Abdelmadjid Djebbari, procureur général à la Cour de justice de Blida a indiqué dimanche que la rationalisation des dépenses publiques, ou optimisation des dépenses, ne signifie pas austérité, mais bien une gestion saine. «Il ne s'agit pas de limiter le développement, mais de l'orienter vers des priorités stratégiques servant l'intérêt général et contribuant à la justice sociale et à l'efficacité», a tenu a expliqué Abdelmadjid Djebbari lors d'une journée d'étude régionale sur la ''Rationalisation des dépenses publiques : un levier pour la bonne gouvernance et la viabilité financière''. Lors de cette rencontre, organisée par la Cour de justice à la salle des conférences de la wilaya de Blida, en présence des représentants de la justice des plusieurs wilayas du centre, le procureur général, a estimé que c'est l'occasion de repenser les méthodes de gestion et d'utilisation des ressources publiques afin de garantir un développement durable et de renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions étatiques. «Pour ce faire, il convient de rationaliser et d'améliorer la qualité des dépenses, de lutter contre le gaspillage et de renforcer les mécanismes de contrôle et d'évaluation», a indiqué le magistrat estimant qu'à travers cette journée d'étude, sur la diffusion d'une culture de l'économie responsable, le renforcement des mécanismes de contrôle et d'évaluation, et l'encouragement des initiatives favorisant une utilisation optimale des ressources aux niveaux institutionnel et individuel. «Nous souhaitons également examiner le cadre juridique et institutionnel de la rationalisation des dépenses et échanger des points de vue sur les meilleures façons d'appliquer les textes de loi afin de parvenir à un développement durable et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions étatiques», a souligné Abdelmadjid Djebbari avant d'inviter l'assistance à faire de cette journée un moment clé de réflexion et d'évaluation, et un point de départ pour des pratiques quotidiennes fondées sur la conscience et la responsabilité, au service du bien commun et consolidant les valeurs d'intégrité et de bonne gouvernance. Etablir un modèle moderne de gestion des finances publiques Invité à l'occasion, le secrétaire général du ministère de la Justice, Mohamed Hamadou, explique que cette journée s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par l'Etat pour établir un modèle moderne de gestion des finances publiques fondé sur l'efficacité, la transparence et la viabilité. Il a tenu a rappeler que la position économique solide de l'Algérie sur la scène internationale, reconnue par des organisations et instances internationales telles que la Banque mondiale, n'est pas le fruit du hasard. «Elle est le résultat d'efforts déployés depuis plusieurs années, qui s'inscrivent dans le programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Parmi ses objectifs figure la création d'une nouvelle dynamique pour l'économie nationale, grâce à la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, la rationalisation des dépenses, la gestion efficace des ressources financières et des investissements, et la lutte contre le gaspillage», a souligné le représentant du ministre de la Justice garde des Sceaux avant de préciser que les dépenses publiques ne constituent plus une simple procédure technique ou une circonstance, mais un choix stratégique au cœur des réformes structurelles. Selon lui, elles visent à concilier l'amélioration des services publics et la pérennité des ressources financières dans un contexte de transformations économiques rapides, et ainsi lutter contre le gaspillage. «Je souhaite axer mon propos sur l'expérience du ministère de la Justice et les efforts déployés pour atteindre les objectifs fixés. Le ministère a adopté une approche globale pour instaurer une saine gouvernance financière, fondée principalement sur la modernisation des outils de gestion, le développement de la numérisation et le renforcement des compétences des ressources humaines», a souligné Mohamed Hamadou avant de rappeler qu'un système d'information intégré pour la gestion des dossiers judiciaires a été mis en place, contribuant à réduire les délais de traitement des affaires, à améliorer la qualité du service et à consacrer le principe de transparence dans l'action judiciaire. Pour lui, la numérisation a également été étendue à divers aspects de la gestion administrative