Huis clos à l'entraînement d'hier : les vraies raisons    Les mises en garde de Gaïd Salah    De nouveaux noms transmis à la Cour suprême    Louisa Hanoune reste en prison    Des opposants accusent Sidi Saïd de vouloir renouveler son mandat    Les solutions en dehors de la justice    Amar Ghoul rattrapé par "son" autoroute    La rapporteuse de l'ONU demande une enquête sur "MBS"    La Russie et la Chine opposées à l'initiative américaine    L'Egypte accuse l'ONU de vouloir politiser le décès    Proposition de sortie de crise    Un mois pour reconquérir les Pyramides !    Que le spectacle commence !    Des arbitres européens pour superviser la VAR    Des finales explosives et des hommages    Le procès de Kamel Chikhi reporté au 3 juillet    Deux cas de triche    Un mort et trois blessés dans un accident de la route    Un étudiant palestinien poignardé par son compatriote    Les salariés dans le désarroi    Un secteur en quête de professionnalisation    Khalida Toumi et Abdelouahab Nouri convoqués par la justice    ACTUCULT    Le single de son album posthume depuis hier sur Youtube : Rachid Taha, cet «ambianceur» et «sapeur» africain    Exposition de Nawel Harkat à Constantine    Quand les oligarques et leurs mentors auront rejoint la prison d'el harrach, que restera-t-il à entreprendre en toute urgence !    Un préjudice pour les communes et un danger pour les automobilistes: Vol des couvercles d'égouts sur la voie express    St Germain (Aïn El Turck): Des habitants dénoncent la cruelle déchéance de l'Esplanade du 5 juillet    El Kerma: Un réseau spécialisé dans le vol des pièces détachées démantelé    L'Autre football    Groupe A : Egypte-Zimbabwe, vendredi à 21h00: Les Pharaons pour confirmer leur statut    MC Oran: Chérif El-Ouazzani grince déjà des dents    La Cour suprême ordonne le réexamen de l'affaire de l'autoroute Est-Ouest    Transport aérien: Le SNTMA parle de «climat de tension et d'injustice»    Une bien triste leçon égyptienne    De l'éthique du personnel politique    Présidentielle en Mauritanie: Ould Abdel Aziz quitte le pouvoir, mais pas la politique    Dr Berkani Bekkat, président de l'ordre des médecins algériens : "Nous n'avons plus le temps pour une Constituante"    Cameroun Entre répression et arrestations, les pro-Kamto continuent de résister    Le Pr Belmihoub Analyse l'impact du "Hirak" sur l'économie dans un entretien à l'APS : ''C'est le temps économique qui va s'aligner sur le temps ...    Organisation nationale des moudjahidine L'ONM appelle à un dialogue national avec la participation de tous    Marches des étudiants : Appel à des négociations sans les symboles du système    BCE : Draghi évoque une baisse des taux, Trump peste contre l'euro faible    Ouargla: Lancement des travaux d'aménagement du parc industriel de Hassi-Benabdallah    L'Iran et la Russie sont-ils les vraies cibles de l'attaque des deux pétroliers en mer d'Oman?    Prière funéraire à la mémoire de Morsi à Istanbul    Séance plénière consacrée auvote de deux projets de loi    "West Side Story" de Steven Spielberg dévoile sa première photo    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Pourquoi le trafic d'ivoire explose
Cornes de rhinocéros
Publié dans La Tribune le 20 - 04 - 2017

Le braconnage de rhinocéros a explosé ces dix dernières années. Un trafic criminel juteux entoure la corne de rhinocéros, ses fausses vertus thérapeutiques et le prestige qu'elle constitue en trophée de chasse. Il est temps d'agir pour sauver les 30 000 rhinocéros qui restent sur la planète.
Le braconnage de rhinocéros a explosé ces dix dernières années. Un trafic criminel juteux entoure la corne de rhinocéros, ses fausses vertus thérapeutiques et le prestige qu'elle constitue en trophée de chasse. Il est temps d'agir pour sauver les 30 000 rhinocéros qui restent sur la planète.
Un rhinocéros du zoo de Thoiry a été tué le 7 mars dernier ; sa principale corne a été sciée et volée. C'est la première fois qu'un rhinocéros vivant était abattu dans un zoo en Europe dans le but de dérober sa corne. La même semaine, en une seule journée, 13 rhinocéros ont été découverts morts en Afrique du Sud, abattus par des braconniers. En 2016, le nombre d'animaux tués s'est élevé à 1 054 individus. A titre de comparaison, en 2007, seuls 13 rhinocéros avaient été braconnés dans ce pays.
Il resterait, selon des comptages réalisés en 2015, moins de 30 000 rhinocéros dans le monde. On compte pour cet animal cinq espèces différentes : en Afrique se trouvent le rhinocéros blanc (environ 20 400 spécimens, dont 18 500 en Afrique du Sud) et le rhinocéros noir (5 200 spécimens, dont 1 900 en Afrique du Sud). En Asie subsistent le rhinocéros indien, qui vit en Inde et au Népal (3 500 spécimens), le rhinocéros de Sumatra (250 spécimens) et le rhinocéros de Java (50 spécimens seulement).
