Quelque 3000 jeunes ont été recrutés au sein des entreprises activant dans les wilayas du Sud, en application des mesures de facilitation d'accès à l'emploi décidées à la mi-mars dernier par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, au profit des chômeurs de cette région du pays, a déclaré hier le ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki. «Selon une première évaluation que nous avons faite du mécanisme de recrutement mis en place sur instruction du Premier ministre, il y a déjà quelque 3 000 jeunes qui ont été recrutés dans les wilayas du Sud», a indiqué M. Mebarki. «Ce mécanisme continue de fonctionner et nous espérons que d'ici deux à trois mois, la cadence de recrutement des jeunes chômeurs va encore s'accélérer», a-t-il ajouté. Que peux comprendre un économiste d'une telle déclaration venant d'un des décideurs de ce pays. D'abord et dans un contexte de crise mondiale et de baisse des revenus de la Sonatrach, M. Sellal, ses ministres et ses conseillers doivent impérativement postuler pour le prix Nobel d'économie. Une telle réussite ne peut qu'être couronnée par le prix de la prestigieuse académie de Stockholm. 3000 emplois créés en un mois est une gageure que peu de politiques ou d'investisseurs ont réussi à faire dans une région connue pour ne pas avoir d'emplois à offrir. Si l'équipe qui a mis en place cette politique de recrutement n'obtient pas le prix Nobel, cela sera certainement dû au fait que les postes d'emplois existaient mais que, par fainéantise, les décideurs locaux n'ont pas voulu pourvoir. Et dans ce cas précis, des sanctions devraient toucher tous ceux qui n'ont pas recruté ces milliers de jeunes, les mettant au chômage forcé. La troisième option concernant ces recrutements tous azimuts, serait que le gouvernement dépense sans compter et crée des emplois fictifs pour calmer une jeunesse qui ne demande qu'à avoir un revenu. Le recrutement cité par le ministre de la Formation professionnelle est une aberration. Une aberration car au moment où tous les pays du monde vont vers plus de rationalité et la création d'emplois productifs, nous nous amusons à augmenter les charges, déjà très importantes, sur un budget très loin de l'équilibre. Nous inventons aussi les emplois résidentiels au moment où la mobilité de la main-d'œuvre est une nécessité mondiale. Cette politique de l'emploi, hélas, ne peut être que conjoncturelle. Elle ne donnera aucun autre résultat que celui de pousser d'autres franges de la société à adopter le même comportement que celui des chômeurs du Sud. La manifestation et l'émeute deviennent les seules voies pour obtenir satisfaction. Elles recèlent en elles bien des dangers pour la stabilité de la Nation. Hélas, Abdelmalek Sellal et son équipe n'auront pas le Nobel d'économie. Ils n'auront que de nouvelles émeutes. A. E.