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En bikini sur la terre de Moïse…Egypte
Charm El Cheikh ou l'eldorado touristique de l'Egypte
Publié dans El Watan le 04 - 02 - 2007

L‘on ne se rend pas à Charm El Cheikh pour faire des affaires mais pour s'y reposer, loin du bruit habituel des villes. On y vient de tous les pays du monde y compris d'Israël voisin comme s'il s'agissait de faire un pèlerinage dans cette ville d'Egypte, terre de Moïse.
Elle s'est transformée au fil des années en un important port de commerce et de tourisme à la pointe sud du désert du Sinaï. Encerclée par, d'une part, la mer Rouge et, de l'autre, par les montagnes rouge et ocre du Sinaï, la ville s'étend sur une quinzaine de kilomètres. Dans ce qui fut une région désertique où même les salamandres éprouvaient des difficultés à survivre, l'herbe et la palmeraie ont poussé. Là où la pluie tombe très rarement et où le sable du désert a conquis la mer, l'eau a jailli des robinets et des arroseurs placés dans les innombrables espaces verts. Depuis 1985, cette eau, quotidiennement transportée par 500 camions containers, remplit quotidiennement les piscines de plusieurs dizaines de complexes hôteliers, les uns plus somptueux que les autres. Destination de villégiature, Charm El cheikh est une station balnéaire. Quatre sites ont fait sa réputation : Charm El Maya ou Old Charm en est le plus ancien. S'y côtoient, restaurants haut de gamme, plage publique et port. Là, malgré les prix prohibitifs appliqués, les petits restaurants attirent la grande foule. Hadaba est le 2e site. C'est un quartier résidentiel. Il regroupe les hôtels de grand luxe et les maisons de maître qu'éclaire de nuit, le phare qui les domine sur la pointe de Ras Om Sid. Naâma Bay, le 3e site, est certainement le quartier de la ville totalement destiné aux touristes avec ses cabarets, casinos, bars, restaurants, boutiques, bureaux de change, banques. Seuls les piétons sont autorisés à y circuler. Il y a enfin Char's Bay, 4e site et un des rares points de chute des bédouins et de leurs fidèles compagnons les dromadaires. Il n'y a que du blanc et du vert dans cette contrée. De désertique, les israéliens, l'ayant occupé au lendemain de la guerre des six-Jours, l'ont transformé en éden. Charm El Cheikh, anciennement petit village stratégique de la marine égyptienne, est rebaptisée Mifraz Shlomo (golfe de Salomon). Une année après, les Israéliens lancent la construction de la colonie « Ophira » à Ras Om Sid. Les 500 familles israéliennes installées créent le projet touristique Naâma Bay et transforment de fait Charm El Cheikh en un des plus grands centres touristiques d'Egypte. La réalisation et l'ouverture de l'aéroport en 1976 ont donné un nouvel élan au développement touristique dans la région. Détruite par une inondation en 1978, la ville de Charm El Cheikh ou Naâma Bay est restituée aux Egyptiens en 1982. Tout ce développement touristique n'a, cependant, pas profité aux habitants. Porte ouverte sur le Sinaï, situé à quelque 250 km du lieu où le prophète Moïse s'isola pour recevoir l'Ancien testament, Charm El Cheikh offre à ses visiteurs le monastère de Sainte-Catherine, l'un des plus anciens au monde. Elle leur offre aussi la misère de ses habitants, malgré l'apparence de surabondance qui caractérise les hôtels. Dans cette cité d'à peine 50 000 habitants, il n'y a pas un seul immeuble. Tout est construit pour épouser la forme du paysage. Partout le R+1 attire le regard. Il n'y a pas d'autres couleurs que le blanc et le bleu de la mer que casse le gris de la bande de bitume qui mène vers le Caire, l'aéroport, le Mont Sinaï... Dans cette ville, il est interdit de parler du chômage ou d'absence de couverture sociale. Rien n'indique des établissements scolaires, de santé et autres infrastructures socioéconomiques si ce n'est les banques et les postes de police « du tourisme ». Jeunes et moins jeunes s'occupent, comme ils peuvent, dans le commerce des produits artisanaux. D'autres travaillent dans le transport individuel, ces taxis en majorité des 504 noires et blanches qui sillonnent la principale artère de la ville. Pour le taxi comme pour le commerce de l'artisanat, le racolage est omniprésent. Aux côtés des cabarets, des casinos, des bars restaurants, tous aussi récents les uns que les autres, et des hôtels, foisonnent les banques et bureaux de change.Très discrets dans leur contact avec les touristes, des jeunes proposent quelques menus objets souvenirs ou tout ce qui a trait à l'histoire pharaonique, hébraïque et chrétienne. « Il ne faut pas vous fier aux apparences. Les gens qui travaillent dans les hôtels et autres structures touristiques sont sous-payés ou mal payés. La plupart d'entre eux viennent de loin et vivent seuls. C'est pourquoi, exception faite des touristes, la circulation piétonnière n'est pas importante. » « La majorité de la population active est sans emploi ou vit du commerce de l'artisanat », avoue Ahmed Mahammed Z. vendeur de statuettes pharaoniques et autres liées à l'histoire de l'Egypte ancienne. A Charm El Cheikh, les femmes du terroir sont pratiquement inexistantes. Elles n'apparaissent ni le jour ni la nuit. Ce qui a fait dire à un des participants à la rencontre HP : « Exception faite de celles qui animent les lieux de consommation, il n'y pas de femmes même bédouines dans cette ville. Les Charmoises n'existent pas, tout autant que les enfants. » Les attitudes et les comportements préconçus y sont autant responsables que le manque d'instruction et de qualification professionnelle. Les seuls Egyptiens à avoir du travail à Charm El Cheikh sont