Autopsie d'une confusion entre marché et capitalisme    Cap surla sécurisation de l'eau et accélération des projets structurants    Le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran menace l'UE d'une crise politique    Trump rejette en bloc les accusations du tireur du dîner des correspondants    Pétrole, gaz, fret maritime au cœur du conflit au Moyen-Orient    « Le sport au service de la liberté »    Ligue 1 Mobilis : le match MCA – OA avancé à mardi    Les Algériennes dominent la poutre et le sol    Lancement de la campagne moisson-battage 2025/2026    Une jeune fille sauvée in-extremis d'une mort par asphyxie au monoxyde de carbone    Deux personnes blessées dans un dérapage d'une moto à Aïn Nouissy Deux personnes ont été blessées dans un accident de moto survenu    « Regard intime sur le patrimoine »    Signature d'une convention-cadre entre les ministères de la Culture et de la Justice    Réactions L'actrice Anne Hathaway crée le buzz après qu'un fan lui a offert un Coran    « Pas de restriction du droit de candidature garanti par la Constitution »    « Les guerres modernes exigent la mise en place d'une stratégie innovante en matière de soutien logistique opérationnel »    Les partis politiques intensifient leurs activités de terrain    Fin de la récrée, les choses guerrières peuvent reprendre    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Le sport au service de la liberté »
Equipe de football du FLN
Publié dans La Nouvelle République le 28 - 04 - 2026


liberté. Dans l'histoire
récente du monde, il y eut
quelques cas célèbres :
l'exil de la superbe
formation hongroise du
Honved en 1956, après
l'insurrection de Budapest,
le poing levé des Noirs
américains, John Carlos et
Tommie Smith, au cours
d'une cérémonie de remise
de médailles aux J.O de
Mexico, le boycott quasi
unanime de jeux de
Montréal (1976) par les
Africains, etc... Toutefois,
l'action la plus brillante, la
plus accomplie, fut menée
par ces trente-deux
footballeurs algériens qui,
de 1958 à 1962, au nom du
FLN, sillonnèrent le monde
pour faire connaître
encore mieux la cause du
peuple algérien ».
Printemps 1958. La guerre d'Algérie
prenait une sale tournure. Le
peuple algérien, plus que jamais
décidé à sortir de la tutelle coloniale,
souffrait le martyr. L'ALN rendait coup
pour coup aux forces françaises. Dans
le monde, « la question algérienne »
était la tête d'affiche de l'actualité. Ce
n'était sûrement pas le moment de faire
preuve de relâchement. Au contraire,
tous les moyens étaient bons pour assurer la plus grande publicité aux actions révolutionnaires des Algériens.
Le sport étant un de ces moyens. En
France, il existait une pléiade de footballeurs de haut niveau qui faisaient
souvent la pluie et le beau temps dans
le championnat de France professionnel. Le 15 avril 1958, les Français apprenaient avec stupéfaction que la plupart d'entre ces joueurs avaient bouclé
leur valise, laissé leur confort et pris
les chemins de traverse de la lutte. Bref,
ils s'étaient mis au service du FLN. Ce
que les Français ignoraient à l'époque,
c'est que ce départ n'était pas le résultat d'un coup de tête de jeunes hommes
immatures et dissipés. La décision avait
été minutieusement préparée et de
longue date. C'est à Paris, dans le quartier latin, au siège clandestin de
l'UGEMA, que mûrit l'idée de la mise
sur pied d'une équipe algérienne de
football. C'était l'été 1957. Au départ,
il s'agissait de préparer une équipe universitaire pour participer au festival
mondial de la jeunesse à Moscou. Promoteurs de l'idée : Abdelghani Zitouni,
Boumezrag, Docteur Bensemane, Docteur Zetchi, Mustapha Kouiret et Mohamed Khemisti. Douze joueurs furent
convoqués et regroupés à Stuttgart
(RFA) avant de partir pour Moscou par
train. Dans la capitale soviétique, l'accueil fut très chaleureux. Pour la première fois, une délégation sportive algérienne défila devant un public considérable (100.000 spectateurs) au stade
Lénine, et devant un aréopage de dirigeants politiques (Kroutchev entre
autres). Ce jour mémorable, le drapeau
vert et blanc frappé du croissant de
l'étoile, claqua au vent sur les bords
de la Volga. Devant le succès de l'opération (n'oublions pas qu'il ne s'agissait
là que d'une sélection universitaire),
le soir de la clôture du festival, dans
une chambre d'hôtel, on évoqua la
question de la participation des
meilleurs footballeurs (donc les professionnels). Oui, pourquoi pas une formation algérienne de grande qualité,
régulière et permanente ? Une équipe
qui aurait la charge de la promotion de
la cause nationale sur tous les terrains
du monde. Vite dit, vite fait, Khemisti
chargea Boumezrag, alors entraîneur
à Montreuil (France), de prendre
contact avec le maximum de footballeurs. Mais, de retour à Paris, les universitaires algériens allaient trouver
une mauvaise surprise. La DST était
sur les dents après le tapage qu'il avait
fait à Moscou. Abdelghani Zitouni, par
exemple, eut droit à une perquisition
en règle au domicile de ses beaux-parents et fut surveillé de près par la
suite. Toutefois, si les services français
savaient qu'il y avait anguille sous
roche, ils ne soupçonnaient pas l'importance du projet. M'hamed Hamza,
Mahmoud Aklouche et Boumezrag se
partagèrent la tâche, lorsque vint le
moment de passer à l'action. Pour ne
pas éveiller les soupçons, le travail
d'approche avait duré plusieurs mois.
