Dans uneconjoncture où la tendance est au renforcement des potentialités en ressources halieutiques à travers la modernisation et la rationalisation de leur exploitation, le secteur de la pêche et des ressources halieutiques en Algérie est confronté à d'énormes défis et non des moindres. La diminution sensible en potentiel de pêche constaté ces dernières années en est ainsi la principale contrainte à laquelle est confronté le secteur. En conséquence, le ministère de tutelle a révélé peu avant qu'en 2009 seulement, l'Algérie a importé quelque 250 000 quintaux de poissons pour faire face à la demande locale qui ne cesse de croitre. L'année dernière, le volume des importations en produits de la mer, toutes sortes confondues, a connu une nette croissance par rapport à 2009 selon les statistiques des douanes. Cette situation de pénurie ne fait qu'aggraver sur le marché où le prix de la sardine a atteint des niveaux inimaginables en culminant à 400 dinars le kilo. Pour les pouvoirs publics, le manque de modération dans la pratique de la pêche avec des filets pélagiques observés ces dernières années a eu comme conséquence immédiate de faire fuir la sardine au-delà des trois miles marins. On pêche de moins en moins de poisson bleu à l'intérieur de cette zone. Une sérieuse menace pèse donc sur nos ressources halieutiques dont 80% vivent près des côtes. Pourtant, cette situation de déstockage massif de la faune marine côtière aurait pu être évitée si seulement des règles élémentaires de pêche dans la zone de trois miles marins avaient été appliquées à la lettre. D'autant plus qu'une loi existe mais devant les faibles niveaux de pêche actuels il faut croire que cette dernière n'a pas connu d'application ou, du moins, n'a pas eu d'effet dissuasif sur certains comportements des patrons de pêche. De toute évidence, l'arrêté ministériel du 24 avril 2004 fixant des limitations d'utilisation des chaluts pélagiques, semi-pélagiques et de fonds dans le temps et dans l'espace n'a pas eu d'impact à ce jour. Il suffit de faire un tour du côté des ports de pêche pour se faire une idée de l'application de cet arrêté. C'est dire que du côté des exploitants de la faune marine côtière on a fait fi de tout règlement en vigueur. Dans cette profession, on a continué de pêcher sans limite et à toute période de l'année, en d'autres termes sans se soucier des conséquences néfastes sur les stocks de la biomasse. L'indiscipline des acteurs n'a pas permis une régénération des espèces de poissons fréquentant cette zone côtière. D'ailleurs, les patrons de pêche sont les premiers, aujourd'hui, à récolter les effets de leur indiscipline dans l'exercice de leurs activités : ils rentrent très souvent bredouilles de leur sortie en mer. Les faibles quantités de pêche de poisson bleu ne suffisent même pas à rentabiliser leur sortie.