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«Nous avons des indicateurs positifs qui ne trompent pas»
Korichi Nadhir // Directeur de la pêche et des ressources halieutiques du sud-est
Publié dans El Watan le 11 - 11 - 2013

Les différentes formes d'aides à l'investissement dans l'aquaculture saharienne et l'apport de la recherche universitaire font régulièrement débat. C'était le cas tout récemment à Ouargla, lors d'une rencontre organisée par la Chambre interwilayas de la pêche et de l'aquaculture du Sud-Est. L'absence chronique de poissons produits dans les fermes dans les marchés locaux semble être la critique récurrente faite au secteur qui fait son mea culpa et essaie de trouver des solutions à des problèmes cruciaux, tels que le manque d'une alimentation adaptée au poisson. Le directeur de la pêche et des ressources halieutiques du Sud-Est revient justement sur l'ensemble de ces points dans cet entretien.
-Tout d'abord, quelle évaluation faites-vous de la situation de l'aquaculture saharienne onze années après l'introduction des premiers alevins de Tilapia et la création de votre direction ?
L'existence même d'une direction de la pêche à Ouargla et dans le Sud en général est relativement récente, nous sommes un bébé-secteur dans une zone saharienne et pendant longtemps, la vue même de la plaque de notre direction prêtait à la raillerie. Nous sommes donc nés dans des conditions difficiles, dans un milieu hostile et dans une région ou très peu de techniciens s'étaient formés dans ce domaine très en vogue sous d'autres cieux, y compris dans des zones du globe réputées pour ne pas être maritimes. Je vous donne l'exemple de la Hongrie, un des pays leaders dans la pêche continentale, sans avoir de mer, et qui nous pourvoit actuellement en géniteurs certifiés de poissons-chats.
-Au-delà de cette genèse, la question de l'absence du produit aquacole alors que l'Etat a consenti des aides colossales à des projets qui étaient jusque-là sous les feux des projecteurs pose un vrai problème sur vos objectifs ?
De grandes exploitations ont été lancées avec des aides conséquentes de l'Etat tant à Ouargla qu'à Ghardaïa, et ce qui est bien, c'est que malgré les entraves et toutes les critiques, celles-ci ont rectifié le tir et elles continuent à s'accrocher. Vous savez, beaucoup d'obstacles se sont vite dressés, d'une part la consommation même d'un poisson d'eau douce lorsqu'on est habitués à ne consommer que de la sardine. Pour la ménagère, ce poisson de 350 g la pièce cédé à 700 DA pose des problèmes de gestion des parts dans la même famille, peut-on se permettre plus d'un kilo et comment satisfaire une famille nombreuse avec des pièces moyennes difficiles à partager. Sans être négatifs, il s'agit d'habitudes de consommation difficiles à changer quand on cherche encore sa voie. Je vous donne un autre exemple, la ferme Rouani de Hassi Lefhel à Ghardaïa a pu décrocher des conventions avec des établissements scolaires, mais ça n'a pas marché.
Au début, les enfants ont trouvé du mal à consommer ce poisson parsemé d'arêtes, changement de cap avec la confection de filets, de hachés ou carrément de la soupe de poisson. Mais, là encore la question culturelle s'est posée. L'investisseur n'a pas pu réaliser un bon rendement et les écoles n'ont pas renouvelé les conventions. C'est tombé à l'eau. Le problème de la commercialisation s'est vite dressé en rempart, sur le plan réglementaire, les producteurs ne pouvaient avoir accès aux grandes entreprises pétrolières et autres en tant que tels et les fournisseurs refusaient l'introduction de ce poisson non marin, d'autant plus que les fournisseurs nationaux ne desservent pas exclusivement les poissons et autres produits de la pêche mais livrent également fruits, légumes, viandes rouges et blanches, selon le registre du commerce. Il y a également de l'aliment de grossissement qui pose problème, vu qu'il s'agit d'un produit importé qui coûte cher et reste inaccessible aux petits aquaculteurs sur lesquels nous comptons beaucoup.
-Quelles sont les mesures prises pour endiguer ces problèmes ?
Le complexe Moulay a finalement trouvé une solution pour écouler sa production dans le secteur pétrolier en recourant à la découpe en filets, puisque le poisson entier posait problème. Un changement d'espèce s'est vite imposé comme solution idoine sous les conseils d'experts internationaux. Pour trouver des débouchés, ce n'est donc plus le Tilapia qui est produit mais le poisson chat africain Clarias, qui donne de très bons résultats en République centrafricaine et qui semble mieux adapté à l'élevage intensif grâce à une bonne adaptation au climat tropical, sa croissance rapide, son alimentation omnivore, acceptation et transformation des aliments simples, sa résistance aux maladies et surtout l'appréciation de son découpage en filets, dépourvu d'arêtes fourchues et dont l'arête centrale peut être recyclée dans la confection d'aliments. Un contrat avec des fournisseurs hongrois a permis l'implantation de géniteurs de qualité, certifiés dont les résultats sont garantis sous foi du respect de l'itinéraire technique et l'importation d'un aliment industriel des Pays-Bas. Un expert béninois en fermes aquacoles africaines assure le suivi technique de ce redémarrage et l'apport hongrois est à souligner, ils sont très avancés en matière d'élevage intensif du poisson chat.