employés par les complexes hôteliers, casinos, le transport touristique, les caravanes, les bateliers. Les autres sont contraints à des travaux manuels et fastidieux. Mais même à ce niveau, il n'est pas facile de trouver un poste de travail. Elles sont belles et jeunes au corps élancé. Elles symbolisent Charm El Cheikh by night. Pour les milliers de touristes qui y séjournent quotidiennement en provenance de tous les pays de la planète y compris du pays du Soleil-Levant très nombreux, strass, froufrou, corsage très échancré, hanches en émoi, les danseuses du ventre et des chanteuses dépassent rarement les 25 ans d'âge. Elles viennent d'autres villes égyptiennes : du Caire, d'Alexandrie ou de Port Saïd. Leurs rêves sont à la fois prosaïques, poétiques, souvent érotiques. « Jolie ville » est leur antre. Ces bouts de femmes aux seins presque nus bardés de strass, armées de leurs faux cils et de leur bas résille, dansent et chantent jusque tard dans la nuit aux rythmes de toutes les musiques du monde. Elles partent à la conquête de la nuit avec, pour seule arme, leur corps de gazelle qui ondule sous la lumière des projecteurs. Pour l'étranger, elles représentent un certain art de vivre à l'égyptienne. Charm El Cheikh by night, même côté coulisses, cherche des étrangères pour aller au secours des valeurs égyptiennes qui se perdent. Et ce sont les Syriennes, Libanaises, Marocaines, Algériennes et Tunisiennes qui animent, dansent et font rêver avec leurs danses avec effet pharaonique. Il y a de toutes les couleurs, de tous les niveaux sociaux et intellectuels. La plupart des danseuses croient que le monde du strass qu'elles côtoient nuit après nuit supprime le stress. Leur jour à elles commence à 21 h pour s'achever aux premiers rayons du soleil pour un cachet souvent moins élevé que du temps où les danseuses valaient leur pesant d'or en Egypte. « Les Egyptiennes n'ont plus la cote auprès des directeurs de cabarets, d'hôtels et de casinos », affirme Hind, une Marocaine aux grands yeux noirs, à la voix sensuelle. « Les danseuses égyptiennes ont la réputation d'être indisciplinées et d'avoir une mauvaise oreille musicale », ajoute-t-elle.
Des tenues transparentes qui collent à la peau
Les danseurs hommes ont pénétré cette pratique artistique qu'est la danse du ventre. Hassen, 25 ans, des traits de mâle que consolide un petit bouc au menton, en est un. « La danse du ventre est ma passion. Je l'ai apprise aux côtés de grands noms du monde artistique égyptien. J'en ai fait mon gagne-pain avec chaque soir des représentations aux côtés de mes jeunes camarades filles », avoue-t-il. C'est dans le somptueux décor du complexe hôtel du Movenpïck à Jolie Ville que, dans un style très différent et sous des tenues transparentes qui collent à leur peau, des danseuses se contorsionnent comme des serpents. Les gestes et les mouvements du corps sont très subjectifs. Dans le groupe des danseurs (quatre jeunes filles et un homme), chacun trouve son content de rêves en se déhanchant au rythme langoureux et combien sensuel.Que ce soit à Jolie Ville, Movenpïck, Marott ou dans d'autres luxueux hôtels, l'on a une appréciation unanime des charmes qu'offre la ville des Charm El Cheikh. Les danseurs et les danseuses apprécient l'intimité qui rompt avec l'anonymat d'une chambre d'hôtel de bas étage. C'est ce que chacun d'eux peut s'offrir quand, au lever du jour, lorsque fatigués par toute une nuit de danses et de chants, ils croulent sous la pesanteur de leur corps lassé. Charm El Cheikh, c'est également l'ancien port militaire de Marsa Baraka qui, à la fin des années 1980, est devenu Charm El Maya, un port civil. Il y a également Traveco Marina où lancent leurs amarres, plusieurs dizaines de petits paquebots de croisière. Situé à une quinzaine de kilomètres de la ville de Charm El Cheikh, Traveco Marina est un petit port touristique. Outre les paquebots, l'on y loue des équipements de plongée sous-marine. Le climat sec et agréable, la propreté des plages attirent quotidiennement un grand nombre de touristes à la recherche d'une mer à l'eau cristalline, calme et poissonneuse. Ras Mohammed, le parc national, est très sollicité pour ses eaux poissonneuses et ses hôtels haut de gamme. Dans le monde des pêcheurs, des matelots et des armateurs, les « effendem », « bey », « pacha bey », « oustade » forment le jargon de tout instant des animateurs locaux de Traveco Marina. Dans ce jargon, l'on décèle comme un faisceau des misères sur les épaules fracassées des matelots et des marins. Ils ont principalement pour activité, de préparer les bouteilles à oxygène et autres équipements destinés à la plongée sous- marine, d'approvisionner en denrées alimentaires les paquebots de croisière en partance pour des excursions touristiques en mer. Sur cette marina, il y a un des plus grands marchés de misères de toute la région. Il s'étend jusqu'à Akaba et le mont du Sinaï. Tout est uniformité, tant et si bien que la beauté du site qui s'offre aux yeux des visiteurs s'en trouve polluée. Paysage extraordinaire submergé par une inondation d'habitations d'un blanc maculé. Ici, comme dans la ville à quelques kilomètres de là, l'ancienne magie des pharaons s'est métamorphosée en immensité de banalités. A la Traveco Marina, l'on entend des piaillements, vagissements et des criaillements lancés par des touristes en provenance de plusieurs pays du monde. C'est là, en cette journée de fin de mois de janvier, à moitié nus ou en demi-manches, des femmes et des hommes surgissent des hôtels pour se réchauffer aux rayons du dieu Ra.


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