Finalement, et pour des raisons qui relèvent vraisemblablement d'une décision à connotation politique et dont l'objectif est d'ouvrir la voie à d'autres capitaux nationaux ou étrangers, ArcelorMittal Algérie a dû revoir à la baisse ses perspectives d'augmentation des capacités de production. L'option pour le site du complexe d'El Hadjar où devrait être implantée la nouvelle installation de réduction directe (DRI) basée sur des aciéries et laminoirs, volet prévu pour la seconde phase du Plan de développement industriel (PDI) 2011-2015 et pour lequel devraient être injectés 300 millions de dollars, le corrobore.Car initialement, précise Smain Kouadria rencontré, mercredi passé au siège du syndicat, le partenaire indien avait postulé pour la réalisation d'une usine dotée de DRI (process ultramoderne utilisé dans le monde) sur le site de la zone industrielle de Bellara (Jijel). Cette usine, pour laquelle des investissements de l'ordre de 600 millions étaient attendus, devait mettre sur le marché quelque 7 millions de tonnes par an, non sans la création de pas moins de 3000 postes de travail. En 2007, tient à rappeler notre source, l'Etat avait lancé un appel à manifestation d'intérêt pour la réalisation d'un complexe sidérurgique à Bellara. Trois candidats furent sélectionnés, l'indien ArcelorMittal, L'égyptien El Ezz Steel et le groupe Cevital. Les pouvoirs publics ont fini par retenir le groupe égyptien. Toutefois, ajoute le syndicaliste, au lendemain de la crise diplomatique à la suite de la rencontre footballistique entre les équipes algérienne et égyptienne, ainsi que du litige Orascom qui oppose toujours les deux pays, le dossier fut mis en veilleuse. El Ezz Stell est, aujourd'hui, définitivement écarté de la course, son propriétaire, Ahmad Ezz, magnat de l'acier et ex-cadre du Parti national démocrate (PND) a été tout récemment arrêté et mis en prison pour ses étroites et douteuses relations avec le clan Moubarak. Toujours selon, le SG du syndicat d'El Hadjar, le groupe Cevital est, jusqu'à preuve du contraire, le seul candidat apte à réaliser un aussi grand projet eu égard à l'étendue internationale qu'il a su donner à son groupe et à sa parfaite maîtrise des rouages de la sidérurgie planétaire.