«L'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a acheté cette semaine au moins 200 000 tonnes de blé dur, payés 400 dollars/tonne, fret inclus. D'autres importations seraient prévues pour le mois de mars 2011» rapporte le site électronique les Dernières Nouvelles d'Algérie (DNA). L'OAIC a acheté «au moins 200.000 tonnes de blé dur d'origine optionnelle dans le cadre de son appel d'offres lancé en début de semaine, pour des embarquements en janvier», indique DNA, qui reprend, une dépêche de Reuters du jeudi 23 décembre citant des exportateurs européens. «L'origine de la marchandise devrait être française et pourrait s'y ajouter un ou deux bateaux de 25.000 tonnes chacun d'origine mexicaine», ont ajouté les mêmes exportateurs. «Alger a payé la marchandise autour de 400 dollars/tonne coût et fret», a indiqué encore la même source qui a ajouté que «pour l'origine mexicaine le prix serait moins élevé, estimé autour de 390 dollars/tonne coût et fret.» «L'exécution rapide demandée par Alger plaide pour un chargement au départ de la France», a dit l'une des sources. Toutefois, certains opérateurs, cités par la même agence, n'excluent pas des négociations parallèles, voire l'achat concomitant de blé dur d'origine canadienne. Dans ce cas, «les chargements interviendraient plus tard en saison en raison de l'engorgement des expéditions au départ du fleuve, Saint Laurent au nord-est du Canada», ont-ils souligné. «S'ils (les Algériens) ont acheté du blé dur canadien, c'est en dehors de l'appel d'offres et plutôt pour des embarquements à partir de mars», a affirmé l'une des sources. Cet achat de l'OAIC intervient deux mois après la mise en place par le gouvernement algérien d'une taxe rétroactive et dissuasive pour empêcher les importateurs privés algériens d'avoir recours à des marchandises étrangères et favoriser ainsi l'écoulement des importants stocks accumulés en 2009 et en 2010 par l'OAIC. En effet, en octobre dernier, le gouvernement a mis en l'application de la mesure publiée dans la Loi de finance complémentaire de 2010, notamment l'article 23 portant d'imposer une taxe sur l'importation du blé dur et tendre. Cette taxe est de l'ordre de 200 dollars pour chaque tonne de blé importée. L'OAIC est exemptée de cet impôt. Analysant la situation du blé dur avant 2007, le président-directeur général du groupe Benamor a estimé à 1,1 million d'hectares de surfaces emblavées avec des rendements jugés faibles, de 13 quintaux à l'hectare. La crise des céréales de 2007, avec une flambée exceptionnelle des cours du blé, qui ont atteint un pic historique de 800 dollars la tonne, créant une véritable panique sur les marchés mondiaux, a provoqué une prise de conscience sur le niveau préoccupant de la dépendance de l'Algérie à l'importation, son coût sur la balance commerciale posant l'épineuse question de la sécurité alimentaire du pays. Cette crise a poussé l'Etat à consentir des efforts considérables et à prendre des dispositions uniques pour encourager les agriculteurs. Entre autres mesures, on peut citer les subventions accordées aux agriculteurs, estimées à 44 milliards de DA, des crédits à taux bonifiés, des préfinancements de campagnes, la redynamisation des conseils interprofessionnels… Des résultats encourageants ont été enregistrés : une hausse sensible de la production, qui a connu un record en 2009, avec 61,2 millions de quintaux, jamais réalisé auparavant, une légère progression des rendements, même s'ils demeurent encore faibles, et enfin une augmentation des superficies emblavées pour le blé dur. Cependant, pour Mohamed-Laïd Benamor, l'effort considérable consenti par les pouvoirs publics ne saurait à lui seul résoudre les problèmes de la filière et garantir un développement durable et la sécurité alimentaire du pays. «Ces mesures ont permis certes, d'augmenter sensiblement la production mais l'approche qualitative reste totalement occultée», indique le P-DG du groupe Benamor, estimant que «les efforts de l'ensemble des acteurs de la filière, appelés aujourd'hui à prendre le relais dans la dynamique de développement enclenchée par l'Etat, doivent désormais être concentrés sur la consolidation des acquis réalisés ces trois dernières années». Mohamed-Laïd Benamor, en d'autres termes, suggère aux acteurs de la filière d'agir pendant que les producteurs sont sécurisés dans leurs revenus, pour garantir l'avenir de la filière céréalière. Du coup, le P-DG du groupe Benamor propose de créer une synergie entre les différents acteurs de la filière en saisissant l'opportunité de la mise en place des Conseils régionaux interprofessionnels des céréales. Il suggère aussi la mise en place de réseaux d'agriculteurs de différentes régions qui bénéficieront d'une assistance pour le respect des itinéraires techniques, en s'appuyant sur l'expertise nationale et internationale.