La nuit a été longue, très longue samedi pour les habitants de la cité El Korti, prolongement du tronçon de Châabet Etteli d'où les violences ont pris forme. Tout a commencé vers 19 heures 30 minutes, lorsqu'un véhicule appartenant à un malékite habitant la cité El Korti a fait l'objet d'un caillassage en règle de la part de jeunes ibadite du pâté de maisons de Châabet Etteli. Le propriétaire du véhicule et ses occupants ont pourchassés le agresseurs et leur ont administré une raclée avant de les relâcher. Ceux ci ont alors rameutés des dizaines de jeunes de leur communauté qui ont essayés d'investir la cité El Korti, protégée depuis le début des évènements par un important contingent de gendarmes. Ceux ci se sont alors interposés, interdisant vigoureusement aux assaillants de s'en prendre aux habitants de la cité. Non content de cette intervention, les jeunes de Châabet Etteli se sont alors retournés contre les gendarmes sur lesquels ils ont déversés toute leur colère avec toutes sortes de projectiles telles que des pierres et des objets hétéroclites. Il a fallu aux unités anti émeutes de la gendarmerie, user à profusion de grenades lacrymogènes pour faire reculer les assaillants. Ceux ci ont quand même et ce jusqu'à 4 heures du matin, réussi à tenir tête aux gendarmes, blessant une dizaine d'entre eux et saccageant 3 véhicules et deux demeures. Malgré l'intensité des violences, aucune arrestation n'a été opérée, selon le commandant de groupement de gendarmerie de Ghardaia, le colonel Ali Rouane. Au petit matin, la situation restait tendue, les deux camps s'observant de loin. Mais vers 11 heures, un bus de l'entreprise publique de transport de voyageur a été partiellement incendié à coups de cocktails Molotov par des jeunes ibadites dans le tronçon de Châabet Etteli. Les forces anti émeutes de la police sont intervenues rapidement et ont procédés à l'arrestation de 7 personnes dont un mineur. L'hélicoptère de la police tournoyant au dessus de cette chaude zone laisse penser que des rassemblements de jeunes continuent de se produire sur les collines et les crêtes qui enserrent ce quartier. La situation reste tendue et c'est le moins que l'on puisse dire au regard des évènements.