L'eau et l'exigence de prosternation    Appartenant à des hommes d'affaires condamnés pour corruption: Six sociétés nationalisées par l'Etat    L'été des émigrés    Hiroshima et Nagasaki : 06 et 09 août 1945 : Géopolitique de la terreur nucléaire (2/2)    Origine à déterminer    Impropres à la consommation: Plus de 120 kg de viande et produits alimentaires saisis    Oued Tlélat, Gdyel et Bir El Djir: 45 personnes interpellées par la police    Chute mortelle du 7ème étage d'un immeuble    L'écrivain Dib, la BNF et la terre algérienne    Quand la maintenance va, tout va durablement    GUERRE(S)...ET AMOUR    Man City : Mahrez pourrait être auditionné dans le procès de Benjamin Mendy    La négociation privilégiée par les deux pays    Ghali appelle à mettre un terme à l'obstination marocaine    Djamel Ould Abbes condamné à 3 ans de prison ferme    Le champion d'Afrique est algérien    Une sérénité nommée Madoui    Le PSV élimine Monaco    Les chantiers de la rentrée    Les nouveaux sillons    Quel impact sur la recomposition géostratégique mondiale?    Vacances à la belle étoile    2 quintaux de kif saisis par l'ANP    Le poteau de l'éternel problème    L'heure de la convergence patriotique    Loin d'être un discours de consommation    «Seul le droit international doit primer»    Un roman sur l'Algérie de 1920 à 1992    La «fleur du théâtre algérien»    L'occupant marocain encercle la maison de la militante sahraouie Meriem Bouhela    Le défilé militaire impressionnant du 5 juillet est "un message de fidélité" envers les Chouhada    Jeux de la Solidarité Islamique 2022 : Amine Bouanani (110m haies) décroche la première médaille d'or algérienne    Agrément à la nomination du nouvel ambassadeur d'Algérie auprès de la Côte d'Ivoire    Tennis-Coupe Davis (Groupe 3 / Zone Afrique): l'Algérie menée au score (2-0)    Benabderrahmane s'entretient en Turquie avec le Premier ministre palestinien    Les relations algéro-turques évoluent conformément aux orientations des Présidents des deux pays    Djamel Ould Abbes condamné à 3 ans de prison ferme    Accidents de la circulation : 61 décès et 1.831 blessés en une semaine    ANP: 5 éléments de soutien aux groupes terroristes arrêtés en une semaine    Partenariat AT-Kaspersky: une large gamme de produits pour garantir la sécurité des clients    Equipe Nationale: Yacine Adli a choisi l'Algérie    USM Bel-Abbès: En voie de disparition !    Mali: 17 soldats et 4 civils tués, 9 militaires portés disparus    Les détails de l'opération UGTA    Il y a deux ans, disparaissait Nouria, la "fleur du théâtre algérien"    Musée d'Oran: une exposition d'arts plastiques à la salle des Beaux arts    Journée nationale de l'ANP: Toufik, Nezzar et plusieurs généraux à l'honneur    Remaniement : le suspense est à son comble !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les folles nuits de Tamanrasset
Oumou Sangaré et Lambi Lanfa enflamment la scène du Festival des arts de l'Ahaggar
Publié dans La Tribune le 17 - 02 - 2010


De notre envoyé spécial à Tamanrasset
Abderrahmane Semmar
Tamanrasset, ces quatre syllabes évoquent désormais la fête, la transe, la folle ambiance et la joie de vivre. En vérité, le Festival international des arts de l'Ahaggar, dans sa première édition, a posé dès la soirée de lundi dernier ses premières marques indélébiles sur Tamanrasset, ville aux mille facettes dont l'atmosphère africaine embaume magiquement ses visiteurs qui ne restent guère indifférents aux charmes de cette cité à la beauté indomptable. Une beauté qui vient d'être aiguisée encore davantage par la grâce des concerts nocturnes organisés sur la place du 1er Novembre. Une place transformée à présent en lieu de pèlerinage pour les jeunes de la ville. Des jeunes si avides de cette fiesta qui, malheureusement, fait défaut à longueur d'année dans leur cité saharienne. Le rêve devient donc réalité et Tamanrasset rompt définitivement avec son étouffoir quotidien. Le Festival international des arts de l'Ahaggar a sonné le glas de cette époque sinistre.
Et pour commencer, c'est toute une invitation au bonheur, non ce n'est nullement une exagération, que le concert de la diva du Mali, Oumou Sangaré, a déposée au pied de la jeunesse de Tamanrasset lundi soir. Véritable voyage au bout du ravissement, le concert de la jelimuso, équivalent féminin du griot (jeli), malienne a mis tout bonnement le feu dans le cœur d'un public chaleureux composé qui plus est de nombreux subsahariens, Bambara, Haoussa, etc., lesquels n'auraient jamais cru que les musiques de leur pays s'inviteraient, et jamais clandestinement, avec les honneurs à Tamanrasset. Ce lundi soir restera donc éternellement gravé dans l'esprit des habitants de Tamanrasset. Et comment pourraient-ils oublier la beauté sublime d'Oumou, véritable bête de scène, sa voix qui donne la chair de poule, sa danseuse sensuelle qui exécutait des mouvements et des acrobaties à couper le souffle, ses musiciens de talent qui ont enflammé une Tamanrasset longtemps plongée dans la torpeur ?
