Dossier L?affaire remonte à plus d?une année, lorsque la population a fermé la carrière, source de plusieurs maux. Hormis le déplacement des forces de sécurité dont la mission était de démolir la baraque de permanence des habitants opposés à la réouverture de la carrière d?agrégat de Melbou dans la wilaya de Béjaïa et qui a failli dégénérer en affrontements, rien de «sérieux» n?a été entrepris pour mettre fin à ce problème. En effet, c?est toujours le black-out total du côté des pouvoirs publics quant au devenir de ladite carrière, fermée par la population depuis maintenant une année en empêchant l?accès des engins au gisement. Cette affaire de carrière ouverte en plein espace habité et forestier qui a tant marqué l?actualité locale, continue de susciter l?indignation des citoyens, mais surtout du mouvement associatif. Les étapes et les opérations d?exploitation se font à ciel ouvert, ce qui provoque l?émanation de poussières, surtout en été. La situation du gisement, à une cinquantaine de mètres des habitations de Bouhiane et d?Aït Aânane a, selon les riverains, provoqué l?endommagement des maisons situées à proximité (fissures, carreaux brisés). Quant aux nuages de poussière et l?intense circulation des véhicules de transport sans couverture, ils ont entraîné le dépérissement des végétaux, la dégradation du site et des routes, des incendies fréquents en l?absence d?arrosage. Les contestataires parlent même de certaines maladies respiratoires chez les enfants. Ainsi, munis de tout un dossier (requêtes, correspondances, décision et photographies), les riverains comptent radicaliser leur mouvement après avoir épuisé tous les recours administratifs et les actions de rue. Dans une de leurs nombreuses lettres, ils déclarent : «Y a-t-il un Etat dans ce pays ?» Plus virulents, ils s?insurgent «contre le dédain dans lequel les institutions de l?Etat tiennent les requêtes légitimes de leurs administrés et contre leur abdication devant les intérêts particuliers». C?est pourquoi ils interpellent «les autorités en vue d?arrêter un massacre d?autant plus scandaleux qu?il est perpétré grâce aux moyens et facilités financières de l?Etat». D?ailleurs, un mémoire détaillé, photos et textes juridiques à l?appui, a été adressé aux autorités, dans lequel ils dénoncent la violation des lois et des règlements en vigueur. Et ce, en insistant sur la non-réalisation d?étude d?impact alors qu?elle est impérative. Par ailleurs, ils mettent à l?index les walis : l?ancien et l?actuel. «Comment le premier n?a-t-il pas exigé une étude d?impact avant son attribution, et le second ne l?a pas demandé bien qu?on la lui ait maintes fois sollicitée ?», se révoltent-ils. Sur le rapport de la sortie effectuée par la commission d?enquête le 3 août, les membres ont insisté sur l?application des mesures d?atténuation, dont six propositions. Une recommandation refusée par les riverains. Ce qui veut dire que pour ladite commission, sa fermeture ne pourra être la solution. D?ailleurs, dans une résolution consacrée à l?affaire, l?APW de Béjaïa confirme la dégradation et le déséquilibre de l?écosystème et estime que «les résultats de l?enquête administrative ne peuvent être fiables car elle est intervenue en un laps de temps réduit et en l?absence d?activité». C?est pourquoi, elle demande le maintien de la fermeture et exige l?affectation d?une deuxième commission tripartite : administration, élus et mouvement associatif et l?engagement d?un bureau d?études technique spécialisé.