C'est un ton quasiment guerrier que le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a utilisé, dimanche, lors de la célébration de l'anniversaire de la mort de l'imam Khomeiny, le fondateur de la République islamique. Le guide suprême a menacé de faire « retomber la foudre sur la tête de l'Etat hébreu » en cas d'attaques militaires contre le programme nucléaire de son pays. « Si les dirigeants sionistes parlent d'action militaire, c'est parce qu'ils sont terrifiés (...) et plus vulnérables que jamais », a-t-il lancé, en jurant de s'en prendre également aux bases américaines dans la région, et même de fermer le détroit d'Ormuz, où transite un tiers du trafic pétrolier maritime mondial. Les déclarations musclées du grand Ayatollah font écho aux informations rapportées par le Der Spiegel, selon lesquels l'armée israélienne a mis les bouchés doubles en vue d'une imminente intervention. Selon l'hebdomadaire allemand, Israël est en train d'équiper des sous-marins fournis par l'Allemagne avec des missiles de croisière à têtes nucléaires. A quatre jours d'une nouvelle réunion à Vienne (le 8 juin prochain) avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M. Khamanei a accusé les Occidentaux d'agiter « le mensonge » du danger nucléaire iranien « uniquement parce qu'il ont peur de l'Iran islamique », a-t-il expliqué. « Les cercles politiques et les médias internationaux disent que l'Iran nucléaire est dangereux. Je dis que c'est un mensonge. Ce dont ils ont peur, ce n'est pas de l'Iran nucléaire, mais de l'Iran islamique », a-t-il précisé. Le patron de l'AIEA, M. Yukiya Amano a sommé hier, à l'ouverture d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'agence onusienne, les autorités iraniennes de signer et mettre en oeuvre rapidement un accord sur une « approche structurée » pour clarifier la nature du programme « controversé » et, surtout, permettre « un accès rapide au site (militaire) de Parchin » soupçonné d'abriter une industrie nucléaire à caractère militaire. M. Amano n'a pas manqué de critiquer Téhéran qui « n'apporte pas la coopération nécessaire permettant à l'agence de (...) conclure que tous les matériaux nucléaires en Iran sont utilisés à des fins pacifiques. » Réussira-t-il, néanmoins, à convaincre les négociateurs iraniens après l'échec d'une récente rencontre avec le Groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) à Baghdad ? En tout cas, l'Ayatollah Khamenei affiche une détermination sans faille à poursuivre la politique nucléaire de son pays. L'Iran ne « s'arrêtera pas sur la voie du progrès politique scientifique ou technologique », a-t-il lancé. La preuve : le ministère iranien de la Défense a annoncé hier, l'ouverture prochaine d'un nouveau centre spatial iranien pour le lancement de satellites fabriqués par l'Iran et d'autres pays musulmans. Devant l'« impuissance » des Occidentaux, le président russe, Vladimir Poutine tente de débloquer la situation à quelques jours (18 et 19 du mois en cours) d'un nouveau round de négociations à Moscou entre l'Iran et le groupe des 5+1. Hier, à l'issue d'un sommet Russie-Union européenne, qui s'est tenu à Saint-Pétersbourg, le président de l'Union européenne, Herman van Rompuy, a souligné que Bruxelles et Moscou étaient « d'accord sur le besoin urgent d'empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires ».