Plusieurs associations estudiantines se sont donné rendez-vous, samedi dernier, lors d'une rencontre regroupant plusieurs organisations et associations afin de débattre du rôle de l'étudiant dans les associations, le renforcement de ses capacités et de son engagement civique. Cette action ouvre le débat et détecte des pistes de compréhension pour les observateurs de la société civile. Comment définir le rôle du jeune et de l'étudiant dans la société algérienne ? Quel impact ont-ils ? Des interrogations que se posent les experts depuis longtemps. Au fil des années, des études ont démontré le désintérêt des jeunes des milieux associatifs, à un certain degré, mais cette situation est palpable. «Le jeune a déserté les initiatives citoyennes, pourtant il est au cœur des décisions des pouvoirs publics. Il doit retrouver sa place et jouir des avantages de sa jeunesse pour se former», déclare Sofiane Naït, sociologue et chercheur ; il a notamment écrit une série d'articles sur l'engagement des jeunes militants dans les partis politiques en 2014. «L'initiative de Youth LED Algeria prouve que la conscience citoyenne est toujours à l'ordre du jour. Nous devons soutenir cette action qui favorise le développement des capacités des jeunes, surtout des étudiants qui sont les futurs cadres de l'Etat», affirme-t-il. C'est dans ce cadre que les membres de Youth LED Algeria se sont réunis avec plusieurs acteurs nationaux et internationaux : Algerian Center For Social Entrepreneurship (ACSE), Youth Capacity Development Biskra, Agir Bouira, association Future pour le Développement Batna, Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES), The Civil Society Facility South - CSF South. L'objectif principal de cette réunion est de dialoguer et de stimuler les capacités des jeunes à travers le renforcement de leurs capacités de leadership, d'entrepreneuriat et de réaliser leurs propres projets. OPPORTUNITéS Une formation a précédé la grande conférence-débat, ce qui a permis de faciliter l'échange et le dialogue, avant de définir les acquis et les points de renforcement. Lors de cette rencontre, Sami Daoudi, directeur régional de l'Office des publications universitaires et cadre au sein du bureau national de l'Union générale des étudiants algériens (UGEA), ainsi que son confrère, ont présenté un historique complet de l'implication des associations estudiantines dans la vie des jeunes. Ils se sont appuyés sur la projection d'un film qui retrace le parcours de personnalités nationales et internationales dont le parcours a débuté par le militantisme et l'engagement à travers ces organisations estudiantines et d'une présentation des différentes organisations nationales. «Quand on est à l'université, il faut profiter des opportunités qui se présentent à l'étudiant. Les organisations estudiantines ont les moyens de renforcer le développement de l'étudiant à travers des activités qui le préparent à son intégration professionnelle», suggère Sami Daoudi. Par ailleurs, Athmane Bessalem, avocat à la cour de Tizi Ouzou et militant, a fait un constat amer sur la structure militante algérienne et l'échec flagrant de l'activité estudiantine. D'autre part, il souligne que «le rôle du jeune algérien et de l'étudiant algérien est en déphasage. Un fossé s'est créé entre la jeunesse algérienne et la réalité. Je pense que les organisations estudiantines doivent se diversifier et se multiplier. L'unicité de la vision ramène la dictature, la stagnation et les idées archaïques. Au sein de nos universités, on observe une volonté de mainmise sur la volonté de l'émancipation même de l'étudiant algérien», dit-il.