Nul besoin d?un local pour faire du commerce, il suffit juste de faire comme Sofiane. Ce jeune «chômeur» de Bab El-Oued, âgé de 24 ans, a finalement trouvé un filon lui permettant d?exercer une profession sans avoir à déployer de gros moyens, se contentant juste de se lever tôt le matin pour prendre sa place au café L?Equipe de Bab El-Oued. Comme un fonctionnaire, il se rend tous les jours sur son lieu de travail où il se saisit de sa chaise «porte-bonheur» comme il l?appelle pour ne plus la quitter durant toute la journée. Un mobile dans chaque poche, il attend l?offre la mieux disante. A 9h, l?établissement est déjà bondé. La plupart des présents sont des habitués des lieux, donc anciens clients de Sofiane. «Si ce n?est pas pour eux qu?ils achètent un mobile, c?est pour un ami ou un membre de la famille», dira-t-il. Maîtrisant parfaitement le langage du mobile, il peut vous tenir une discussion dans le domaine durant des heures. Pourtant, ce n?est que depuis l?ouverture du marché des télécommunications en Algérie à la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile que Sofiane exerce cette fonction. Ancien émigré clandestin, il a été expulsé de France en 1999. De retour malgré lui dans son pays, il connaîtra des moments difficiles comme la plupart de ses «copains» de quartier chômeurs. Ainsi, il reviendra vers son ancien gagne-pain d?avant harraga, à savoir le trabendo. Une occupation qui l?obligera à renouer avec la dlala de Bab El-Oued et surtout avec le café L?Equipe. Des endroits dont il croyait s?être débarrassé pour toujours «si le sort n?en avait pas décidé autrement», regrette-t-il. Ses clients, pour leur part, l?affectionnent pour son honnêteté. En effet, «jamais un acquéreur n?est revenu vers moi pour me reprocher de lui avoir cédé un appareil Taiwan», dira-t-il. Ainsi, satisfaits, ses clients parlent de lui à leurs connaissances qui, une fois décidées à acquérir un mobile, vont directement vers Sofiane. Pour le trouver, il suffit juste d?aller vers son échoppe sise au café L?Equipe à Bab El-Oued.