Chaque rhinocéros adulte peut porter jusqu'à quelques kilogrammes de cornes, selon son âge et son espèce, le rhinocéros blanc étant le plus pourvu (jusqu'à 6 kg). Le rhinocéros indien et le rhinocéros de Java n'ont qu'une corne tandis que les 3 autres espèces en possèdent deux.
Les rhinocéros africains (blancs et noirs) se trouvent principalement en Afrique du Sud, en Namibie, au Kenya et au Zimbabwe. Alors que seuls 62 rhinocéros avaient été braconnés sur tout le continent africain en 2006, ce chiffre atteint 262 individus l'année suivante et 1 090 individus en 2013 (dont 90% en Afrique du Sud).
En 2015, ce sont en tout 1 342 rhinocéros (blancs et noirs) qui ont été braconnés sur le continent africain. Ces dernières années, on a tué en Afrique du Sud autant voire plus de rhinocéros qu'il n'en naît naturellement dans le parc de Kruger et les fermes privées.
La corne de rhinocéros est utilisée dans la médecine traditionnelle asiatique pour soigner fièvres et maladies cardio-vasculaires ; elle est très prisée en Chine et au Vietnam ; plus récemment, on la trouve prescrite comme traitement anticancéreux ou aphrodisiaque.
Il n'existe toutefois aucune validation scientifique de telles vertus thérapeutiques. Mais ces croyances infondées favorisent une flambée de la demande de poudre de corne en Asie. Les prix grimpent toujours plus hauts : jusqu'à 60 000 dollars le kg… soit plus cher que l'or !
La corne de rhinocéros est en fait simplement composée de kératine agglomérée – une protéine présente dans les ongles des animaux et des humains – et de quelques acides aminés et minéraux, phosphore et calcium.
Selon l'ONG WWF, la demande de corne de rhinocéros a explosé au milieu des années 2000, tout particulièrement au Vietnam en raison de la parution d'informations selon lesquelles un officiel du gouvernement atteint d'un cancer serait entré en rémission grâce à son usage.
Il existe aussi une demande en Chine et à Hong-Kong pour confectionner des objets qui peuvent être des signes extérieurs de richesse (bijou, coupe libatoire) ; avant les années 2000, il existait de même un marché pour les manches de poignards (djamba) au Yémen.
Le commerce illicite des espèces sauvages constitue le 4e marché illégal au monde, après les stupéfiants, les produits contrefaits et la traite des êtres humains. Il concerne chaque année des dizaines de millions de spécimens d'animaux et de plantes. En 2014, on a estimé sa valeur entre 10 et 20 milliards de dollars.
Il existe aujourd'hui des preuves très claires que des groupes du crime organisé sont impliqués dans le braconnage du rhinocéros et le commerce illégal de ses cornes pour alimenter la médecine traditionnelle de certains pays d'Asie.
Ce commerce illégal est désormais l'une des activités criminelles les plus structurées auxquelles est actuellement confrontée la Cites - la Convention de Washington qui réglemente le commerce international des espèces -, aidée dans son combat par Interpol, Europol, l'OMD (Organisation mondiale des douanes) et l'Onudc (Office des Nations unies de lutte contre les drogues et les crimes).
Avant les années 2000, les pressions sur les pays consommateurs (Yémen, Corée, Taïwan et Chine) pour stopper ce commerce de cornes ont provoqué, jusqu'en 2007, une baisse du braconnage et une remontée des effectifs de rhinocéros en Afrique. Mais au milieu des années 2000, suite à l'émergence du marché vietnamien, le braconnage a repris de façon spectaculaire.
Selon l'Onudc, les principales cargaisons de corne proviennent, par ordre d'importance, d'Afrique du Sud, du Mozambique (où il n'y a plus de rhinocéros vivants mais où il y avait beaucoup de braconniers qui venaient sévir dans le parc Kruger sud-africain), du Zimbabwe et du Kenya.
Au début des années 2010, les Emirats Arabes Unis et l'Europe font office de plaque tournante : Prague a ainsi découvert en 2011 une filière de ressortissants tchèques chasseurs de trophées en Afrique du Sud qui les revendaient à leur retour à des commerçants vietnamiens.
De nombreux vols de cornes (90 entre janvier 2011 et juin 2012) ont également eu lieu dans des muséums et des salles des ventes partout en Europe, des méfaits perpétrés par la filière dite «irlandaise» des Rathkeale Rovers démantelée par Europol. Le Vietnam, la Chine et la Thaïlande sont, respectivement, les principaux pays importateurs de ces cornes volées.
Le commerce de la corne de rhinocéros est banni au niveau international depuis 1977 par la Convention Cites signée par 182 pays.
J. R.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.