La tradition du «messaharati», toujours largement observée dans le monde musulman, avait disparu à Acre dans le nord de la Palestine et c'est Michel Ayoub qui, il y a 13 ans, a eu l'idée de faire vibrer de nouveau le tambourin dans la vieille ville. C'était sa façon à lui d'entretenir l'héritage transmis par son grand-père. Il commence son tapage à 2h du matin en faisant résonner son tambourin dans les ruelles pavées d'Acre pour réveiller les musulmans qui observent le ramadan. «O, vous qui dormez, il existe un Dieu éternel», chante-t-il. Des habitants somnolents passent la tête par la croisée pour le saluer et lui signaler qu'ils ont bien entendu l'appel et vont préparer le «souhour». Mais Michel Ayoub n'est pas un «messaharati» comme les autres : il est catholique. Ce chrétien écoutait, dit-il, «la lecture du Coran tous les vendredis» au moment de la grande prière musulmane. La coexistence, le respect et la connaissance des autres religions, «on a grandi avec», poursuit-il. Acre est légataire de siècles d'histoire. Habitée sans discontinuer depuis l'époque phénicienne, elle fut une importante citadelle ottomane. La population de la ville d'environ 50 000 âmes comprend des juifs, des musulmans, des chrétiens et des bahaïs. Près du tiers des habitants sont Arabes, dans leur majorité musulmans. Michel Ayoub affirme «ne faire que son devoir en aidant nos frères musulmans qui s'infligent la faim et soif» pendant le ramadan. «Nous sommes une même famille. Il n'y a qu'un seul Dieu et il n'y a pas de différence entre les chrétiens et les musulmans», dit ce descendant de Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948. Egypte : la justice annule la rétrocession de deux îles à Riyad l Le conseil d'Etat égyptien, la plus haute juridiction administrative, a annulé ce mardi matin la rétrocession à l'Arabie saoudite de deux îles de la Mer rouge, contestant la validité d'un accord de démarcation des frontières maritimes signé entre les deux pays. La rétrocession de Tiran et Sanafir avait suscité un tollé et des manifestations contre le régime. France : la pollution de l'air responsable de 48 000 décès par an La pollution de l'air due aux particules fines est responsable de la mort de 48 000 personnes chaque année en France, ce qui en fait la troisième cause de mort évitable, derrière le tabac et l'alcool, selon une nouvelle étude rendue publique ce mardi matin. Les décès provoqués par cette pollution liée aux activités humaines (transports, industrie, chauffage avec des énergies fossiles comme le fuel, agriculture, etc.) correspondent à 9% de la mortalité en France continentale (hors Corse et outre-mer, soit près de 62 millions d'habitants), d'après une étude de Santé publique France. Ainsi, «le fardeau de la pollution de l'air se situe au troisième rang, derrière celui du tabac (78 000 morts par an) et de l'alcool (49 000 morts)», souligne le directeur général de cet organisme public, selon lequel il s'agit d'une «espèce de mortalité invisible». Cette pollution représente «une perte d'espérance de vie pour une personne âgée de 30 ans pouvant dépasser deux ans», souligne l'étude. La perte d'espérance de vie est, en moyenne, plus élevée dans les grandes villes (15 mois et plus), mais elle n'épargne pas les zones rurales (neuf mois). La carte des concentrations de particules fines montre qu'elles sont plus élevées dans de grandes zones urbaines, comme la région parisienne, le nord-est de la France et l'axe Lyon (centre-est) ou Marseille (sud-est). L'étude française confirme notamment l'étude européenne Cafe (Clean air for Europe) de 2000, qui évaluait à plus de 40 000 le nombre des décès liés à la pollution en France. USA : la canicule record tue 4 personnes et attise des brasiers l Le mercure est monté à des températures infernales dans le sud-ouest des Etats-Unis, entraînant la mort pendant le week-end d'au moins 4 personnes en Arizona et les incendies ont conti-nué à faire rage, entraînant des centaines d'évacuations. «Nous sommes près de battre nos records historiques» de chaleur, a indiqué hier, lundi, le porte-parole des pompiers, précisant que le précédent pic historique de chaleur datait de 1990, avec 50 degrés à Phoenix, et que le thermomètre est monté ces derniers jours à 49. Ailleurs, dans le Sud-Ouest du pays, les records ont déjà été dépassés, notamment dans le désert californien. Quatre randonneurs sont morts en Arizona à cause de cette vague de chaleur, dont une jeune femme de 28 ans lors d'une randonnée en vélo de montagne. Partie pour une expédition de deux heures et demie, elle était «expérimentée» et «avait beaucoup d'eau avec elle, mais elle a été submergée par la chaleur», a expliqué le porte parole des pompiers. A. Mesa, la victime avait 25 ans, a-t-il précisé. A Tucson, une adolescente de 18 ans, est décédée sur un chemin de randonnée après s'être perdue et avoir manqué d'eau. Trois Allemands, qui