Décès de l'ancien ministre des Affaires religieuses, Dr Saïd Chibane: le Président Tebboune présente ses condoléances    L'Opep+ décide de maintenir son plan de production décidé en octobre dernier    Algérie-Jordanie: nécessité d'élargir la coopération bilatérale à d'autres secteurs    Maroc: des milliers de citoyens dans la rue pour protester contre la cherté de la vie    Clôture des travaux du colloque international sur la géopolitique de l'extrémisme    La 47e conférence de l'Eucoco se tiendra l'année prochaine à Saragosse, en Espagne    Djaafar Abdelli, nouveau DG de la CNR    Le Roi Abdallah II de Jordanie achève sa visite d'Etat en Algérie (Vidéo)    Démantèlement d'une organisation de trafic de drogue opérant entre le Maroc et l'Espagne    3e Conférence des ministres arabes de l'enseignement technique et professionnel du 24 au 26 décembre à Alger    Cancer de la gorge: entre cinq et six nouveaux cas enregistrés par semaine à l'EHUO    Cyclisme/Tour international du Nil (3e étape): l'Algérien Abderrahmane Kessir vainqueur    Khenchela : les combats d'Aouchaaoua, une des grandes batailles de la wilaya-1    Le Roi Abdallah II de Jordanie se recueille à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération nationale    "Non-Aligned, Scenes of the Labudovic's Reels", un film documentaire sur le parcours du cameraman serbe Steven Labudovic    Pêche: Salaouatchi inspecte l'opération de levée des restes d'une péniche au port d'El-Djamila à Alger    Ligue 1 Mobilis : un coup d'épée en tête du classement, la JSK renverse Paradou    Constantine : les cadres du sport appelés à faire du CHAN 2023 une réussite    Concert euphorique de Hamidou à Alger    Mostaganem: La CNAS sensibilise les employeurs    Maladie de Parkinson: La plupart des patients tardent à consulter un médecin    Courage politique    Commerce: Le code-barres obligatoire dès mars prochain    Quatre personnes sauvées de l'asphyxie    Sétif: La statue de Aïn Fouara de nouveau vandalisée    Ces «anonymes» modernes que nous sommes !    Le FFS : un parti qui se confond avec la patrie    Le tribunal de Dar El Beïda prend une autre dimension!    Le défi du transport intermodal    «On a ouvert un nouveau livre»    Un Palestinien tombe en martyr    15 ans de prison ferme pour le principal accusé    Le grand souk!    L'appel de Moualfi aux industriels    L'épopée spatiale algérienne    Une famille nombreuse? Ça se gâte.    Défi royal pour le Sénégal    Les flops du Mondial    Un exploit pour rien    Une ville qui rayonne de splendeur    Berceau rural au patrimoine de l'humanité    Place aux compétitions!    Terrorisme: Zitout, Aboud et Boukhors condamnés à 20 ans de prison    Une circulaire qui fait jaser en France    FAF - D'importantes décisions prises par le Bureau fédéral    Ligue 1- Mise à jour du championnat: Quatre affiches explosives au programme    L'ancien ministre Baraki condamné à 10 ans de prison    Quel avenir pour l'Europe ?    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



joyaux à la casse
Tombouctou. Martyre de la terreur inculte
Publié dans El Watan le 07 - 07 - 2012

Cette ville millénaire a toujours été la fierté du Mali et un haut lieu de l'Islam.
Surnommée «la perle du désert», la ville de Tombouctou est tombée entre les mains d'islamistes intégristes incultes, créant le chaos dans le nord du Mali, pays musulman traditionnellement paisible, ouvert à toutes les cultures en demeurant authentiquement africain. Les Maliens sont hospitaliers. Même dans la pauvreté, ils vous donneront tout ce qu'ils ont, au nom de la fraternité et du partage. Depuis début avril, conséquence de la déstabilisation de la Libye, les intégristes islamistes sèment la terreur à Tombouctou, Gao et Kidal. A Tombouctou, ils passent à la vitesse supérieure, détruisant systématiquement les joyaux architecturaux de la ville, sans réaction active de la communauté internationale, même si les condamnations affluent. Peut-on les laisser agir ainsi dans l'impunité ?
