Les bouchons monstres créés au centre-ville par le blocage de la descente d'El Menia prouvent à quel point est fragile le plan de circulation de la troisième ville du pays. Des dizaines d'habitants de la cité Boudraâ Salah ont tenu hier et pour le deuxième jour consécutif, leur mouvement de protestation, fermant la route, à proximité des bâtiments de la cité susmentionnée, pour revendiquer l'attribution des logements sociaux qu'on leur a promis. Dimanche, ils avaient commencé par la fermeture de la RN 27 (la descente d'El Menia) en début de l'après-midi et pendant environ 5 heures, paralysant du coup la moitié de la ville de Constantine, notamment le centre-ville. D'après des témoignages recueillis par El Watan auprès de quelques manifestants, leur intention était de réclamer un droit et «fermer la route» était un dernier recours, afin d'obtenir leurs logements. Nos interlocuteurs ont affirmé que 650 familles habitant 286 logements dans les bâtiments de Boudraâ Salah ont des affectations avec un contrat-programme, où il était prévu qu'ils soient relogés avant la fin de l'année en cours. Malheureusement, selon leurs dires, «la surprise était grande» quand ils ont appris qu'ils ne bénéficieront pas de logements et qu'ils ne figurent même pas sur les listes de ce programme. «Nous vivons dans le calvaire, la situation se dégrade de jour en jour. En plus des agressions et du manque de l'insécurité au sein de cette cité, on peut trouver deux familles dans un seul appartement! Mais ce qui a provoqué encore notre colère, c'est le manque de respect envers le citoyen, l'absence de communication et les décisions contradictoires des responsables, particulièrement celles du nouveau chef de daïra de Constantine», a déclaré Soufiane M., président de l'association du quartier. Mais de quoi s'agit-il au juste ? «Le chef de daïra nous a annoncé que nous n'aurons pas de logements sans nous donner plus de précision. Pourtant, son prédecesseur nous a affirmé que nous serons sur les prochaines listes. Qu'allons-nous faire de nos affectations? Ces responsables grugent le citoyen avec des fausses promesses», s'indigne encore notre source. Les bouchons, dommage collatéral Il a fallu l'intervention des forces de police, qui ont utilisé des bombes lacrymogènes, pour disperser les manifestants et libérer la circulation. Quelques récalcitrants n'ont pas hésité à affronter les policiers ; cet accrochage qui a fait un blessé du côté de la police et six personnes arrêtées du côté des manifestants. Cela n'a pas empêché les habitants en question, de revenir à la charge, hier matin, et fermer la route à proximité de leurs bâtiments. Ce mouvement de protestation (le plus long qu'a connu Constantine cette année), a pris de l'ampleur tout en pénalisant la circulation dans la ville pendant des heures. La RN 27 étant un axe névralgique, sa fermeture a poussé des centaines d'usagers à emprunter les voies qui passent par le centre-ville. Le flux a au moins doublé sur ces axes provoquant des bouchons et la paralysie du centre-ville, des heures durant. La colère des citoyens, précisément les demandeurs de logements sociaux, devient de plus en plus incontrôlable à Constantine. Elle cause plusieurs désagréments et provoque des violences parfois difficiles à endiguer. Les autorités locales semblent désormais incapables de gérer ce genre de situation.