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Constantine se développe en faisant fi de son cachet architectural
Seuls les Ponts suspendus préservent encore l'identité de la ville
Publié dans La Tribune le 08 - 02 - 2012


Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi

La furie d'option de la modernisation des villes prend le dessus sur toute considération architecturale authentique. Au point de gommer les traits les plus signifiants de telle ou de telle cité. La ville du Vieux Rocher est un exemple éloquent de cette métamorphose depuis que les croquis des grands projets structurants s'y sont invités. Espaces publics dénaturés ou squattés, traces historiques liftées conjoncturellement pour éviter un semblant d'amnésie, cité ancienne à l'abandon .C'est un fragment du désastre urbanistique qui frappe de plein fouet la capitale de l'Est, aggravé par les multiples mutations générées par cette caractéristique de «modernisation». Au point de s'interroger si cette appellation honorifique de Cirta ne tient que grâce à la baraka de Sidi Rached. La concrétisation des projets fait à chaque fois des victimes matérielles «démolition» ou immatérielle. «On y a affecté des perspectives panoramiques de hautes factures, alors que cette atteinte est irrécupérable…», s'insurge un artiste local en évoquant la vue désormais dissimulée par la construction de deux buildings au centre-ville. L'utilité publique aura presque tout rasé sur son passage au niveau des espaces. Du moins, les dessins qui y sont programmés ou a fortiori en phase de réalisation continuent d'enlaidir Constantine de par tous les angles. Même les poches urbaines les plus susceptibles ou récusant le béton n'ont pas échappé à la défiguration pour servir entre autres à des utilités «privées» souvent échappant à la configuration urbanistique et au contrôle. Et c'est un lifting qui est apporté à chaque fois que les pouvoirs publics ont tenté de mener à terme cette frénésie de «mégapole» pour calfeutrer le manque de savoir-faire ayant succombé sous l'effet de la bêtise humaine.

Calquer des «idées» pour préserver l'authenticité des villes
Pourtant, les experts internationaux et même locaux ont alerté sur la modernisation «pêle-mêle» qui confond entre un réaménagement approprié du territoire en tenant en compte des paramètres du site original et la modernisation qui ne jure que par le tape-à-l'œil traduit par des vitrages, béton,…et l'on passe sur les goûts illustrés sur des maquettes. Il n'est pas permis, cependant, de soutenir que la 3e ville du pays n'aura pas donné un coup dans la fourmilière dans ses multiples taudis. Reste à identifier et à comptabiliser les assiettes qui en découlent des différentes opérations de démolition pour les utiliser à bon escient. Bardo en est l'aire par excellence récupérée à travers les multiples relogements. Mais les études qui y sont injectées tardent à donner leur verdict sur cette nouvelle utilité publique.
Le passage à Constantine du secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur exécutif ONU-Habitat, Joan Clos, à la faculté des Sciences de la Terre, géographie et aménagement du territoire, aura relayé cette thèse puisqu'il a mis à nu les nouvelles tendances urbanistiques, à savoir le défaut d'«urbaniser toutes la superficie d'une telle ville». C'est pourquoi avait-il préconisé aux enseignants d'inculquer aux étudiants «la bonne planification» et ce dans le souci de permettre aux villes de recouvrer leur modèle d'antan où l'espace vital prédominait. Il donna l'exemple de New York qui a su garder son cachet de 1811 et 50% de sa superficie étant consacré à l'espace urbain malgré les multiples orientations. Certes, la comparaison demeure de taille, voire abusive, mais il n'est pas interdit de calquer des «idées» qui ont su préserver l'authenticité aux villes et Constantine de par son riche patrimoine n'y est pas du reste.

Quand l'urbanisation produit de nouvelles cités sans âme ni identité
L'urbanisation anarchique s'est accrue lors de la décennie noire et a maintenu son topo jusqu'à ce jour. L'extension de Constantine vit au rythme des habitations engagées dans sa périphérie au grand dam des mesures d'accompagnement adéquat. La localité de Ali Mendjelli où se concentre la désormais «nouvelle Constantine» se démène en premier lieu pour accueillir les familles qui fréquentaient les taudis à la périphérie de Constantine depuis plusieurs décennies.«Il faut prédéfinir le terme métropole ou mégapole avant d'engager des perspectives à long terme. Doit-on prendre Constantine comme modèle de ville ou comme celui d'une région qui communique avec toutes ses localités et circonscriptions limitrophes ?», s'interroge un urbaniste. D'aucuns estiment que l'anarchie dans les constructions a dépouillé la cité millénaire de ses empreintes et son âme. Et que les nouvelles cités en voie de réalisation demeurent un bloc déraciné du cordon ombilical de Constantine. Des cités-dortoirs façonnées à la hâte pour le besoin de résorber l'habitat précaire. Et ce n'est qu'après avoir évacué les populations qu'on songe à esquisser des espaces «socioéconomiques et culturels». Du coup, les citoyens qui s'éloignent du noyau, c'est-à-dire du chef-lieu se trouvent isolés des odeurs originelles que leur procuraient vielle ville, ponts, ruelles anciennes,… Certes, on ne peut translater ces legs aux quatre coins ou se confectionne l'urbanisation du besoin pour satisfaire la société migratoire. Toutefois, il est inadmissible de faire fi des lois du développement local en son large spectre que lui confère son abécédaire. Ainsi, cette wilaya aux multiples facettes socioculturelles vit sa mutation en écorchant à chaque halte de développement une pierre de son génome identitaire. Les associations censées entrer en jeu pour réguler la cadence souvent irréfléchie des mains levées des élus locaux dans les deux assemblées quand il s'agit d'approuver un développement urbain se montrent souvent incapables de renverser la vapeur. Soit par passivité, soit par mépris des pouvoirs publics sachant pertinemment que l'avis des forces contraires s'émousserait au terme d'un aparté…


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