Il est évident qu'ils n'hésiteront pas à poursuivre jusqu'au bout leur crime et ces mausolées culturels de l'Afrique seront à jamais détruits, comme les Buddha de Bamyan en Afghanistan. Nous le savons, les premières victimes des intégristes islamistes sont les femmes et la culture. Sans aucun état d'âme, ils procèdent, à chaque fois qu'ils en ont la possibilité, à la destruction de toute trace culturelle. La situation est grave !
Tombouctou a toujours été la fierté du Mali et un haut lieu de l'Islam, le bonheur des visiteurs des siècles durant, car son histoire est millénaire. Elle a été un carrefour commercial et culturel entre l'Afrique du Nord et l'Afrique sub-saharienne. Avec une histoire qui remonte au 12e siècle, la ville aux 333 saints témoigne de ce lien si précieux. Son nom provient de «Tim» (puits) et de Bouctou (nom d'une femme qui vivait près du puits). C'est le voyageur arabe, Abderrahmane Essaâdi, qui en a donné l'explication dans son célèbre ouvrage, «Tariq Essoudan». Au 14e siècle, les échanges entre les deux Afriques se sont prodigieusement développés avec le sel, l'or, les épices et les étoffes.
Le nord du Mali n'a jamais été un no man's land ni un espace-tampon, mais bien un lieu de rencontre et de culture comme en témoigne sa célèbre bibliothèque de manuscrits anciens qui, j'ose l'espérer, seront épargnés. Livres d'histoire et romans historiques décrivent cette richesse. Le Devoir de Violence, roman de Yambo Ouologuem, retrace l'histoire de l'Afrique de 1202 à 1947. Tombouctou y tient une place importante comme dans Ségou, de Maryse Condé, sur les racines culturelles africaines. L'écrivaine parle de produits fort appréciés tels que «les robes musulmanes, caftans, bottes, tissus d'Europe, de l'Espagne andalouse, objet d'ameublement marocains, tentures et tapisserie venus de la Mecque». Elle décrit les «marchands de Fès, de Marrakech, d'Alger, de Tripoli et de Tunis» qui traversent le désert. La beauté de Tombouctou est toujours décrite.
A l'époque médiévale, Tombouctou apparaît dans les récits des voyageurs arabes comme Ibn-Batouta et Léon l'Africain. Pour les Africains subsahariens, l'Islam vient du désert et sa propagation va de pair avec le commerce de l'or. L'historien T. Lewiski, dans Folies Orientalis, a répertorié des inédits relatifs aux premiers échanges transsahariens entre les commerçants ibadites et la somptueuse Tombouctou. Ces échanges vont se poursuivre à travers les siècles depuis Tahert, en Algérie, et Sijilmassa, au Maroc, dans une relation toujours fructueuse avec les peuples du Mali. En 1828, René Caillé part d'Alger vers Tombouctou que l'on disait gorgée d'or. Il publie alors Voyages à Tombouctou.
Tous ces voyageurs étaient fascinés par le patrimoine architectural de la ville qui a fait fi du temps jusqu'à l'arrivée des islamistes. L'échange s'est même établi au plan culinaire car à Tombouctou, on mange «la bouillie de mil le matin et le plat de couscous le midi». Devenue «reine du désert» avec l'Islam, ce haut lieu d'études théologiques risque de voir disparaître à jamais sa richesse. Les historiens arabes ont toujours parlé de Tarik El Fettah (l'ouverture) et de Tarik El Sudan (route du Soudan) qui passent par Tombouctou. C'est pourquoi il faut absolument la sauver en aidant nos amis maliens en désarroi devant, par exemple, la destruction à la hache de cette superbe porte de mosquée du 15e siècle ! A long terme, il y va de notre survie à tous.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.