et financière grâce à l'adoption de systèmes d'information permettant la réalisation des projets prévus. «La réussite de ces réformes repose sur le développement des ressources humaines et l'instauration d'une culture d'intégrité et de responsabilité dans la gestion des fonds publics, notamment en matière de formation des agents. Cette culture est assurée par la mise en œuvre de programmes de formation continue et structurés, visant à renforcer leurs compétences en matière de gouvernance», a indiqué le représentant du ministère de la Justice avant d'annoncer l'ouverture des travaux de cette journée d'information. dans son intervention, Mohamed Bouchrid, président de la Cour de Blida, explique que cette journée d'étude vise à promouvoir une culture de la rationalisation des dépenses au sein des administrations et institutions publiques, à clarifier le cadre juridique et réglementaire de cette rationalisation, à partager les meilleures pratiques et expériences en matière de gestion financière rationnelle, et à souligner le rôle du contrôle interne et externe dans le domaine des dépenses. Selon lui, l'argent est le moteur de la société et le fondement de toute réalisation. «Le développement économique et social, sous tous ses aspects, exige que, si des efforts sont déployés pour collecter ces fonds auprès de diverses sources légales, leurs dépenses soient rationnelles, scientifiques et modernes, reposant principalement sur la planification, les programmes, l'analyse et la numérisation, éléments essentiels à la transparence et à la réduction des coûts», a indiqué le président de la Cour de Blida. Plusieurs lois promulguées Pour sa part, Djamel Eddine Hashas, wali de Blida, a tenu à rappeler que plusieurs lois ont été promulguées encadrant l'utilisation des fonds publics, c'est-à-dire ceux provenant du Trésor public et destinés aux investissements et aux dépenses publiques. Parmi ces lois fondamentales, il évoque notamment la loi organique de 2018, qui comprend les dispositions financières et est entrée en vigueur en 2023. «Les changements intervenus au sein de la République, et qui ont eu un impact sur la gestion et l'économie nationale, incluent la lutte contre la corruption. Cette lutte vise à responsabiliser les fonctionnaires pour des infractions non liées à la gestion, mais à des manquements aux procédures, ce qui signifie que certaines actions font l'objet d'un examen approfondi. Il existe une loi que l'on évoque rarement, la loi instituant, gérant et organisant la Cour des comptes, qui encadre le fonctionnement de cette institution. Son article 88 précise la notion de discipline financière, notamment en ce qui concerne les 16 cas de discipline royale. «La gestion publique englobe divers aspects, tels que la gestion des dépenses, des recettes et des biens, tous relevant de l'administration publique», a expliqué le wali, Djamel Eddine Hashas, avant de rappeler que plusieurs lois ont été promulguées pour définir les modalités de gestion des fonds publics et optimiser leur utilisation. Il évoque une loi, ou plutôt un article, de la loi organique relative aux finances visant à améliorer la gestion. Par ailleurs, une loi comptable encadre la gestion de projets. Ces lois exigent qu'aucun projet ne soit enregistré sans une étude approfondie sous tous ses aspects, y compris financiers. Lors de cette journée d'étude, trois thèmes ont été abordés par des participants spécialisés, sélectionnés parmi différentes institutions, afin de faciliter l'échange d'expériences et d'expertises, au bénéfice des différentes institutions. Il s'agit d'évoquer le cadre conceptuel et juridique de la rationalisation des dépenses ; la rationalisation des dépenses en matière de gestion administrative, notamment la simplification des frais de fonctionnement et le recours à la numérisation pour réduire les coûts et encadrer les marchés publics et les appels d'offres, et des mécanismes d'audit préalable et postérieur pour prévenir le détournement de fonds publics et garantir leur utilisation appropriée. Ces thèmes seront abordés par des participants spécialisés, sélectionnés parmi différentes institutions, afin de faciliter l'échange d'expériences et d'expertises, au bénéfice des différentes institutions et pour atteindre l'objectif de cette journée d'étude : la rationalisation des dépenses publiques comme levier de bonne gouvernance, de durabilité et de viabilité financière.