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«Je me fie d'abord à l'avis du public»
Hocine Zaïdi . Commissaire du festival du diwane
Publié dans El Watan le 28 - 05 - 2011

Artiste sur la scène, DRH au travail, il gère le rendez-vous annuel d'un genre ancestral.
-Peut-on déjà tirer un bilan de la 5e édition du Festival national de musique et de danse Diwane qui s'est achevé à la mi-mai à Béchar ?
La fin de la manifestation est encore trop fraîche pour avoir tout le recul nécessaire à son évaluation. Aussi, je vous ferai part plutôt d'un pré-bilan ou, plutôt, d'un premier constat, partagé du reste par le collectif qui préside aux destinées de cette rencontre culturelle. En premier lieu, j'estime humblement que nous arrivons, progressivement, à travers la large palette des représentations données au festival, à donner de la visibilité à un genre musical répandu dans notre pays, un genre artistique séculaire. Cela dit, s'il y a un constat à exprimer, ce serait celui portant sur l'affuence des spectateurs. Le public s'est avéré moins nombreux que lors de l'édition de 2010, une édition qui avait connu une affluence record. Nous pensons, au commissariat, en connaître la raison, mais nous en reparlerons plus tard, une fois établi le bilan définitif de cette édition. Encore une fois, nous tenons à analyser les choses de manière précise, en prenant du recul, et après avoir fini tout notre travail, car après la manifestation, l'équipe a encore beaucoup de choses à faire.
-Quelles sont les missions et les attributions d'un commissariat de festival culturel ?
Elles sont multiples, comme vous devez le deviner. Elles concernent principalement les volets artistique, académique, organisationnel, de communication et, n'oublions pas, de gestion. A vrai dire, personnellement, lorsque l'on m'a proposé de prendre en charge ce festival, j'ai été exalté par l'idée de concevoir un projet artistique et de le réaliser avec la collaboration d'une équipe que je composerai moi-même. Au fil des années et de l'expérience acquise sur le terrain de la préparation et de l'organisation de cet événement culturel, je me suis rendu compte que l'artistique ne représentait en fait qu'une partie du projet. Nous sommes gestionnaires de l'argent public. Nous avons donc sur ce plan des relations très précises à entretenir avec beaucoup d'intervenants qui ne sont pas du domaine artistique mais relèvent de la logistique, de la comptabilité et des finances...
Par ailleurs, nous devons assumer un rôle important dans la communication et, notamment, dans la promotion de l'événement. Toutes ces missions induisent des exigences qui appellent elles-mêmes à des compétences multiples. Il est clair que ces compétences ne sont pas toujours réunies chez une seule personne. C'est pourquoi le concours de toute l'équipe et des agents qui nous assistent pendant la préparation et le déroulement du festival est nécessaire, voire vital.
-Beaucoup de personnes versées dans la musique estiment que le genre gnaoui n'a pas épousé la courbe du temps présent, qu'il est resté à la traîne. Partagez-vous cet avis ?
Pas du tout. Je ne le pense pas. Je respecte tous les points de vue, mais les gens qui avancent que le genre gnaoui est resté à la traîne ne semblent pas être toujours informés des évolutions de cette expression artistique sur plusieurs plans.
-Pouvez-nous, donc, nous parler de ces évolutions ?
Sans verser dans l'exagération ou vouloir défendre à tout prix notre domaine, je pense que le gnaoui est sans doute le genre musical maghrébin qui a le plus évolué ces quinze ou vingt dernières années. On peut constater facilement que ce genre suscite actuellement un très grand intérêt des musiciens du monde. Savez-vous que le gnaoui s'est mêlé au reggae, au jazz, au blues, au raï, au chaâbi et qu'il continue d'influer de manière perceptible d'autres musiques ? C'est pour cela que je ne suis absolument pas d'accord avec ceux qui, de loin, affirment que le genre gnaoui est resté enfermé sur ses modes anciens, en se contentant de cultiver les acquis de son patrimoine. Il est indéniable aujourd'hui que le gnaoui a la capacité de s'introduire dans les autres genres, d'imprégner leur registre et leurs mélodies.
Les virtuoses du guembri ont la capacité de jouer sur plusieurs registres. Elle a beau être pentatonique, la musique diwane n'en est pas moins riche, belle et diversifiée. C'est vrai maintenant que l'appréciation qui est faite des fusions musicales va de l'exaltation au refus catégorique. Mais moi, je me fie d'abord à l'avis du public, et le public, dans sa grande et jeune majorité, dans les régions où il est pratiqué depuis longtemps mais dans tout le pays, aime ce genre, cette musique, cette façon de faire et d'agir pour que la musique gnaouie puisse épouser son temps, épouser l'air du temps, tout en restant authentique dans son essence première.
-Chez nos voisins marocains, le genre ghiwane est devenu une institution majeure adoptée par le public et par les pouvoirs publics. Où en est-on chez nous ?
Le genre ghiwane a su faire siennes les aspirations populaires. Pour comprendre cela, il faut se situer dans l'époque des années soixante-dix où le genre, qui était pratiqué de manière traditionnelle, a émergé sur les scènes et dans l'édition musicale. Cette période était celle des premières revendications et protestations populaires, des grandes causes de la nation arabe aussi. Puis, Nass El Ghiwane apparaissent. Leur musique emprunte beaucoup aux chants et musiques traditionnels, dont le gnaoui justement. Le talent fait le reste.
Pour revenir chez nous, les pouvoirs publics ont institué deux festivals de la musique Diwane, l'un national et l'autre international. On ne peut voir ces actions que comme une volonté d'offrir à cette musique et aux artistes qui la pratiquent un espace d'expression et de développement. Pour accéder au statut d'institution, il y a encore du chemin devant nous, je parle des artistes et aussi des spécialistes en tous genres que le Diwane intéresse et qui en font un objet de recherche. Mais l'expérience de ces cinq éditions me laisse penser que nous sommes sur la bonne voie.
-La musique gnaouie, qui a toujours été inscrite dans une configuration sociologique, continue-t-elle à remplir une fonction sociale ?
Oui, on peut l'affirmer, autant pour le Diwane gnaoui que pour le genre ghiwane en général. Il y en a qui veulent qu'il relève uniquement du champ du divertissement. Il y en a d'autres qui le sacralisent à l'excès en l'enveloppant dans un côté mystico-religieux. Moi, je dirais que les deux avis se rejoignent car cette musique séculaire remplit d'abord une fonction sociale, liée aussi bien à l'être qu'à la communauté, en rapport aussi bien avec la sphère publique que la sphère personnelle.
Le diwane, c'est en tout cas mon sentiment, agit parallèlement, aussi bien sur l'individu, en tant qu'entité autonome, que sur le groupe en tant qu'ensemble agissant et réagissant à l'intérieur de la société, une société qui évolue, une société qui se reconnaît aussi bien dans ses héritages que dans ses avancées. Contrairement à ce que d'aucuns pensent, le diwane peut être décliné aussi bien dans le registre moderne qu'en demeurant inscrit dans la tradition. Cette fonction sociale existe depuis des siècles et elle continuera à s'exercer, car elle répond à une attente et s'inscrit dans l'ouverture. Pour preuve, ce festival annuel auquel vous avez assisté.


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