-Revenons à la question de base, le consommateur local a été préparé durant une décennie à consommer du poisson du Sahara, où en est la production ?
Il est faux de prendre la seule wilaya de Ouargla comme indicateur de réussite, des zones de production potentielles se trouvent au sein même des palmeraies à Meghaïer, Djemaâ, Oued Souf et Biskra où le Tilapia est très consommé et le surplus commercialisé dans les marchés locaux. A Ouargla, la production de la ferme Moulay a été entièrement écoulée dans la zone industrielle de Hassi Messaoud et les casernes de l'armée. Pour la production des petits bassins d'aquaculture, il est à remarquer que les agriculteurs ont très bien assimilé l'intégration de la pisciculture dans leurs petits bassins pour améliorer le rendement agricole, ils ont de plus belles dattes, de plus beaux fruits et légumes mais ils ont raté l'essentiel de la vulgarisation en matière d'élevage du Tilapia, puisqu'ils ne maîtrisent pas encore la seconde étape, à savoir la séparation des femelles et des mâles pour enclencher le grossissement et stopper la reproduction.
Résultat : les petits bassins pullulent de petits poissons impropres à la consommation et la mortalité commence avec le surnombre. Je parle des agriculteurs qui se sont contentés de mettre des alevins récupérés chez nos aquaculteurs et qui n'ont pas encore bénéficié des cours de vulgarisation. L'aspect positif de la chose est la multiplication des bassins d'aquaculture qui sont passés de 400 à plus d'un millier, mais le point négatif est que les premiers bassins ont des fiches techniques et leurs propriétaires ont été formés aux différentes étapes du grossissement, ce qui n'est pas le cas des nouveaux qui pensaient, à tort, qu'ils allaient maîtriser la technique avec le temps. Nous nous retrouvons donc avec une pléthore de petits aquaculteurs qu'il faut recenser et introduire dans notre base de données afin de les initier à cet élevage. Vous voyez qu'il y a beaucoup d'aspects à cerner pour booster l'aquaculture saharienne qui a de beaux jours devant elle.
-Revenons donc à la vulgarisation, quelle est son efficacité ?
Nous venons de lancer le système d'accompagnement des futurs investisseurs grâce à une vision commune qui a permis la mise à contribution des différents dispositifs d'aide à la création d'entreprises ainsi que le soutien de la BADR Banque. C'est une démarche qui vise à accompagner les diplômés et les futurs aquaculteurs et même les petits marchands des produits de l'aquaculture. Nous voulons créer les conditions optimales favorisant la création de microentreprises assurant les différents maillons de la chaîne de production et de commercialisation.
Pour ce qui est de la vulgarisation, nous avons pris l'habitude d'organiser des tournées régulières à travers les palmeraies du Sud-Est où des présentations permettent aux intéressés de cerner les différents aspects de l'élevage aquacole à petite échelle. L'exemple de Moussa Benkrane, médaillé de la FAO en 2010, est à retenir. Cet électricien de formation, devenu aquaculteur et agriculteur intégré, explique avec des mots simples, avec un film relatant sa propre expérience du début jusqu'à la fin, que l'assimilation des techniques et la maîtrise de l'itinéraire technique sont les clés de la réussite. Ces sessions ont porté leurs fruits, mais beaucoup de chemin reste à faire et il faut des moyens pour pouvoir sillonner plus fréquemment notre région qui est la plus étendue d'Algérie, surtout avec le nombre croissant de demandeurs d'alevins.
-Vous avez survolé les différents problèmes et préoccupations qui se posent avec acuité, quel rôle joue le ministère de tutelle ?
L'une des premières actions positives prises par l'actuel ministre est de confier les actions motrices du programme national à de vrais techniciens issus du terrain, et comme le problème de l'aliment pour poissons a été soulevé comme étant un écueil pénalisant l'essor de la filière sachant qu'il représente à lui seul 70% du coût et compte pour beaucoup dans le rendement et le prix du produit proposé au consommateur, une convention cadre a été signée avec l' Office national de l'aliment de bétail pour formuler un aliment adapté et ne plus recourir à l'importation.
-Qu'en est-il de l'apport des experts de la FAO qui viennent de quitter la région ?
L'apport de ces experts est d'une grande importance depuis la signature de la convention entre notre ministère de tutelle et la FAO qui remonte à 2008. C'est le concept de l'agriculture intégrée, dont Hassi Ben Abdallah est la zone pilote qui a été évaluée lors de la dernier visite de l' équipe d'experts non seulement à Ouargla, qui s'impose en tant que pôle aquacole du sud-est du pays, mais aussi à travers toute la zone saharienne, voire à Sidi Bel Abbès où nous avons accompagné ces experts dont la première recommandation est de valoriser et d'élargir l'expérience de Hassi Ben Abdallah, qui a duré six ans, au autres wilayas du Sud et autres régions d'Algérie, selon les spécificités de chacune. C'est, faut-il le souligner, le principal enseignement de cette expérience, les potentialités sont énormes, beaucoup de problèmes communs existent, mais chaque zone, y compris dans le Sud recèle des spécificités qui peuvent avoir un effet d'entraînement réel.


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