Le départ du premier groupe était
prévu pour la mi-avril 1958. Boumezrag,
Bentifour, Arribi, Bekhloufi, Bouchouk,
Brahimi, Kermali, Makhloufi, Rouaï,
Mustapha Zitouni furent les premiers
à quitter le territoire français pour
Tunis, via Genève et Rome. Rachid Makhloufi, le stratège stéphanois, raconta
avec précision, après l'indépendance,
le déroulement des événements : «Samedi 11 avril 1958, Mokhtar Arribi me
contacte au nom du FLN. Nous convenons de partir dimanche après mon
match avec l'ASSE à Béziers. Malheureusement, au cours de la rencontre,
je me blesse avec mon coéquipier NjoLéa, je suis hospitalisé toute la nuit. Le
lundi matin, Arribi et Kermali sont là
pour le départ. Je ne peux passer à
Saint-Etienne voir mon frère qui habite
chez moi. Nous prenons la route de
Lyon où nous récupérons Bouchouk,
arrivé en retard. Puis, direction la
Suisse. A la frontière, la curiosité des
douaniers est satisfaite : « Nous allons
nous reposer ». A Lausanne où nous
retrouvons Boumezrag, les journalistes
nous harcèlent. Il nous faut deux jours
pour rencontrer le responsable du FLN.
En Suisse, j'étais très inquiet. Comme
j'étais militaire, je risquais d'être ramené en France comme déserteur. De
Lausanne, nous gagnons Rome par la
route. Les journalistes sont encore là,
à l'affût, jusqu'à notre envol pour Tunis.
Pour Makhloufi, pour Kermali, comme
pour tous les autres, quitter le territoire
français ne fut pas une partie de plaisir.
Quatre jours après la disparition des
premiers joueurs, la France sportive
apprit la nouvelle. « L'équipe », tête de
file de la presse spécialisée, usa de la
grosse titraille : « Neuf footballeurs algériens disparaissent, quatre monégasques (Zitouni, Bentifour, Boubekeur
et Bekhloufi) et l'Angevin Rouaï, retrouvés à Tunis. Emotion encore à Toulouse
(Brahimi, Bouchouk), à Lyon (Kermali)
et à Saint-Etienne (Makhloufi). L'éditorial est marqué par l'inquiétude et la
stupéfaction : « Rien ne pouvait en effet
frapper davantage l'imagination que la
retraite subite de Zitouni et de ses camarades, à la veille des discussions du
Parlement... et d'un grand match international de football (...) Il serait vain
de nier le retentissement que peut avoir
sur le sport représentatif français le
geste voulu des footballeurs algériens.
La contagion d'ailleurs peut s'étendre
» Et puis, il faut dire que personne ne
comprenait le « geste fou » de ces jeunes
hommes qui avaient tout pour réussir
dans la vie, le talent et le confort matériel. Mustapha Zitouni et Rachid Makhloufi étaient carrément aux portes
de la consécration mondiale. Stockholm
et la Coupe du monde les attendaient
pour faire la fête. Mais, entre la gloire
et la douleur, le confort et l'incertitude,
la sécurité et la peur, les « jeunes
hommes » avaient choisi sans l'ombre
d'une hésitation Devenus les « globetrotters » d'un peuple en guerre pour
arracher sa liberté, les footballeurs du
FLN allaient vivre, quatre années durant, une expérience exceptionnelle.
Dès juillet 1958, ils disputèrent le premier tournoi maghrébin de l'histoire à
Tunis avant d'entamer une tournée extraordinaire à travers trois continents
(Europe, Asie, Afrique). Partout, ils laissèrent des souvenirs mémorables. Ils
étaient souvent les plus brillants sur
le terrain. Mille et une anecdotes en témoignent. Citons-en une seule : à Bucarest, devant 90.000 spectateurs,
l'équipe du FLN assura un spectacle
riche en couleurs, splendide en tous
points. Si splendide que le public décida
de rappeler les acteurs. Comme au
théâtre. Alors, la Fédération roumaine
pria les Algériens de prolonger leur séjour et de jouer un second match. Ce
qui fut fait deux jours plus tard dans
un stade à nouveau archicomble. Bien
sûr, tout au long de ces quatre années,
les entraves ne manquèrent pas. Sous
la pression de la Fédération française,
la FIFA menaça de sanctionner les pays
qui accepteraient de recevoir l'équipe
du FLN. Si des pays comme l'Egypte,
la Pologne ou la Syrie se rétractèrent,
de nombreux autres passèrent outre
les ordres de la FIFA (URSS, Yougoslavie,
Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie,
Bulgarie, Chine, Vietnam, Maroc, Tunisie, Libye, etc...). Le 5 juillet 1962, prenait fin le calvaire du peuple algérien.
Après sept ans de guerre, de sang, de
larmes et de détresse. Pour les joueurs
de l'équipe du FLN, c'était la fin de
quatre années d'exil. Quatre ans au
cours desquels ils avaient été les
brillants ambassadeurs de leur pays à
travers le monde. Grâce à eux, de Bucarest à Hanoï, Belgrade, Pékin, Baghdad en passant par Sofia, Tripoli et
Prague, des centaines de milliers de
personnes ont pris connaissance de la
terrible dimension du drame algérien.
Hamid Sahnoun


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.