Dans une déclaration à l'APS, Safou Mohamed de la faculté de droit et des sciences politiques à l'université Mohamed-Benahmed d'Oran a souligné que les amendements renforçant le rôle du Conseil constitutionnel en tant qu'instance de contrôle de la constitutionnalisation des lois et des résultats des élections sont en soi une « révolution du point de vue juridique ». Ce maître assistant en sciences politiques a estimé que ces amendements constituent une « révolution sur nombre de critères dont l'augmentation de l'effectif de la composante du Conseil de 9 à 12 membres leur permettant d'exercer totalement leurs prérogatives et la jouissance d'indépendance financière et administrative ». « L'exigence d'une expérience d'au moins 15 ans dans l'enseignement supérieur en sciences juridiques pour faire partie du Conseil constitutionnel permettra à cette instance de disposer de compétences en mesure d'exercer un contrôle en toute indépendance et liberté », a-t-il ajouté, soulignant que « sans l'attribution de telles prérogatives au Conseil constitutionnel, la Constitution n'aura qu'une simple valeur symbolique ». L'universitaire Bousmaha Nasrediine, spécialiste dans le droit commun à la même faculté, a salué l'exigence de hautes qualifications juridiques des membres du Conseil constitutionnel, estimant que cette condition est « très importante car le Conseil constitutionnel a pour mission de statuer sur des questions purement juridiques qui relèvent de compétences dans les domaines juridique et judiciaire ». « Ce qui est suggéré pour le Conseil constitutionnel dépasse ce qui a été demandé, à la lecture des propositions formulées », a-t-il soutenu. Le contrôle constitutionnel dépendra, selon lui, de la personnalité des membres qui seront élus et désignés, de leur formation, de leurs compétences, de leurs convictions juridiques et de « leur indépendance qui est garantie par la Constitution et non pas par rapport à des considérations politiques ». Bousmaha a également indiqué que ce que propose le projet de révision de la Constitution est considéré comme suppléments nouveaux qui n'existaient pas et qui interviennent pour renforcer l'opposition et les pouvoirs exécutif et législatif et exigent des institutions de contrôle d'assumer leur rôle. Pour sa part, l'universitaire Draou Toufik, spécialiste en droit constitutionnel à la faculté de droit et sciences politiques d'Oran, s'est félicité des amendements contenus dans le projet de révision de la Constitution, qualifiant d'« acquis fondamental » le renforcement du Conseil constitutionnel en matière de contrôle, qui est une revendication de différentes parties consultées. Il a expliqué que la mouture de révision constitutionnelle a élargi la notification qui était concentrée sur les pouvoirs législatif et exécutif, soulignant qu'il est possible d'aviser le Conseil constitutionnel sur la base d'un renvoi de la Cour suprême ou du Conseil de l'Etat, ce qui prouve, selon lui, que les autorités sont ouvertes et prennent en considération les propositions des parties consultées.