Que ce soit du côté des USA ou de l'Iran, la guerre ne devrait pas durer. Les officiels annoncent que les négociations continuent au Pakistan, l'enjeu majeur des négociations outre le nucléaire dont les USA viennent de reconnaître un enrichissement à des fins pacifiques pour l'Iran, est le blocus du détroit d'Ormuz. Concernant le drame au Liban, où des négociations préliminaires devraient avoir lieu à Washington, selon le président, les tensions au Moyen-Orient ayant montré que les chiites représentent environ 27 % à 31 % de la population totale, selon les estimations (dont CIA World Factbook et œuvre d'Orient) concentrés principalement au Liban-Sud, dans la Bekaa et dans la banlieue sud de Beyrouth ne sauraient dans leur immense majorité les assimiler à la branche armée du au Hezbollah qui avec les Houthis au Yémen sont des branches armées des gardiens de la révolution et que sans l'accord de l'Iran, ces négociations ont peu de chances d'aboutir et que les tensions persistent en mer Rouge. Les américains étant autonome et exportateur en hydrocarbures, grâce au pétrole et gaz de schiste, mais 80% des exportations iraniennes étant destinées à la Chine à des prix plafonnés) et bon nombre de pays d'Asie étant pénalisés, les exportations iraniennes ne dépendent pas du détroit d'Ormuz mais de l'île de Kharg (ou Khârg) située dans le nord du golfe Persique, vitale pour les revenus de Téhéran qui est le principal terminal d'exportation de pétrole, traitant environ 90 à 95 % du brut du pays. Mais le blocus américain du détroit d'Ormuz, débuté autour du 13 avril 2026, menace à la fois l'économie mondiale et les revenus pays du Golfe dont la facture totale provisoire de cette guerre uniquement sur six semaines dépasse probablement les 200 milliards de dollars, avec le risque d'un choc pétrolier mondial et provoquant une chute des marchés financiers. Selon le FMI, la croissance serait abaissée à 3,1% pour 2026 avec une perte mondiale estimée à 350 milliards de dollars, et 45 millions de personnes risquant une crise alimentaire et pénalisant également l'économie iranienne perdant chaque jour environ 435 millions de dollars avec le risque d'une hyperinflation et de vives tensions internes, les réserves de change étant inférieures à 30/35 milliards de dollars fin 2025. En plus ces tensions, on fait grimper le prix de l'énergie qui fluctue au gré de la conjoncture et des déclarations de Donald Trump qui vient de déclarer le 15 avril 2026, que la guerre était «presque finie», ayant nettement fait baisser les cours du Brent les 16/ 17 avril 2026, évoluant entre 95/96 dollar. Le Moyen-Orient recèle 40% des réserves prouvées mondiales de pétrole dont l'Arabie saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales. Irak : ~112,5 milliards de barils., EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils. Iran : ~93,1 milliards de barils et 40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m3 (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m3, l'Arabie saoudite 9800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiraties une moyenne de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l'Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux et tout conflit dans la région risque assurément d'affecter la production. Les tensions avec l'Iran ont montré l'importance du détroit d'Ormuz contrôlé par l'Iran, situé au sud- est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l'Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra , suivis du sultanat d'Oman d' une largeur d'une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l'un montant, l'autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles, bien que ses rails de navigation sont considérés comme étroits pour les supertankers, pour les porte-conteneurs ainsi que pour les méthaniers géants contemporains. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète. Situé sur une route commerciale entre l'Asie, la Méditerranée et l'Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d'Oman, puis à la mer d'Arabie et à l'Océan indien. La fermeture du détroit de d'Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole, car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen-Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL. Le détroit d'Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen-Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l'idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal. Il faut également tenir compte des tensions qui perturbé le trafic en mer Rouge que l'Iran veut bloquer comme riposte au blocus américain par où 12 % du commerce mondial de marchandises, une voie de transit qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers, qui ont fait augmenter le coût du transport maritime de 15 à 20%. Conjointement, les tensions en mer rouge, avec la fermeture du détroit d'Ormuz pourraient pousser les prix des hydrocarbures à la hausse accentuant l'inflation et menaçant la croissance de l'économie mondiale Aussi, afin d'éviter des tensions énergétiques de grandes ampleurs, aucun pays n'a intérêt à une généralisation du conflit au Moyen-Orient ni les pays du Golfe ni l'Iran qui a besoin de ressources financières du fait de vives tensions sociales internes, ni les grandes puissances, surtout l'Europe dépendant à plus de 70% de l'énergie importée, de la Chine, un des plus gros importateur d'hydrocarbures, ni les USA avec le retour de l'inflation qui risque de faire perdre les élections du mois de novembre 2026 aux républicains qui, selon Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management : «Il est clair que Trump et la Maison-Blanche veulent sortir d'une guerre impopulaire aux Etats-Unis ». En conclusion, après cette guerre le Moyen-Orient et d'une manière générale le monde de demain ne sera plus jamais comme avant, devant connaître une profonde recomposition géostratégique. Aussi, malgré le drame auquel nous assistons actuellement au Moyen-Orient et dans d'autres contrées du monde, n'oublions pas le drame du Soudan, l'histoire millénaire a montré que la symbiose des apports l'Orient et de l'Occident ont favorisé le dialogue des cultures et des civilisations avec des prospérités et des déclins, montrant qu'aucune civilisation n'est supérieure à une autre. Le devenir d'un monde multipolaire, conditionne largement la réussite de cette grande entreprise de cohabitation entre les peuples qui interpelle notre conscience commune. Le grand défi auquel le monde est appelé à relever, notamment, est la lutte contre le réchauffement climatique qui n'est pas une vue de l'esprit, le défi du contrôle numérique dont l'intelligence artificielle qui bouleversera entre 2026/2030/2035 les comportements des citoyens, la structure future des emplois, la gestion des entreprises et des institutions civiles et militaires et toutes les organisations internationales. Professeur des Universités