À Tébessa, un malaise silencieux prend de l'ampleur. Obésité, surcharge pondérale, stress chronique, maux de tête et fatigue persistante : autant de troubles qui touchent de plus en plus de femmes, dans une indifférence quasi générale. Derrière ces symptômes, un constat alarmant s'impose : le manque criant d'espaces de loisirs, de détente et d'activités sportives dédiées. Dans cette ville pourtant importante de l'Est algérien, les infrastructures permettant aux femmes de se ressourcer ou simplement de respirer font défaut. Des femmes enfermées dans un quotidien étouffant réduites, pour beaucoup, au rôle de « machines de la cuisine », les femmes vivent un quotidien répétitif, souvent cloîtrées entre les quatre murs de leur maison. Cette sédentarité forcée favorise non seulement la prise de poids, mais aussi un mal-être psychologique profond. Les femmes au foyer, mais aussi les casanières par contrainte sociale ou manque d'alternatives, peinent à trouver un équilibre de vie. « On ne sait plus à quel saint se vouer », confient certaines, désabusées face à l'absence totale de perspectives de loisirs. La situation est encore plus critique pour les femmes retraitées. Après plus de 30 ans de travail, elles se retrouvent brusquement livrées à l'ennui et à l'isolement. Sans structures d'accueil, sans clubs, sans activités adaptées, elles sombrent progressivement dans l'inactivité, avec des conséquences directes sur leur santé physique et mentale. Une ville sans espaces dédiés aux femmes À Tébessa, aucun espace digne de ce nom n'est véritablement réservé aux femmes pour pratiquer du sport ou participer à des activités récréatives. Cette carence accentue les inégalités et prive toute une frange de la population de son droit au bien-être. Il est aujourd'hui difficile de ne pas pointer du doigt le désintéressement des responsables locaux face à cette réalité. Dans une société où la femme joue un rôle central, la négliger revient à fragiliser tout l'équilibre social. Créer des espaces de loisirs, encourager le sport féminin, mettre en place des centres de détente et de rencontre : autant de solutions urgentes pour redonner souffle et dignité à ces femmes oubliées.