Résumé de la 2e partie ■ La jeune épouse du prince était si gentille et si douce qu'il souhaitait qu'elle soit épargnée du mauvais sort subi par ses autres épouses. C'étaient les fées de ce palais, jalouses, cruelles, furieuses. Elles le tenaient enfermé dans ses vêtements de tortures de pierre, de bois, de fer pour qu'il ne leur échappe pas. Et cette si gentille épouse que le sort lui avait donnée, si jeune, si douce, si bonne, elle aussi serait condamnée comme l'avaient été les autres. Mais voilà que, dans sa poitrine, le prince se sentit gagné par une très grande espérance. Ce qui s'était toujours passé n'allait pas se renouveler, il en était presque assuré et un doux sommeil le prit. Pourtant tout se passa ainsi que ce que le prince avait craint jusqu'au moment où les trois fées se jetèrent sur la nouvelle. Elle chercha comment s'enfuir. Elle découvrit une porte, que les autres n'avaient pas vue, une autre porte mais sans serrure, une toute petite porte. Elle l'ouvrit, passa derrière et la referma derrière elle. Les cris cessèrent. Elle était sauve. Devant elle, dormait le Prince sans sursaut, très paisiblement. Mais son corps était gigantesque aussi grand et aussi paisible que le pays qui entourait son château extraordinaire. Et ce château était son cœur. Et sa poitrine la forêt qui respirait comme la mer. La rivière le traversait. Et au bord de cette rivière se trouvait une lavandière qui faisait blanchir des chemises qui, toutes, étaient tâchées de sang. L'une des chemises tomba dans la rivière. La mariée poussa un cri et le prince se réveilla. Aussitôt, il redevint monstre, aussitôt reprirent les cris de la clé, la hache et la meule. La jeune fille se souvint des robes cachées dans la noix. Elle les mit l'une après l'autre. La première de ses parures était tissée de rayons de lune argentée. Les méchantes fées reculèrent. La deuxième de ses parures était tissée de rayons ensoleillés d'or. Les fées reculèrent encore. Et la dernière était tissée de lumière d'étoiles brillantes. Les dents des fées s'entrechoquèrent. L'épouse était devenue fée. Elle se tourna vers le prince et ordonna : — Enlève ton manteau de pierre ! Le prince enleva ce manteau, elle ôta sa robe de lune. La meule tomba en poussière. — Enlève ton manteau de bois ! Le prince enleva ce manteau, elle ôta celle de soleil. La hache se désintégra. — Enlève ton manteau de fer ! Le prince enleva ce manteau, elle ôta sa robe d'étoiles. La clé se tordit, s'effaça. Tout était désensorcelé.