Des participants à une journée d'étude organisée dimanche par le Centre de recherche en technologies agro-alimentaires (CRTAA) de Bejaïa, ont mis l'accent sur la nécessité d'opérer une transition agro-écologique, perçue comme une alternative pour promouvoir une agriculture durable. Des chercheurs de la division «agro-écologie» du CRTAA ont mis en avant, en marge d'une rencontre sur l'usage des pesticides en production agricole, tenue au niveau du campus de Targa Ouzemour, la nécessité de la transition agroécologique. Chercheure à la division «agro-écologie», Mme Mechiah Fahima, a indiqué, à l'APS, que cette transition repose essentiellement sur des piliers environnementaux, sociétaux et économiques, qui contribuent à l'élaboration des solutions, tout en prenant en compte l'impact sur les dépenses liées à l'usage des différents intrants chimiques. Des solutions ont été mises au point à cet effet, à travers l'usage des biopesticides microbiens, à base de bactéries, de champignons, d'extraits végétaux, et de rotations des cultures, ainsi que l'utilisation de semences locales résistantes aux changements climatiques, a-t-elle expliqué. Elle a ajouté qu'une large sensibilisation impliquant la communauté scientifique, les agriculteurs et les consommateurs est nécessaire pour accompagner cette transition. Pour Mme Inouri Ahlem, chercheure au CRTAA, l'utilisation des extraits végétaux, notamment des huiles essentielles, comme pesticides naturels s'est avérée «efficace» dans le traitement des maladies touchant les abeilles. De plus, une étude a démontré que les huiles essentielles ont un effet bénéfique sur la longévité des abeilles, notamment chez celles qui sont exposées à des pesticides. Cette alternative naturelle est également utilisée pour lutter contre certains ravageurs, dont la varroase, a-t-elle relevé. La chercheure a insisté sur la nécessité de préserver l'abeille, considérée comme un élément «majeur» pour la pérennité des écosystèmes. La rencontre sur l'usage des pesticides en production agricole a permis de «mettre en exergue le rôle de la recherche dans la mise en place des méthodes alternatives biologiques pour une agriculture durable», a indiqué la directrice-adjointe du CRTAA, Djoudad Kadji Hafsa.