Chaque soir, juste après le f'tour, le front de mer de la ville d'Arzew est littéralement pris d'assaut par des familles entières en quête d'un moment de détente ou d'une animation pour égayer leurs veillées de ramadhan. Sur place, un mini-manège, avec deux ou trois jeux d'attractions, attire aussi bien les petits que les adolescents. Un monde fou s'agglutine aux guichets. Il faut souvent, faire preuve de patience et parfois même utiliser la force pour accéder à l'un de ces jeux, tant la demande est forte. Pour calmer la fougue de leurs enfants, les parents se trouvent contraints de recourir aux dizaines de revendeurs de friandises, de cacahuètes, barbe à papa et autres marchands de jouets. Le boulevard qui longe le front de mer, menant quelques kilomètres plus loin vers la corniche d'Arzew et le fameux site pittoresque de la "Fontaine des gazelles" grouille de monde. Les quelques sièges en fonte faisant face au port d'Arzew sont très vite occupés. Les retardataires sont contraints de tourner en rond à la recherche d'une éventuelle place libre. Ici, on aime contempler au loin les gigantesques tankers amarrés en rade du port. Des jeunes font des parties de baby foot. La gaieté et la joie de vivre se lisent sur tous les visages. Arzew, tout comme les autres localités du pays, n'échappe à cette tendance des commerçants à rentabiliser à outrance ce mois sacré de ramadhan. Certains n'hésitent pas à innover pour attirer les clients. C'est le cas de deux marchands, venus de la lointaine Adrar, qui proposent un succulent thé, préparé sur un brasero. A défaut d'un local, de tables et de sièges, ces commerçants ambulants ont tout simplement étalé, à même le sol, des tapis en plastique sur lesquels viennent s'installer les consommateurs. Assis en tailleur, ou carrément à moitié allongés, les clients sirotent leur boisson à la menthe fortement sucrée. Les services de la commune ont installé une scène qui accueille parfois quelques artistes, conviés à animer des concerts. Les habitants d'Arzew se remémorent ces fameuses soirées musicales, animées sur le même lieu dans les années 80, par des vedettes comme Hadja Hamdaouia, Abdelhadi Belkhayat et bien d'autres. Si l'animation est concentrée au front de mer, la grande placette de la ville, cernée par des cafés, connaît également une activité fébrile. Il est difficile de dénicher une place vide. Les serveurs font des va-et-vient incessants pour assouvir la soif des consommateurs. Ce sont les boissons fraîches qui ont la cote, en plus des incontournables cafés express et du thé à la menthe. Les autres commerces profitent également de l'aubaine que constitue le ramadhan pour fonctionner à plein régime. Magasins de vêtements et de chaussures, crémeries et pâtisseries restent ouverts au grand plaisir des clients, peu habitués à cette activité nocturne.