Le film franco-belge Boule et Bill reprend la célèbre BD belge sans convaincre, puisque la comédie perd de sa saveur avant la cuisson. Annaba De notre envoyé spécial La bande dessinée inspire de plus en plus le cinéma. Il n'y a qu'à rappeler que la dernière Palme d'or du Festival de Cannes est revenue à un long métrage, La vie d'Adèle, adapté d'une BD, Le bleu est une couleur chaude. Le lauréat, le Franco-Tunisien, Abdelatif Kechiche, a donc repris l'œuvre de Julie Maroh, pour confectionner un film salué par la critique. Alexandre Charlot et Franck Magnier, ex-scénaristes des Guignols de l'info, se sont donc unis pour mettre en images la célèbre série du Belge, Jean Roba, Boule et Bill. Publiée la première fois en 1959, cette série a connu la gloire grâce au magazine Spirou, créé par Jean Dupuis à la fin des années 1930. Boule et Bill, sorti à la fin de l'hiver 2013, a été projeté, vendredi soir, dans la cour de l'ex-lycée Pierre et Marie Curie de Annaba, à l'occasion de la cinquième édition de «Cinéma sous les étoiles », qu'organise l'Institut français d'Algérie (IFA). Accompagnés de leurs parents, beaucoup d'enfants sont venus voir ce film léger. Dans le genre, on connaît déjà les comédies américaines, telles que Beethoven de Brian Levant, qui mettait en vedette un Saint-Bernard, Les 101 dalmatiens de Stephen Herek, Le chihuahua de Beverly Hills de Raja Gosnell, Lassie : des amis pour la vie de Daniel Petrie, Air Bud : Buddy star des paniers, de Charles Martin Smith ou encore Pour l'amour d'un chien, de Bryce Fillmore. Il y a d'ailleurs beaucoup de traces de la comédie à l'américaine, dans la fiction d'Alexandre Charlot et Franck Magnier, avec des gags et des scènes déjà vus, consommés. Il y a, bien entendu, le père (Franck Dubosc), la mère (Marina Foïs), l'enfant (Charles Crombez) et le chien, un cocker roux. Et, les aventures, bien sûr. Bill, le chien, chamboule tout dans la maison, lui qui souffrait de «solitude» dans la SPA (Société protectrice des animaux). La famille déménage à Paris. Vivre dans un appartement avec de drôles de voisins n'est guère facile ni pour la famille ni pour l'animal. Une manière pour les deux cinéastes de rappeler ce que fut la France post-1968. Les parents de Boule sont des Français moyens des années 1970. Caroline, la tortue, apporte une petite douceur à la cacophonie qui s'installe. Caroline se croit amoureuse du «poilu et musclé» Bill. Le scénario s'égare ensuite pour tomber dans le piège de l'ennui. Les deux cinéastes rompent brutalement la magie du récit pour s'intéresser à la vie de couple. Le monde des adultes bat le rappel des troupes ! Tout se laisse deviner après, puisque le film est désormais marqué de platitude. L'adaptation d'une BD populaire n'est pas une garantie pour la réussite artistique, surtout lorsque l'intention est de s'adresser au grand public. Et à la fin, juste avant le générique, on peut fredonner la fameuse chanson de Sheila : «Comme les rois mages en Galilée suivaient des yeux l'étoile du berger, je te suivrai, où tu iras j'irais fidèle comme une ombre, jusqu'à destination.» Alexandre Charlot et Franck Magnier, qui ont décidé de mettre sur serveur cette chanson comme de la sauce au poivre, doivent encore chercher l'étoile du matin pour trouver le bon chemin... Les seigneurs dans des habits serrés Autre film projeté vendredi, d'Olivier Dahan. Le cinéaste français a fait appel à une brochette de stars pour les besoins d'une comédie contemporaine. Ramzi Bedia, Gad Elmalah, José Garcia, Franck Dubosc, Joey Starr, Omar Sy, le comte de Bouderbala et Jean-Pierre Marielle sont donc réunis pour former une équipe de football. Devenu alcoolique après une brillante carrière dans les stades, Patrick Orbéra (José Garcia) dépend de l'assistance sociale. Pour revoir sa fille, il doit avoir un poste de travail et un logement décent. Il est alors envoyé vers un île bretonne, Molène, pour former une équipe de football. L'objectif est de réunir de l'argent pour sauver la conserverie en faillite d'une reprise judiciaire. Patrick fait appel à ses anciens co-équipiers qui, désormais, ont une autre vie sociale, d'autres délires. Le film est simpliste en raison d'un scénario sans originalité. On s'amuse quelque peu, on développe de la compassion pour les habitants de l'île qui veulent sauvegarder leur gagne-pain, on rit un peu, puis, on passe à autre chose. Olivier Dahan n'a pas réussi, cette fois, à construire un film qui se défende, qui ait du sens. La présence de comédiens médiatiques n'a pas sauvé un scénario destiné plutôt pour le petit écran. Les jeux de mots et les gags manquaient d'imagination. Et les comédiens étaient dans des habits serrés, même s'ils avaient un certain plaisir à jouer ensemble. Ce n'est donc pas le Olivier Dahan de La môme qu'on voit dans Les Seigneurs («Les dieux du stade» est devenu depuis longtemps un calendrier glamour !). Olivier Dahan, réalisateur de clips (Rachid Taha, France Gall, Mc Solaar, Francis Cabrel) et de spots publicitaires également, semble avoir manqué son étoile polaire dans Les Seigneurs. Olivier Dahan prépare pour l'année prochaine, Grace of Monaco, un film sur Grace Kelly qui sera interprétée par Nicole Kidman. Hier, dans l'après-midi, Claude Bossion de Cinémémoire Marseille, a animé un débat. Cinémémoire, cinémathèque de films inédits de Marseille, veut développer un projet pour numériser les films amateurs algériens. Il s'agit de films tournés en 16, 8 et 9,5 mm et super 8. Le projet pourrait être développé avec la Cinémathèque algérienne.