Résumé de la 2e partie ■ C'est ainsi que ce chat rusé qui avait déjà emporté la poule, la chèvre et le chien, priva aussi son pauvre maître de ce qui lui restait de bon mais en échange lui obtint, cette fois, l'amitié du roi... Le chat indiqua le chemin, le beau carrosse le suivit. Ils traversèrent de grands prés où paissaient de nombreux troupeaux, traversèrent des champs de blés qui seraient bientôt moissonnés, découvrirent un grand château où flottaient de jolis drapeaux. Et à chaque fois que le roi admirait toutes ces merveilles il demandait à son ami si ces merveilles étaient à lui, le marquis lui répondit : — Oui ! Et le roi s'en émerveillait. Il s'était pourtant renseigné mais tous les gens interrogés en voyant les soldats du roi avaient dit : — Oui ! Oui, c'est à lui ! Le chat les avait menacés : — Si vous ne dites pas : Oui ! Oui, c'est à lui ! Nous vous ferons hacher menus comme chair à pâté de chien. Alors ils s'y étaient tenus. Les propriétaires du château – qui étaient de fieffés coquins et avaient des crimes à cacher – avaient aussi répondu : — Oui ! Ils avaient aussi demandé la permission de déguerpir, ce que le chat leur accorda avec un extrême plaisir. On est toujours content de voir des voleurs se trouver privés de ce qu'on aimerait avoir qui nous a toujours échappé. Un repas étant préparé on s'installa pour le dîner. Le roi demanda au marquis : — Voulez-vous épouser ma fille ? Elle aime beaucoup votre chat. Et le marquis répondit : — Oui ! Et lorsqu'avant de rendre l'âme, le roi demanda au marquis s'il voulait bien le remplacer, le beau marquis de Carabas répondit : — Oui ! Comme le chat lui avait dit. C'est ainsi que ce chat rusé qui voulait du bien à son maître fit d'un pauvre gars un marquis, un époux comblé et un roi. Mais le conte n'est pas fini et c'est très triste et c'est dommage ! Un jour que le chat avait faim, le roi ne lui donnait plus rien. Il vint à la table du roi et lui demanda quelques miettes. Le roi ne lui en donna pas. Le chat alors l'interrogea : — Vous ne vous souvenez de rien ? Le roi, marquis de Carabas, ce qui veut dire n'importe quoi, pendant un moment reste coi. Mais, oubliant les conditions que lui avait données le chat, cette fois lui répondit : — Non ! Comme il n'en avait pas le droit. Et brusquement, comme en un rêve, tout s'effaça autour de lui : la table, le château, la reine et surtout son ami le chat.