Gramado est une ville touristique située à 110 km au nord-est de Porto Alegre. Avec une superficie d'à peine 237 km2, elle est surtout connue pour son festival de cinéma, un événement organisé au mois d'août de chaque année et qui est devenu incontournable pour le cinéma latino-américain. Plusieurs supporters algériens, qui ont fait le déplacement au Brésil pour suivre les matchs de l'équipe nationale, ont eu le loisir de découvrir cette localité touristique qui offre toutes les commodités afin que le visiteur passe un bon séjour. Ils ont tous été subjugués par la beauté des lieux. Gramado n'est pas une station balnéaire. Elle est loin de la mer. Elle fait beaucoup plus dans le tourisme vert. Toutes les activités touristiques sont liées à la nature. Des circuits de visites du zoo, des falaises et des jardins botaniques de la région sont organisés. Toutes les ruelles de la ville sont ornées d'arbres, de fleurs et de différentes plantes. Le bois est omniprésent dans les constructions. C'est dire que la nature est mise en avant. En cette période préhivernale – il fait jusqu'à 5° la nuit et le mois prochain risque d'être plus dur avec l'arrivée de la neige – la ville est plutôt calme. Les touristes ne sont pas nombreux. Mais les principales artères, notamment l'avenue Borges de Medeiros (qui fut par le passé président de l'Etat fédéral de Rio Grande do Sul, dont Porto Alegre est la capitale), sont animées jusqu'à une heure avancée de la nuit. Boutiques et restaurants se disputent la clientèle. L'architecture est plutôt européenne. Chaque habitation est une œuvre de haute facture. Ici, pas de place à l'anarchie. Pas de favela, par conséquent. Ceux qui y résident, dont beaucoup sont des descendants d'Allemands, Suisses et Italiens, ou sont en visite sont «sélectionnés». Une sélection faite d'après le niveau de vie qui règne sur place. Le moindre hôtel, et ils sont tous des établissements d'une certaine classe, affiche un prix avoisinant les 300 euros la nuitée pour les moins chers. Et puisque la clientèle est d'une certaine classe sociale, les prix des produits proposés à la vente sont tous «majorés». Les boutiques proposent essentiellement des articles de marque, que ce soit l'habillement, montres, lunettes ou chaussures. Les petites bourses n'auront pas la chance de faire leurs courses à Gramado. La vie dans la ville est minutieusement organisée. Même si les éléments des services de sécurité ne sont pas du tout visibles, il est clair que la localité est ultrasécurisée. Il n'y a point de grillage ou clôture métallique aux devantures des magasins. Les portes en verre suffisent. Une ville très organisée Durant la journée, les Algériens qui ont été sur les lieux ont été frappés par le respect affiché par les personnes qui résident ou visitent Gramado du code de la route. Aucun feu tricolore n'y est installé, aucun policier ne régule la circulation, mais tous les vingt mètres, il y a un passage pour les piétons. Et ces derniers sont prioritaires partout. Dès qu'une personne s'avance vers le passage, les véhicules, des deux côtés, s'arrêtent automatiquement. «Tu peux traverser les yeux fermés», a commenté un Algérien. Aucun automobiliste ne fait de la vitesse non plus. Aucun risque qu'il y ait un accident grave sur la voie publique. Le stationnement sur les principales avenues est payant. Gramado est une ville à part, qui ne rime pas avec le reste du Brésil où tout tourne autour de la Coupe du monde ces jours-ci. Un événement qui n'a pas altéré le calme ambiant sur place. Rien n'indique, à Gramado, que le pays organise l'un des événements les plus importants de la planète. Pas de drapeaux du Brésil accrochés ça et là, encore moins des personnes qui passent en voiture en klaxonnant. Seul, au niveau d'un centre commercial, est installé un écran géant pour diffuser les matchs face aux tables de plusieurs restaurants. Même les produits FIFA (mascottes, tee-shirts, sacs à dos…) ou les maillots des pays participants au Mondial, surtout celui du Brésil, ne sont pas présents en force dans les magasins. Gramado est faite pour se reposer. Et la Coupe du monde ne change rien à la chose. Dans cette ville, les gens ont d'autres préoccupations. Ils visitent les parcs, font de l'escalade, du canoë-kayak, des randonnés pédestres dans les forêts ou vont voir les chutes d'eau. D'autres préfèrent arpenter les artères de la ville pour regarder ce qui est étalé dans les différentes vitrines. Beaucoup d'entre eux s'intéressent aux magasins de chocolat produit localement. Un chocolat de très bonne qualité. Le football est relégué au second plan. La vie paisible suit son cours dans cette petite et belle localité de Porto Alegre. La Coupe du monde se joue ailleurs.