Les services des Douanes ont réussi à épingler 16 opérateurs fraudeurs intervenant dans le commerce extérieur, suite à l'ouverture de plusieurs enquêtes sur des cas d'infraction de change, a révélé le directeur du contrôle a posteriori à la direction générale des Douanes (DGD), Regue Benamar, cité hier par l'APS. Ainsi, dans le sillage des instructions données tout récemment par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aux fins de renforcer la lutte contre le trafic et le transfert illicite de devises, les institutions concernées semblent faire désormais preuve de plus de mobilisation en vue de sévir contre tout contrevenant à la réglementation des changes. Tout en poursuivant leur enquête sur des opérateurs de la région Centre soupçonnés de fraude, les services douaniers, a indiqué Regue Benamar, ont déjà pu mettre la main, suite à des enquêtes sur des opérateurs de la région Sud, sur 16 exportateurs fraudeurs, accusés de non-rapatriement de leurs devises en apurement de leurs exportations. Il s'agit plus précisément, selon le même responsable, d'opérateurs exportant toutes sortes de marchandises, dont surtout des produits alimentaires, via les wilayas frontalières, notamment vers le Niger. Ces exportateurs, a-t-il expliqué, recourent souvent à des registres du commerce sous des prête-noms pour échapper à d'éventuelles poursuites judiciaires si leurs fraudes venaient à être déjouées par les Douanes ou la Banque d'Algérie (BA). Epinglés suite à des demandes de vérification introduites par les Douanes nationales auprès de la BA, ces exportateurs indélicats se sont vu infliger de lourdes sanctions, soit des pénalités pour un montant total de 4,16 milliards de dinars, selon le responsable de la DGD. Ce dernier juge «trop long» le délai de six mois accordé par la Banque d'Algérie aux exportateurs pour rapatrier les devises de leurs opérations à l'étranger, préconisant en ce sens de le ramener à trois mois, comme cela est le cas dans d'autres pays du monde. Dans cet ordre d'idées, il n'a pas manqué de déplorer le fait qu'une bonne partie des devises générées par les exportations hors hydrocarbures ne soit pas rapatriée, en raison, a-t-il précisé, de pratiques frauduleuses affectant directement les avoirs extérieurs du pays.Du reste, a-t-il relevé, ces pratiques frauduleuses faussent carrément les statistiques communiquées annuellement sur les exportations hors hydrocarbures, du fait du non-rapatriement de la totalité des devises générées par les ventes de produits algériens à l'étranger. Rappelons enfin que, tout récemment, le gouvernement a annoncé vouloir mener une lutte sans merci contre toute forme de fraude et de trafic de devises, notamment dans le domaine du commerce extérieur, où les cas d'infraction de change sont devenus, pour ainsi dire, monnaie courante. Une décision qui fait suite à la progression outrancière des transferts de devises du pays à l'étranger, atteignant plus de 30 milliards de dollars rien que pour les cinq premiers mois de l'année en cours, selon les statistiques de la Banque centrale. La hausse des transferts illicites de devises vers l'étranger, faut-il croire, va de pair avec la progression vertigineuse des transferts réguliers et du gonflement du volume du commerce extérieur à l'importation.