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Après seize années de règne : aucune réforme économique sérieuse n'a été accomplie
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Publié dans El Watan le 13 - 04 - 2015

Hormis les résultats quantitatifs rendus possibles par les recettes exceptionnelles des hydrocarbures, le bilan des trois mandats du président Abdelaziz Bouteflika, auxquels s'ajoute la première année du quinquennat en cours ne brille par aucune action originale à même d'ouvrir à l'Algérie une nouvelle manière de prendre son destin économique en main autrement que par les dépenses publiques.
On a, tout au long de ces seize années de règne, continué à réaliser des infrastructures de base, des logements et autres initiatives à caractère social sur le même mode que celui qui avait prévalu au temps de l'Algérie socialiste.
Tout comme à cette période qui s'acheva par les troubles d'Octobre 1988, en grande partie dus à un subit déclin des prix des hydrocarbures, les années Bouteflika ressemblent à s'y méprendre à cette époque, exception faite des réserves de change qui se sont maintenues à un niveau qui permet à l'Etat de dépenser sans compter.
C'est ainsi que 1200 milliards de dollars environ (dépenses de l'armée et des corps constitués non comprises) ont été injectés ces seize dernières années dans les divers rouages de l'économie, sans jamais parvenir à satisfaire les demandes sociales prioritaires (emploi, logement, éducation, formation, eau potable, transport, nouvelles technologies de la communication etc.). Là où sous d'autres cieux des dépenses publiques aussi faramineuses auraient généré des taux de croissance à deux chiffres, en Algérie l'évolution annuelle du PIB a rarement dépassé les 3%. Les dépenses de l'Etat semblent plutôt arranger les économies étrangères si on se réfère à l'explosion de nos importations qui n'ont pas cessé d'augmenter tout au long des trois mandats du président Bouteflika pour atteindre le chiffre record de 62 milliards de dollars à la fin de l'année 2014 et sans doute davantage cette année.
Un boom des importations qui a, à l'évidence, laminé notre industrie et notre agriculture qui auront bien des difficultés à se redresser tant le mal est profond. Rassuré par l'aisance financière qui s'est installée dans la durée, le pouvoir en place seize années durant n'a pas jugé utile de conduire le développement économique du pays autrement qu'au moyen du budget de l'Etat.
On se souvient que durant la campagne pour un quatrième mandat, le Premier ministre avait parcouru toutes les wilayas du pays pour distribuer de nouveaux budgets à des localités souvent séduites par ce mode d'affectation de ressources financières qui, sauf rares exceptions, ne leur parviendront pas, tant les procédures d'octroi sont longues et compliquées.
Le plus grave est que dans bon nombre de ces localités existent des opérateurs privés en mesure d'investir et d'impulser une dynamique de développement multisectorielle dans la région, mais que l'administration empêche par toutes sortes d'entraves à prendre part à l'essor économique que l'Etat s'entête à vouloir entreprendre seul. Tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays avaient agi selon ce mode de développement dévolu exclusivement à l'Etat, mais il était attendu de l'installation d'Abdelaziz Bouteflika aux commandes du pays que les choses changent en allant, comme il l'avait clairement affirmé dès 1999, plus résolument vers une économie de marché impliquant davantage le privé algérien et les investisseurs étrangers.
Ce n'est malheureusement pas ce qui sera appliqué sur le terrain, où l'on continuera à voir l'Etat promouvoir le développement économique et social au moyen exclusif de la dépense publique que capteront de surcroît en grande partie des firmes internationales qui réaliseront les projets les plus juteux, ne laissant aux opérateurs algériens que les programmes de moindre importance.
Ces derniers trouveront leur compte dans les importations qu'ils investiront en masse au détriment de leurs unités de production, qu'ils seront bien souvent contraints d'abandonner.
Aucun ajustement structurel notable n'ayant été effectué dans le sens d'une prise en charge mutuelle (public-privé) du développement, l'Algérie se retrouve, après seize années de régime Bouteflika, dans la même situation que celle qui avait prévalu dans les années 1980. Pis encore, aux dysfonctionnements encore vivaces hérités du système socialiste, sont venus s'ajouter ceux générés par une pléthore de textes législatifs aussi complexes que contradictoires, promulgués par les sept Premiers ministres et très nombreux ministres qui se sont succédé à la tête de l'Etat tout au long de ces seize années.
L'action économique est aujourd'hui très difficile à entreprendre de manière claire et efficiente, tant le pays manque à bien des égards de visibilité et de perspectives, la politique économique du pays fluctuant au gré des conjonctures et des lois de finances annuelles et complémentaires.
Il est vrai que depuis la récente chute des prix des hydrocarbures, on assiste à un nouveau discours sur la manière d'entreprendre le développement en favorisant l'industrie et le privé algériens, mais l'espoir de voir cette nouvelle vision s'appliquer est vite battue en brèche par les incertitudes politiques que suscite une nouvelle révision de la Constitution, dont on ignore le contenu, la concentration du pouvoir entre les mains d'un Président gravement malade, l'incohérence idéologique de l'équipe gouvernementale, l'intrusion possible de pouvoirs parallèles et, bien entendu, les effets souvent déterminants de la géopolitique.
L'Algérien, tout comme l'étranger craignent de ce fait d'investir en Algérie, tant le climat des affaires couplé à une absence totale de visibilité s'est assombri. L'investisseur étranger est, de surcroît, totalement dérouté, notamment depuis qu'il lui est fait obligation de partager la propriété de son investissement avec des partenaires algériens. Des partenaires souvent choisis non pas en fonction de leurs capacités, mais de leurs accointances avec le cercle présidentiel qu'ils ont soutenu financièrement à l'occasion des campagnes électorales.