avaient commencé une marche tôt dimanche dernier se sont également retrouvés en difficulté. L'un d'entre eux est parvenu au bout de la piste de randonnée, mais le second, âgé de 57 ans, a été retrouvé mort sur un chemin. Le troisième, âgé de 33 ans, est toujours recherché par les autorités. Belgique : une fausse ceinture explosive retrouvée sur un suspect l Un homme portant une ceinture explosive factice, remplie «de sel et de biscuits», a provoqué une fausse alerte ce mardi matin à Bruxelles. Le jeune homme de 26 ans «est connu de la justice pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes psychiatriques», a expliqué le parquet, après son interpellation aux abords d'un grand centre commercial. Il avait lui-même contacté la police dans la matinée, affirmant avoir été enlevé et déposé sur place «avec une ceinture d'explosifs qui devait être déclenchée à distance par une tierce personne». Mais une fois localisé et interpellé, les démineurs n'ont retrouvé sur lui qu'une ceinture explosive factice «qui contenait du sel et des biscuits». L'alerte, déclenchée tôt dans la matinée, a été prise d'autant plus au sérieux que le centre commercial en question, City 2, faisait partie des sites mentionnés ces derniers jours dans les médias belges comme une cible potentielle d'attaques. L'homme arrêté s'était déjà distingué dans le passé en déclarant à la police «avoir été incité à partir rejoindre l'Etat islamique (EI) en Syrie». Il «fait actuellement l'objet d'une enquête approfondie visant à déterminer s'il est en lien ou non avec des faits de terrorisme», a précisé le parquet. Le coup de fil du suspect à la police, vers 05h30 du matin (03h30) puis la confirmation sur place qu'il portait une ceinture suspecte avaient mis les forces de l'ordre sur les dents. Espagne : démantèlement d'une gigantesque décharge de pneus l Des milliers de tonnes de pneus entassés sur plusieurs mètres de hauteur dans une décharge sauvage près de Madrid, décriée par les écologistes, ont commencé à être retirés hier, lundi, après un incendie ayant entraîné des émanations toxiques. Le gouvernement de Castille-La Manche, au centre du pays, où se trouve une partie de la décharge, a annoncé qu'il espérait retirer 10 000 à 12 000 tonnes de pneus, une opération qui pourrait prendre jusqu'à quatre mois. Ces pneus seront transformés «en combustible pour le système de climatisation des bâtiments publics du gouvernement régional», pour un coût estimé à quatre millions d'euros. Toutefois, seuls les pneus n'ayant pas brûlé seront retirés, aucune solution n'ayant été trouvée pour les autres. Un énorme incendie avait partiellement ravagé à la mi-mai dernier cette décharge sauvage de pneus usagés, la plus vaste d'Espagne, située à quelque 40 km au sud de Madrid, sur le territoire des communes de Seseña et de Valdemoro. Les pompiers avaient mis plus de trois semaines à éteindre le feu, qui dégageait un nuage de fumée toxique et avait obligé les autorités à évacuer des milliers de riverains et à fermer des écoles. L'incendie a ravagé entre 60 et 70% de la décharge. La décharge date des années 1990 et n'a cessé de s'étendre depuis. Elle a été déclarée illégale en 2003, mais rien n'a été fait pour enlever les pneus entassés sur près de 10 hectares, soit l'équivalent de 14 terrains de foot. EgyptAir : les familles des victimes du crash bientôt indemnisées l Les familles des 66 victimes de l'Airbus A320 d'EgyptAir tombé en mer Méditerranée il y a un mois recevront une première indemnisation de 25 000 dollars chacune, a annoncé hier, lundi, le président de la compagnie Safwat Mussallam. Cette somme ne préjuge pas des compensations financières qui seront versées ultérieurement par les assurances, en fonction des responsabilités des différents acteurs impliqués et qui doivent encore être déterminées par l'enquête, alors que les causes du crash demeurent inconnues. Le vol MS804 d'EgyptAir, qui reliait Paris au Caire, s'est abîmé le 19 mai dernier entre la Crète et la côte nord de l'Egypte, avec notamment 40 Egyptiens et 15 Français à bord, après avoir soudainement disparu des écrans radar. «Les assurances d'EgyptAir vont verser une compensation préliminaire de 25 000 dollars (plus de 22 000 euros) pour chaque victime», a indiqué Mussallam, précisant toutefois que ce versement se fera «après l'émission des certificats de décès et de la déclaration de succession pour chaque famille». Outre les 40 Egyptiens, dont les membres d'équipage, et les 15 Français qui se trouvaient à bord, l'avion transportait deux Irakiens, deux Canadiens, ainsi que des ressortissants d'Algérie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Tchad, du Portugal, d'Arabie saoudite et du Soudan. La commission d'enquête égyptienne a annoncé dimanche dernier avoir débuté l'exa-men des deux boîtes noires de l'Airbus A320, repêchées jeudi dernier avec la récupération des cartes mémoire.