L'objectif est de garantir un cadre juridique et opérationnel alternatif permettant d'éviter un vide sécuritaire dans les zones frontalières, après la fin du mandat du Finul en décembre prochain. Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix Jean-Pierre Lacroix, a expliqué que le Conseil de sécurité avait officiellement demandé que soient formulées des « options pour une présence éventuelle » de l'ONU dans la phase post-Finul. Il a expliqué qu'il consultait toutes les parties sur les options envisageables après l'expiration officielle de ce mandat à la fin du mois de décembre et qu'il présenterait des recommandations officielles au Conseil de sécurité d'ici le mois de juin. Comme il a relevé aussi que « le soutien continu de la communauté internationale aux autorités libanaises est indispensable pour renforcer les forces armées nationales du pays et fournir une aide humanitaire». Les Nations unies travaillent sur différentes pistes en vue du maintien d'une présence éventuelle au Liban après le départ de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) dont le mandat prend fin en décembre 2026. Meurtre d'une journaliste libanaise, l'ONU condamne Par ailleurs, l'ONU a condamné le meurtre de la journaliste libanaise Amal Khalil, survenu mercredi à Tiri, dans le sud du Liban, lors d'une frappe aérienne qui serait imputable à Israël. « Nous présentons nos condoléances à la famille, aux amis et aux collègues d'Amal, et nous exprimons nos vœux de rétablissement complet et rapide pour le second journaliste blessé lors de ce même incident », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric. À la suite de cette frappe, la Finul a contribué aux efforts de déconfliction avec l'armée israélienne afin de faciliter l'accès de la Croix-Rouge libanaise pour qu'elle puisse apporter son soutien au journaliste blessé, a-t-il précisé. « Le Secrétaire général rappelle que les civils, y compris les journalistes, doivent être respectés et protégés en toutes circonstances. Il appelle à l'ouverture d'une enquête rapide et impartiale sur ce meurtre. Prendre les civils pour cible et entraver l'acheminement des secours constituent des violations du droit international humanitaire. Il réitère que les journalistes doivent être en mesure d'exercer leurs fonctions essentielles sans ingérence, sans harcèlement et sans subir de pires atteintes », a-t-il ajouté. Une solution durable nécessite un accord politique Lacroix a détaillé les contours des négociations avec Beyrouth, qui souhaiterait garder une présence, mais «pas nécessairement identique à celle de la Finul». Il s'agit notamment de futures fonctions «dans le domaine de la surveillance, le rapportage, l'observation et la liaison, mais aussi de certaines capacités importantes, notamment dans le domaine de l'action en matière de mines». La Finul assure depuis 1978 le maintien de la paix entre Israël et le Liban, mais se retrouve aujourd'hui prise entre deux feux, entre les forces israéliennes et le Hezbollah pro-iranien. La mission onusienne compte près de 7.500 soldats provenant de 47 pays. Elle a perdu récemment cinq soldats : trois Indonésiens et deux Français. Renouvelé chaque année par le Conseil de sécurité de l'ONU, son mandat expirera le 31 décembre 2026. La FINUL entamera ensuite un «retrait ordonné et sûr de son personnel» d'une durée d'un an, en étroite consultation avec le gouvernement libanais. « Nous avons écouté les autorités libanaises, nous travaillons sur la base de ce que nous avons entendu de leur part. Nous avons également consulté, bien entendu, d'autres parties, Israël et d'autres Etats membres, avant de formuler des recommandations au Conseil de sécurité avant le 1er juin de cette année ». En attendant, l'ONU admet s'attendre à des « résistances » de la part de certains acteurs, mais aussi « des limites capacitaires de l'armée libanaise qui sont réelles ». « Et c'est la raison pour laquelle il faudra un soutien international fort au Liban, même si les conditions politiques pour la réalisation de ces objectifs s'améliorent », a insisté le chef des opérations de paix de l'ONU. Dans ce contexte, l'ONU souligne que, pour mener à bien la mission, plusieurs éléments doivent être pris en compte, notamment l'appui international et la coopération régionale. En outre, l'ONU rappelle que le soutien d'Israël est crucial pour la réussite de l'opération. Cependant, la présence continue, voire le renforcement de l'armée israélienne sur le sol libanais, pourrait compliquer la situation. « Le maintien de la présence, même le renforcement de la présence de l'armée israélienne sur le territoire libanais n'est pas nécessairement de nature à créer tout cet espace politique nécessaire pour que les autorités israéliennes puissent faire leur travail ». Plus largement, il a souligné qu'une solution durable ne pouvait être obtenue par la seule voie militaire, mais devait au contraire résulter d'un accord politique mis en œuvre par les autorités libanaises, avec le soutien de la communauté internationale. Mais « une solution durable au problème devra tenir compte des besoins de sécurité du Liban et d'Israël », a fait valoir M. Lacroix. Dans un cadre plus large, le chef des opérations de paix de l'ONU a mis en garde contre un « environnement de plus en plus dangereux » pour les Casques bleus, citant les récents incidents meurtriers et l'escalade des menaces auxquelles est confronté le personnel de l'ONU. Il a ajouté que les Casques bleus continuaient d'opérer dans des conditions instables tout en s'efforçant de protéger les civils et de maintenir la stabilité dans les zones de conflit. Lacroix a également averti que les opérations de maintien de la paix subissaient de fortes pressions financières, les pénuries de liquidités imposant des réductions significatives de leurs capacités. Il a indiqué que les missions avaient déjà réduit d'environ 25 % leurs capacités opérationnelles en raison de retards ou de paiements partiels de la part des Etats membres. Sur le terrain, l'ONU s'efforce d'atténuer les répercussions des coupes budgétaires, « qui sont bien réelles ». A la fin de ce mois, l'ONU fera le point avec les Etats membres à New York pour dévoiler l'ampleur des répercussions de ces coupes budgétaires, ainsi que les mesures entreprises pour les atténuer. Samir Sabek/Service de presse de l'ONU