitter la Super League    Brahimi, meilleur joueur des mois d'octobre et novembre    «De nouveaux Hassi-Messaoud et Hassi-R'mel, c'est fini !»    18 mois de prison requis contre le hirakiste Abdellaoui Ahmed    Le régime des ayatollahs ébranlé à Téhéran    Deux enfants blessés par les forces d'occupation israéliennes près de Ramallah    Marches à Paris et à Bruxelles le 1er décembre    Plus de 40 nouveaux cas de diabète par mois à Ouargla    ACTUCULT    Retour à Amoudé, la Brûlée    Arezki Metref hôte de la ville de Mascara    Le "hirak" s'invite à Marseille    Linda Hamed refuse de présenter le 19 heures de la Chaîne III    Report au 1er décembre du verdict dans deux affaires distinctes de Hassan Hammar    Belaid: ''le peuple seul habilité à conduire l'Algérie à bon port''    CAN-2021 (2e journée). Botswana – Algérie (ce soir, 20h) : Les Verts veulent confirmer leurs débuts en fanfare    M'sila: 475 quintaux de blé tendre destinés à la contrebande saisis    Les portraits géants des présidents portent malheur    Elogia et Home Design Algérie: Deux salons dans une mixité professionnelle    Nouvelle opération de rapatriement: 70 Subsahariens en situation irrégulière transférés vers leur pays    Une activité de proximité à Alger    Déclaration de l'origine des fonds en devises aux étrangers :    ANNABA Insistance sur la sensibilisation et la culture d'alerte pour combattre la traite des êtres humains    Hausse des ventes au détail sur Internet lors de la frénésie d'achats du "Double 11"    Prises de fonctions Aymane Benabderrahmane désigné nouveau gouverneur de la Banque d'Algérie    Chili : Accord historique pour une nouvelle Constitution    USA : Donald Trump et le chaos diplomatique permanent    Shanghai : Macron appelle la Chine à s'ouvrir davantage    Fica: Projection d'un documentaire en hommage au maître du diwane Mohammed Bahaz    CONSTANTINE Festival international Dimajazz: oud et sonorités électro au menu de la 4e soirée    Tunisie : Habib Jemli choisi pour être Premier ministre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le coup de sécateur de Saïd Barkat
VINI-VITICULTURE
Publié dans El Watan le 26 - 08 - 2004

Mardi prochain, Saïd Barkat est annoncé à Témouchent pour un symbolique coup de sécateur à la faveur d'une campagne des vendanges entamée depuis une semaine déjà. Ce sera la première fois qu'un ministre de l'Agriculture s'implique ainsi dans la viticulture.
Pour d'aucuns, le cérémonial semble fort mal à propos dans la mesure où la récolte va être très en deçà des espérances que laissait croire une pourtant bonne année pluviométrique. Ainsi, les optimistes projections de 350 000 à 400 000 q de production nationale sont ramenées à moins de 250 000 q. Il reste que ce ne sont pas les effets des accidents physiologiques, survenus à la suite des dévastateurs vents de fin mai-début juin et des méchants coups de sirocco d'août, qui font l'objet du déplacement du ministre. Le responsable du secteur est appelé à se pencher sur des solutions au profit d'une spéculation en direction de laquelle les mesures de soutien arrêtées dans le cadre du FNDRA n'ont pas produit tout l'effet escompté. En effet, s'il y a eu effectivement replantation et rajeunissement du vignoble grâce à l'incitation au moyen d'alléchants prix au quintal offerts aux agriculteurs par l'ONCV et par les différents types de subventions accordées par l'Etat, la vini-viticulture est aujourd'hui en butte à deux obstacles majeurs qui risquent de lui porter un coup fatal. L'un est situé en amont de la production et le second à son aval, mais tous les deux sont intimement liés à l'exportation qui fait la raison d'être de la politique de relance de la viticulture. Orientation du secteur A cet égard, si la production du raisin de cuve est peu à peu revenue, les variétés de raisins plantées ne correspondent pas aux cépages recherchés par les transformateurs. Il s'agit d'une part des traditionnelles variétés qui structurent le corps des vins algériens et leur donnent la typicité pour laquelle ils sont appréciés. Car, de ce point de vue, l'encépagement a été déstructuré du fait que le cadastre viticole n'a pas été respecté en ce sens que les cépages n'ont pas été replantés en leurs terroirs respectifs, ce qui s'est traduit par un déséquilibre entre les variétés. A titre indicatif, à Témouchent, premier centre viticole du pays avec 50% de la production nationale, sur les 9100 ha en production, 85% sont occupés par le Cinsault et le Merseguerra et 15% pour les cépages nobles. Il y a en conséquence nécessité d'orienter les viticulteurs vers un encépagement