Le secteur de la Santé de Béjaïa a inauguré une structure exclusivement spécialisée dans le dépistage volontaire du vih/sida. Le centre de soins Ifri dispensera, comme autres actes de santé, relevant des pathologies virales, des consultations toutes les matinées de la semaine. L'objectif, pour le professeur Nouasria, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Béjaïa, reste le dépistage précoce du vih/sida mais aussi des hépatites B et C. et des IST. Considéré comme pathologie importée, dont les premiers sujets atteints ont été déclarés en 1988, le sida s'est, depuis le début des années 2000, développé de manière autochtone, sans lien épidémiologique étranger, indique Pr. Nouasria. Compte tenu du tabou qui entoure la question, Dr. Mazouz, le médecin chef du service prévention, assure que le test est anonyme et comporte seul un code comme identification. Le certificat prénuptial n'étant pas une obligation, juridiquement parlant, la sensibilisation au dépistage volontaire est la seule voie qui reste. Et les porte-voix les plus efficaces, est-il suggéré, ne peuvent être que les médias dont principalement, bien entendu, le petit écran. À condition d'être donc bien relayé, le centre d'Ifri offre l'opportunité de dévoiler l'infection au stade précoce, dans la première étape de séropositivité, autrement dit avant le stade de la maladie. Et le centre conduira dans ce cas, la première prise en charge du patient, grâce au psychologue affecté au centre. Il en est également pour les autres maladies infectieuses. Pr. Nouasria préconise que soient prévues des formations au bénéfice des sages femmes, dans l'objectif d'informer des maladies potentiellement transmissibles, notamment les hépatites B et C. Car une prompte prise en charge aura pour résultat de garder l'enfant dans son état sain. Et au demeurant, en plus d'un pronostic de rétablissement favorable, sur le plan économique, le dépistage précoce évite des suivis lourds et onéreux pour l'Etat.