Un don découvert par l'oncle à 4 ans, conforté par une formation aux beaux arts, a fait de la passion une histoire jalonnée de belles réussites qui s'étalent sur 20 ans. Ne dit-on pas que c'est le bel âge pour l'homme ? Il l'est certainement pour le plasticien et sculpteur Mohamed Azzoug qui a décroché le Prix du meilleur artiste étranger, au Grand concours international d'arts plastiques « 25e Aigle de Nice International » organisé le 22 novembre dernier. Seul Arabe à ce concours qui a vu la participation de plus d'une centaine d'artistes issus de diverses régions du monde et organisé dans « une ville célèbre depuis longtemps pour son amour des arts plastiques où de grands artistes, à l'instar de César et Bernard Venet, y on vécu », Mohamed Azzoug a subjugué le jury et suscité l'admiration des visiteurs avec l'œuvre présentée : « Le portrait d'un Targui en costume traditionnel. » Outre l'émerveillement qu'a suscité le personnage, c'est aussi la technique utilisée qui a intéressé les visiteurs et le jury. « La technique que j'ai mise au point et développée depuis une dizaine d'années se base sur l'utilisation du henné qui a permis de rendre l'œuvre très proche du réel avec un sentiment d'ancienneté » a-t-il expliqué. L'image du Targui est, pour notre interlocuteur, « un sujet qui a intéressé les visiteurs avides de connaître la culture et les traditions de l'Algérie ». Un émerveillement qui réconforte le sentiment de Mohamed Azzoug puisqu'il avoue : « Il est important de se pencher de plus en plus sur notre histoire, nos traditions et nos coutumes dans la réalisation des toiles et ne plus se focaliser seulement sur la lutte armée et le colonialisme. L'Algérie a existé depuis des millénaires. » Hommage à l'oncle Fier de représenter son pays dans des manifestations culturelles et artistiques internationales de haut niveau, l'artiste Mohamed Azzoug veut, à travers ces participations, rendre hommage à son oncle, artiste peintre, qui l'a initié. « Mort à l'âge de 31 ans, mon oncle aurait certainement continuer à me soutenir et à me former. Il m'aurait demandé de continuer et de persévérer davantage dans ma passion. Ces participations sont aussi les siennes. » La consécration de cet artiste designer, graphiste, sculpteur et céramiste, né le 5 décembre 1973 à Alger, couronne un long cheminement. Il compte plusieurs expositions individuelles dont une, en 2006, avec pour thème « Envoûtant voyage » au centre culturel algérien à Paris. D'autres participations à des expositions à l'Ecole supérieure des beaux-arts d'Alger (1994-1996), au palais de la culture d'Alger (2002), à la galerie Mohamed Racim (2003), à Boussaâda en hommage à Nasr Eddine Dinet (2003), au théâtre Divadlo Pod Palmovka, Prague (2012), au Grand événement international d'arts plastiques dans l'Orne, à l'Atelier Balias-château de Serans (Normandie, France (2013), au Colloque international sur l'Emir Abdelkader et le droit humanitaire international à Alger (2013), témoignent de son riche parcours. En 2008, il réalisa le trophée du « meilleur roman » du Salon international du livre d'Alger. Le peintre déplore « l'absence d'espaces pour exposer, montrer ses œuvres et son travail. Où peut- on découvrir ces artistes anonymes, méconnus qui réalisent un travail admirable ? La culture n'est-elle pas le pilier de la société ? », s'interrogera-t-il. Pour Mohamed Azzoug, la consécration n'est pas une fin en soi puisque des projets sont en élaboration. Il exposera au mois de mai prochain dans la ville de Nice puis en juin au Japon. En septembre 2014, c'est une exposition au centre culturel algérien à Paris qui est en voie de préparation.