de qualité dans la mesure où la plupart ont opté pour les cépages dits double-fin, c'est-à-dire pouvant être vinifiés, mais ne donnant pas de bons vins ou vendus en frais comme raisin de table. Par ailleurs, et au regard de la demande du marché extérieur, il devient nécessaire de s'ouvrir aux nouveaux cépages qui se sont imposés dans le monde supplantant une grande partie des anciens. Mécanisme incitatif La question qui se pose est de mettre en œuvre un mécanisme suffisamment incitatif pour sortir la viticulture de l'impasse sur ce plan. Quant au second obstacle, il a trait, d'une part, aux capacités de l'appareil de transformation très largement diminuées du fait de sa vétusté, le rendant en partie inutilisable, et, d'autre part, du fait de l'obsolescence de la partie encore maintenue en activité. Cet archaïque appareil appartient en théorie aux viticulteurs, mais en réalité il est détenu par une minorité d'entre eux. Cette dernière a profité d'un moment de désarroi qui avait saisi la profession du fait de la situation sécuritaire et de l'interdit islamiste sur la filière viticole et a acquis des caves coopératives offertes à la vente à un prix symbolique. La grande masse, elle, est demeurée dans l'expectative. Aussi, en l'état actuel des choses, et pour différentes raisons, les détenteurs des caves coopératives ne sont pas prêts à investir dans la mise à niveau de leur appareil de transformation. Cela constituait jusqu'à aujourd'hui une sérieuse entrave pour l'élaboration des vins à partir des 300 000 q produits annuellement ces dernières années. Qu'en sera-t-il alors que la production est appelée à être multipliée par dix dans les prochaines années ? Cela étant, et si dans l'urgence le ministre est appelé à se pencher sur les deux goulots d'étranglement suscités, selon d'aucuns, il est au moins trois autres qui devraient attirer son attention. Ainsi, l'approche de la réalité des vendanges devra permettre au ministre de s'apercevoir que celle-ci s'effectue selon un process qui défie les normes actuellement en vigueur dans les pays viticoles. En effet, les grappes de raisins sont indistinctement coupées, c'est-à-dire sans tenir compte du fait si elles sont bonnes pour la vinification ou pas. Ensuite, elles sont entassées en vrac dans les bennes des tracteurs pour être transportées alors que la règle impose actuellement qu'elles le soient en barquettes avec tous les soins possibles. Aussi, la question est de savoir comment ramener la cueillette à un niveau technologique qui sorte la viticulture algérienne d'une tradition héritée, une tradition qui pouvait se justifier lorsque les vins algériens à l'export sur l'ancienne métropole étaient des vins médecins, c'est-à-dire exportés en vrac pour couper les vins français et leur ajouter couleur et teneur alcoolique. Aujourd'hui, pour se placer sur un marché mondial fermé, le vin algérien doit couper avec « la viticulture de papa », selon Omar Bessaoud, un expert algérien installé en France. Un statut La seconde mutation qui doit s'opérer est que les viticulteurs deviennent des vignerons, c'est-à-dire qu'ils dépassent le statut de producteurs de raisin pour celui également de transformateurs de leur raisin. En conséquence, cela signifie que les viticulteurs algériens accèdent enfin à un statut que leur refusaient les gros colons. Cependant, si beaucoup d'agriculteurs parlent de former des groupements d'intérêts communs (GIC) et de s'assembler pour produire du vin, un seul est passé à l'action. Ce ne pouvait être que lui parce que, contrairement aux autres, il s'est toujours inscrit en faux contre une agriculture rentière. Ainsi, il s'est refusé à bénéficier de quelque soutien financier étatique bien qu'il en ait le droit, préférant investir sur fonds propres. De la sorte, cette année, l'Algérie verra naître le premier vigneron algérien à El Amria. Enfin, et accessoirement aux deux précédents écueils, il en est un sur lequel les pouvoirs publics devraient également porter leur intérêt suite à la fin du monopole accordé à l'ONCV et l'apparition de nouveaux intervenants (CGO, VDO, Vin Pali) alors que d'autres sont en gestation. En effet, pour les spécialistes, il devient urgent de réhabiliter la législation viticole héritée de l'ancienne puissance occupante, une législation dont une partie avait été abrogée du fait du règne de l'économie administrée mais qui retrouve toute sa pertinence avec le règne du libéralisme. Ce sera le moyen qui permettra entre autres de protéger la viticulture algérienne de dommageables dérives.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.