La directrice de l'entreprise locale censée gérer ces espaces compte saisir toutes les parties concernées ou pouvant l'être : commune, services de police, wilaya pour les associer, voire en contraindre les responsables à prendre leurs responsabilités, pour qu'enfin l'Etat de droit ne soit pas qu'un concept mais une réalité Dans son dernier supplément «Sports» la Tribune avait abordé la gestion des espaces consacrés à l'activité sportive, des terrains naturels de proximité aux salles de sport appartenant aux privés, et la problématique liée à la qualité de leurs prestations. Dans le même processus et compte tenu surtout d'une démographie galopante, de la multiplication de nouvelles cités d'habitations, voire de nouvelles villes, s'imposait la nécessité d'accompagner ces mutations par la réalisation de nouveaux espaces sportifs de proximité adaptés. Dans la ville du Khroub, les pouvoirs publics locaux ont le mérite de s'être inscrits, même si cela s'est fait avec un énorme retard, dans cet incontournable besoin sauf qu'il n'a pas été réglementairement accompagné dans la mesure où nous avons appris, au cours de la matinée d'hier, de la première responsable du secteur même, en l'occurrence Soraya Zebiri, la directrice de l'Epic chargée de la gestion desdits espaces, que les infrastructures publiques en question ne sont pas gérées par ses services. Pis, ils sont squattés par des individus qui les gèrent à leur convenance, autrement dit en les louant à des jeunes des quartiers contre une forte rétribution financière mensuelle. Celle-ci va de 2 000 à 2 500 DA le créneau d'une heure selon un programme au hasard préétabli et qui ne tient compte d'aucune logique. En fait, nous avons pris attache avec la première responsable de l'Oscult, l'Epic évoquée, à la suite d'une prise de bec entre deux jeunes, dont l'un s'est autoproclamé gestionnaire de deux terrains de proximité implantés à la cité des 1 039 logements. En réalité, si les deux terrains sont exploités depuis plus d'un mois, il est nécessaire de préciser qu'ils n'ont pas encore été réceptionnés officiellement malgré une première inauguration faite juste pour la forme le 1er mai dernier. Le «clash» entre les deux jeunes prendra de l'ampleur jusqu'à entrainer une rixe générale entre proches et membres des deux familles avec forces armes blanches, dont gourdins, sabres, crics, etc. en plus des courses poursuites dans la cité entrainant une panique générale qui contraindra certains habitants à évacuer leurs véhicules face aux risques de dégâts collatéraux. De ce qui s'est passé, notre interlocutrice jointe au téléphone n'avait jamais été informée et c'est dans cet ordre d'idées qu'elle nous dira qu'il s'agit là pour elle «d'un élément d'importance qui contribuera sans doute à un rapport» qu'elle était justement en train de préparer à l'intention du président de l'Assemblé populaire communale (APC). Nous aurons à mesurer avec elle durant notre entretien téléphonique sa grande solitude à gérer des infrastructures que «des élus attribuent de vive voix à de tierces personnes» et qu'elle, personnellement, en tant que responsable, avait été l'objet de «menaces» parce qu'elle voulait y mettre de l'ordre. Mlle Zebiri nous informera sur une pratique récurrente, celle qui consistait à la destruction des cadenas installées par ses services pour condamner tout indu accès à un espace donné et leur remplacement par d'autres (cadenas) du ponctuel exploitant. Tout cela sans que personne, tant parmi les responsables de l'exécutif que des élus et riverains, ne cille. «Personnellement, je ne vois pas d'autre moyens de parvenir à une maitrise de ce dossier s'il n'est pas pris en charge à bras-le-corps. A commencer d'abord par la désignation d'un gestionnaire qui en ait le profil, autrement dit qu'il soit diplômé du secteur des sports, lequel sera rétribué en tant que fonctionnaire. Quant au prix d'accès pour chaque créneau, celui-ci devrait être symbolique puisque ces espaces sont en général dédiés à des jeunes qui ne disposent pas forcément de moyens financiers, aussi dérisoires soient-ils. J'avais pensé également à confier cette gestion à une association mais j'ai eu la crainte d'y voir une dérive comportementale et, sans généraliser, le risque de dessous de table pour l'accord de créneau. D'ailleurs, certaines associations qui gèrent ces espaces pratiquent les mêmes prix prohibitifs que ceux qui squattent les autres.» La directrice de l'Oscult compte dans l'immédiat saisir toutes les parties concernées ou pouvant l'être : commune, services de police, wilaya pour les associer, voire en contraindre les responsables à prendre leurs… responsabilités pour qu'enfin l'Etat de droit ne soit pas qu'un concept mais une réalité. Elle reste de fait optimiste et espère que ce dossier simple et en même temps épineux trouve une solution radicale et surtout définitive, parce qu'en réalité il y va de la crédibilité même des institutions. A. L.