Résumé de la 1re partie ■ Cette laideur que certains avaient entrevue et les mensonges qui disaient que le prince assassinait ses épouses, l'avaient fait nommer Barbe bleue... Les peines d'argent se réparent mais repoussent rapidement comme repousse le chiendent. Le père avait re-proposé le marché à son bienfaiteur ainsi qu'à sa fille cadette. Et, comme la fois précédente, l'échange s'était déroulé comme il avait été prévu. Le père avait beaucoup reçu. Quant à la fille, on n'en avait plus jamais entendu parler. Il ne restait que la dernière pour réparer les grosses dettes de son père. Et ce fut pour cette raison que la benjamine accepta. En chemin, elle rencontra cette si vieille lavandière que ses sœurs avaient délaissée. Elle l'aida à transporter son linge si sale et si lourd. Et elle reçut en cadeau, dans une noix, trois robes magiques à porter si elle se trouvait en danger. Elle entra dans le grand château et laissa son père emmener l'argent qu'il s'en était venu chercher. Le prince accueillit sa nouvelle épouse. Il redoutait son arrivée. Il lui fit visiter les pièces que cette maison contenait et il lui en donna les clés. Mais pour la dernière d'entre elles, il la pria, la supplia de ne jamais l'utiliser, cette clé était une fée. Puis il partit. Il le fallait. Et tout en partant se cacher dans une secrète caverne, il revoyait en son esprit ce qui s'était déjà passé et allait se renouveler. Elle utiliserait la clé, ouvrirait la porte interdite. Y découvrirait le secret qui avait assombri sa vie et qui l'assombrirai encore. Elle découvrirait les corps de ses deux imprudentes sœurs, et ceux des femmes précédentes meurtris, battus, et torturés, devenus bleus comme lui-même. Elle les verrait entassés dans ce puits au cœur du château. Elle allait entendre des cris, des hurlements de toute part. Ce serait les cris de la clé, ceux de la hache et de la meule qui, depuis sa plus tendre enfance, jalousement le torturaient. C'étaient les fées de ce palais, jalouses, cruelles, furieuses. Elles le tenaient enfermé dans ses vêtements de tortures de pierre, de bois, de fer pour qu'il ne leur échappe pas. Et cette si gentille épouse que le sort lui avait donnée, si jeune, si douce, si bonne, elle aussi serait condamnée comme l'avaient été les autres. Mais voilà que, dans sa poitrine, le prince se sentit gagné par une très grande espérance. Ce qui s'était toujours passé n'allait pas se renouveler, il en était presque assuré et un doux sommeil le prit. A suivre'