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Il y a an, il y a une éternité, Abdou B.
Arret sur image
Publié dans La Tribune le 02 - 01 - 2013

Lui qui aimait tant épicer, ses chroniques, de citations pour mieux faire sens, aurait pardonné au chroniqueur qui, ici, l'évoque avec d'autres citations, avec ce sentiment d'effectuer la prière de l'absent. Ici même, dans ces mêmes colonnes qui furent longtemps siennes, aussi longtemps que son stylo pouvait ruisseler d'encre, aussi longtemps que son cœur malmené pouvait ne pas le trahir. Cette chronique s'appelle «Arrêt sur image» et c'est, justement, aujourd'hui, un réel arrêt sur image, sur la sienne de vieux loup des océans journalistiques. Ah ! Sa chère tête de boucanier de Barika, d'écumeur de mots, de chasseur de verbes dont il a fait, de toute sa vie, un métier pour en vivre ! Lui, l'aîné par l'âge des artères et des mots, le grand frère de métier. Le frangin des jours d'exil, des jours de peu, des jours de peine moussés et brassés dans des verres fraternels, a brisé son stylo Bic le jour de l'An. L'année dernière. Il y a longtemps, il y a un siècle, il y a déjà une éternité. Jour de deuil pour les siens, pour les siennes surtout, par lui tant et si bien aimées. Jour d'affliction, jour où son cœur, quatre fois rafistolé, a choisi pour que cessent, enfin, les mots de Abdou, fils de Khandra le cordonnier. Khandra le preux, le valeureux, digne père qui avait le cuir suffisamment tanné et l'indignation nationaliste assez forte pour mourir en martyr de la Révolution. D'ailleurs, comme une ponctuation d'amour, Abdou ne jurait toujours que par Khandra, que sur sa tête par trop sacrée ! Ces femmes, comme il disait pour désigner son épouse de toujours et ses filles adulées, doivent se dire, en ce jour, comme Molière, que «l'absence de ceux qu'on aime, quelque peu qu'elle dure, a toujours trop duré». Un peu, beaucoup même, pour nous, aussi, ses amis et ses frères. Bien sûr, Pierre Corneille avait bien raison d'affirmer que «l'absence ne fait mal que de ceux que l'on aime». Mais évoquer, après tout, Abdou, c'est citer nécessairement Tahar Benjelloun dont il appréciait les mots de l'exil et de la terre natale. Mais sur l'absence, le père de «Moha le fou, Moha le sage», qui connait «Les Cicatrices du soleil» et sait ce que c'est «la Soudure fraternelle», a donc tort de croire que l'absence «est une ride du souvenir. (Que) c'est la douceur d'une caresse, un petit poème oublié sur la table». Oui, l'auteur de «L'Homme rompu» et de «Cette aveuglante absence de lumière», n'avait pas raison car Abdou n'est pas une ride du souvenir, un poème oublié sur un coin de table. Abdou, c'est le temps de la fraternité vécue, de la confraternité partagée. C'est le temps du souvenir aussi éternel que sera longtemps éphémère la vie du chroniqueur. Abdou c'est le temps. Et «le temps n'est jamais perdu s'il est donné aux autres», disait Abou Ettayeb El Mutanabbi que, parfois, le chroniqueur traduisait pour le grand frère. Abdou, mon dieu, c'est les mots de la colère rentrée et de l'indignation sortie ! De la plume que le clavier, de toute sa vie, n'a jamais remplacée. C'est le ciné et la télé dont il a voulu, chez lui, dans son pays, en faire tout un cinoche en couleurs et en 3 D. C'est le journalisme qu'il a vécu par les trois «P» : le plomb, le proof et la PAO, même si la production par ordinateur assistée était conçue pour, juste, mettre en page ses propres mots manuscrits. Abdou, c'est des noms, des haltes, des parenthèses, des enfantements, des allers et retours et un départ sans retour, le 1er janvier 2012. C'est Barika, Alger et Paris. El Djeïch, Révolution africaine, les Deux écrans. La Nation, la Tribune, le Quotidien d'Oran, également. Et un certain Cnes de fin de vie. Etape fatale pour un cœur tellement torturé. Abdou, ce fut aussi un cœur si vaste qu'on avait toujours envie d'y entrer. Qui battait de ce sang rouge de la générosité. A Paris, entre Abdou et le chroniqueur, le contenu d'une cacahuète était suffisant pour que deux amis puissent le partager, selon le proverbe burkinabé. Et, sur les bords de Seine, «j'ai cueilli ce brin de bruyère. L'automne est mort, souviens-t-en. Nous ne nous verrons plus sur terre. Odeur du temps, brin de bruyère», disait Guillaume Apollinaire. Alors, au revoir Abdou, meilleurs voeux et à l'année prochaine, c'est sûr, il y aura d'autres citations pour toi, sacré forban !
N. K.

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