Il a suffi à Oumou de chanter Seya (joie, en wassoulou), titre de son dernier album, pour que les esprits s'enivrent et que les corps chavirent dans la passion. Les rythmes traditionnels de la musique wassoulou irrigués de funk, la voix d'Oumou Sangaré toujours aussi majestueuse ont transporté le public de Tam dans un au-delà fait d'émerveillement. Et pourtant, comme à son habitude, Oumou Sangaré abordait dans son concert des thèmes sensibles comme les méfaits de la polygamie, l'amour, l'altruisme, le combat des femmes ou les mariages arrangés des adolescentes. Mais à aucun moment le public n'a ressenti la tristesse de ces thèmes tant le sourire splendide d'Oumou et son regard perçant fascinaient un public qui s'avouait vaincu par la féminité scintillante de la diva peule
du wassoulou. Ce même public s'est montré également sensible à la douleur de l'émigration chantée par Oumou dans Sukunyali, dont le beau rythme soninke va droit au cœur. Juste après, c'est l'indifférence des nantis qui est joliment dénoncée par Oumou avec Kounadya… chanson tendre avec des vocalises aériennes.
Au fur à mesure que le temps passe, le concert d'Oumou Sangaré invite davantage à la rêverie qu'à la danse. Sousoumba, Djigui et Mogo Kele, ces trois titres électrisés, finiront par faire basculer totalement la scène de Tamanrasset dans le délire et la liesse. «L'Afrique est pauvre, mais très riche en même temps. Non, vous n'êtes pas pauvres, vous êtes riches car vous savez comment devenir heureux. Chantons, dansons, montrons au monde entier comment nous pouvons être heureux. Travaillez dur pour arracher ce que vous voulez dans la vie car vous êtes riches, mais vous ne le savez pas», lançait à son public la diva Sangaré tout en scandant Yallah l'Afrique. Des appels auxquels le public répondra par des cris provenant de leurs tripes. Assurément, des générations entières se souviendront du passage d'Oumou Sangaré à Tamanrasset. Cependant, le public n'est pas resté sur sa faim après son éclipse.
Et pour cause, le jeune groupe Lambi Lanfa (le soleil se lève, mais se couche en gourmantché), a su magnifiquement reprendre le flambeau à la fin de la soirée juste après le passage tonitruant sur la scène d'Abdellah Mesbahi, le grand chanteur et poète targui de Djanet. Ce jeune groupe nigérien créé en 1988 n'a fait que verser davantage dans l'ivresse le public nombreux qui affluait de partout vers la place du 1er Novembre. Ce groupe dont la musique est jouée selon la conception du temps qu'ont les Gourmantchés, c'est-à-dire, associer le chaud et le froid pour trouver le temps qui convient à toute créature, a inondé la place de sensations fortes.
Les huit musiciens accompagnés de trois jeunes choristes-danseuses qui forment Lambi Lanfa ont fait réellement fort ce lundi.
Leur orchestration qui est basée sur des instruments traditionnels issus des airs haoussa (violon, kalangou), peulh (flûte), zarma (kountigui), calebasse (gourmantché) et guitare, n'a pas manqué de susciter l'admiration du public. De plus, la mélodie qui s'inspire des rituels traditionnels des groupes ethnolinguistiques du Niger est ponctuée sans cesse par les mouvements de hanche endiablés de deux danseuses et d'un danseur dont seuls les Gourmantchés ont le secret. Associant enfin tradition et modernisme, diversité culturelle et talent personnel, Lambi Lanfa a démontré devant un public acquis à leur cause qu'on peut trouver un style musical fusionnant traditions ancestrales et exigences d'un contexte mondialisant. Grâce à Lambi Lanfa, le spirituel et l'ambiance se sont mariés à merveille à Tamanrasset.
A. S.
Oumou Sangaré : «Les pays africains doivent s'inspirer de l'Algérie»
Oumou Sangaré n'a pas tari d'éloges sur cette première édition du Festival international des arts de l'Ahaggar. Rencontrée à la fin de son concert dans sa loge, elle nous a confié ceci : «J'ai des concerts dans le monde entier et je peux vous dire que l'organisation de ce festival est magnifique. Pour moi, c'est toujours important de se produire en Afrique. Cette fois-ci j'ai découvert qu'on peut organiser un festival comme partout dans le monde. C'est important de le savoir. Les autres pays africains doivent s'inspirer de ce qui se passe ici en Algérie. Je n'oublierai jamais Tamanrasset et son public chaleureux. De plus, il y avait beaucoup de Maliens présents ce soir. Croyez-moi, je suis émue et profondément touchée par l'ambiance de ce festival. Je reviendrai avec plaisir en Algérie.»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.