Ceux qui attendaient des changements systémiques en matière d'orientation économique ont également été désagréablement surpris par la toute récente reconfiguration du secteur public économique mise en application par le ministre de l'Industrie, avec très certainement le consentement de Bouteflika, consistant à remettre les entreprises publiques économiques sous la tutelle des ministères, comme au temps de l'Algérie socialiste.
On est même revenu aux ruineux et inutiles assainissements financiers qu'on croyait à jamais révolus. Les entreprises publiques économiques vont de nouveau engloutir environ 400 milliards de dinars pour effacer leurs dettes et disposer de l'argent frais qui leur faisait défaut. Il est évident qu'avec autant de capitaux il aurait été possible de créer des milliers d'entreprises nouvelles et un nombre incalculable d'emplois qui viendraient renforcer le développement du pays, et non pas prendre le risque de tirer notre économie vers le bas par des entreprises publiques irrémédiablement déstructurées.
Ce n'est vraiment pas ainsi que l'Algérie pourra construire dans un délai raisonnable une économie de marché véritable dans la laquelle pourront activer d'authentiques firmes qui trouveront sur place les outils essentiels du système de marché (marché boursier, marché des changes, marché foncier, moyens de paiement modernes, etc.). L'immobilisme, voire même la régression qui affectent la gouvernance de pratiquement tous les secteurs d'activités économiques sont tels qu'on n'ose même pas espérer des changements systémiques, du moins dans le court terme porteur de graves incertitudes.
Au vu de ce constat, il n'est donc pas étonnant que les sociétés présentes en Algérie aient du mal à vivre de leurs propres ressources, à prendre en charge leurs destins d'entreprises qui, par définition, doivent créer de la richesse et non pas appauvrir le pays par des déficits chroniques. Il n'est également pas étonnant que les investisseurs étrangers ne se bousculent pas au portillon, même si nos réserves de change restent confortables en dépit de la forte baisse des recettes des hydrocarbures.
Pour choisir de venir en Algérie plutôt que dans un des très nombreux pays qui les sollicitent, il faudrait que ces investisseurs puissent trouver non seulement les facilités classiques (téléphone, locaux, terrains, services bancaires, des écoles pour les enfants d'expatriés, des possibilités de loisirs etc.) que bon nombre de pays peuvent aisément leur offrir, mais également un marché financier qui leur permette de se financer dans les meilleures conditions de délais et de taux d'intérêt, des banques d'investissement fortement capitalisées pour accompagner les gros projets, un marché des changes où ils trouveraient en quantités suffisantes les devises nécessaires à l'exploitation de leurs entreprises, un marché immobilier où ils trouveraient les terrains et locaux nécessaires à des prix acceptables.
Après seize années de pouvoir, Bouteflika et ses équipes gouvernementales n'ont mis aucun de ces mécanismes en place, amenant l'Algérie à avoir, en dépit de ses ressources colossales, l'économie la plus archaïque du bassin méditerranéen.
En sus de la question centrale de la démocratisation du pays, c'est sur la résolution des problèmes économiques que les Algériens devaient juger le président Bouteflika. Au bout de seize années de pouvoir, il n'aura réussi à régler ni l'une ni l'autre.


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