Résumé de la 6e partie ■ Le père de Salim et celui de Karima se rencontrent enfin au domicile du second pour discuter de la proposition de travail. Karima vit son père se racler la gorge. Signe qu'il s'apprêtait à dire quelque chose d'important, et pour cela, il voulait que sa voix soit la plus claire possible. Puis, il répondit à la proposition de son gendre : — Je te remercie d'avoir pensé à moi, mon frère... — Mais c'est tout naturel... Pour te dire la vérité, j'ai pensé à toi, depuis le jour où je t'ai connu. Mais à ce moment-là, tu travaillais et je me suis interdit de te perturber. Je me suis dit que tu finirais par en avoir marre du secteur public et que tu demanderais à partir en retraite anticipée. — Ce jour est venu... — Mabrouk aâlina tous les deux ! s'exclama Mourad avec un humour douteux qui n'avait pas plu à Salim, ce qui le fit grimacer. Hamid se gratta le menton et répondit : — Je me dois d'être sincère avec toi, mon frère Mourad. J'ai toujours travaillé dans le secteur public. Un secteur où nous n'avons pas appris à être compétitif... Un secteur où les performances sont loin de constituer notre principal souci. — C'était quoi le principal souci ? s'enquit Mourad. — Tu ne vas pas me faire croire, khouya Mourad que tu l'ignores ? Notre seul souci était la fin du mois, les primes de rendement individuel et collectif, les rappels et les congés. C'est pour cette raison que je suis en train de me demander si je suis vraiment l'homme que tu cherches. — Ah ! Mon frère Hamid, je te l'ai déjà dit au début ; tu appartiens à l'ancienne école. Je suis certain que tu feras l'affaire. Je suis certain que tu es très compétent et que c'est d'ailleurs pour cette raison que tu fais partie des gens qui ont été «compressés». C'est le monde à l'envers maintenant. Hamid ne répondit pas. Il devait penser la même chose, se dit sa famille qui le regardait de loin et qui attendait sa réponse. Celle-ci finit par arriver. — Nous allons faire un essai... Un essai d'une semaine. — Non, Hamid, tu ne fais pas d'essai ! Tu commences à travailler. Si tu veux dès après-demain, samedi. Tu me trouveras au bureau... Nous tiendrons une petite réunion de travail. Et tu commences... Pour ton salaire... — Oh ! s'il te plaît, Mourad... chaque chose en son temps... Tu ne sais même pas de quoi je suis capable. (A suivre...)