Attendu depuis des lustres, le programme national de mise à niveau des PME PMI sera finalement lancé dans quelques jours selon Brahiti Ammouri directeur général de la promotion des PME auprès du ministère de l'Industrie et de la Promotion des investissements. Un programme confié à l'agence nationale de développement de la PME et ses annexes régionales et doté d'un montant 386 milliards de dinars. Le programme reste très sélectif et s'adresse spécifiquement aux entreprises de transport, de l'industrie et de services liées à l'industrie, au BTHP, à l'hydraulique et à la pêche. Les critères de sélection retenus par le programme sont d'ailleurs drastiques. « Les entreprises concernées doivent avoir un effectif qui va au-delà de dix salariés et plus de 20 salariés pour le secteur du BTPH et l'attestation de qualification.» Ajoutera-t-il. Le programme, en fait, s'adresse plutôt à la petite entreprise, selon les critères de la charte de Boulogne signé par l'Algérie il y a 10 ans déjà. Celui-ci qui définit la petite entreprise « comme une entreprise employant de 10 à 49 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 200 millions de Dinars ou dont le total du bilan n'excède pas 100 millions de Dinars.» Les entreprises ciblées par ce programme sont au nombre de 20.000. Plutôt modeste, au regard du nombre de PME activant dans le pays et surtout inférieur au nombre de PME qui meurent chaque année et dont le chiffre serait alarmant, selon le centre national du registre du commerce qui enregistre la dissolution de 30.000 entreprises par an. Selon l'orateur, qui parlait au nom du ministre, «l'année 2011 sera déterminante et verra le renforcement du dispositif de soutien à la PME.» Dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014, les ambitions du secteur sont d'atteindre le chiffre de 200.000 unités. Un chiffre qui, bien entendu, ne tient pas compte des accidents de parcours bien nombreux dans le secteur. L'optimisme des pouvoirs publics ne semble pas partagé par tout le monde, notamment par M. Zaïm Bensaci, président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME (CNC des PME) qui, en début décembre a tiré la sonnette d'alarme à propos de l'avenir de la PME en Algérie. «Ce secteur est menacé de disparition si des mesures concrètes ne sont pas prises pour lever toutes les contraintes qu'il rencontre.» Un avis partagé par les spécialistes pour qui «la mise à niveau des PME/PMI est définie « comme étant d'abord un processus continu d'apprentissage, de réflexion, d'information et d'acculturation, en vue d'acquérir des attitudes nouvelles, des réflexes et des comportements d'entrepreneurs, et des méthodes de management dynamiques et innovantes.» « Mais cela reste insuffisant pour promouvoir un secteur qui est à la traîne loin des ratios économiques internationaux qui prévoient la création de 350 PME pour 100.000 habitants.» Actuellement le ratio économique national est de 70 PME pour 100.000 habitants. La stratégie des pouvoirs publics pour le prochain plan ne fait pas l'unanimité. Pour beaucoup d'opérateurs la mise à niveau des entreprises devrait être beaucoup moins restrictive pour permettre une plus grande adhésion. « Il y a 300.000 entreprises en difficultés. Si l'on maintient le chiffre de 20.000 par an, à la fin du plan quinquennal il y aura à peine le tiers des entreprises existantes qui seront théoriquement viables.» Ainsi donc, la boucle est bouclée, 200.000 PME seront créées au moment où 200.000 autres disparaîtront. Cela est d'autant plus vrai que l'ouverture du marché national que le président du CNC PME qualifie «d'effroyable » ne met personne à l'abri face à la concurrence des entreprises étrangères. Par ailleurs, les PME constituent de par le monde, la pierre angulaire pour résorber le chômage. Au niveau national, ce secteur n'a pas généré plus de 1,3 million postes de travail en 15 ans. Trop peu, au vu des nombreux programmes développés depuis 2005 par les pouvoirs publics et consistant en la mise à niveau du secteur. Sur ce chapitre, le porte-parole du ministre, très optimiste quant à l'avenir ces entêtées, dira que « pour la seule année 2010 les prévisions tablent sur la création de 100.000 nouveaux postes de travail.» Dans l'inventaire qu'il fera des actions et outils mis en place par son département pour promouvoir le secteur il annonce que «des structures d'accueil et d'appui aux PME seront bientôt réceptionnées. Elles sont au nombre de 21. Il s'agit de centres de facilitation aux pépinières d'entreprises ». La principale motivation de ces centres et de décadenasser la bureaucratie algérienne en accompagnant les porteurs de projets dans leurs initiatives de créer des entreprises, de la valeur ajoutée et de l'emploi. « Les centres seront là pour les aider à élaborer leur business plan qui est un document incontournable pour donner et refléter la situation patrimoniale et financière de l'entreprise. Les pépinières vont héberger les porteurs de projets pour les accompagner dans les phases d'exploitation pour faire du bon management et de la croissance utile», a-t-il ajouté. Des regroupent régionaux seront incessamment organisé par l'Agence nationale de développement des PME en vue d'expliquer la procédure d'adhésion au programme de mise à niveau.