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Après la verte, hélas, voici la blanche
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 19 - 11 - 2011

C'est un peu comme si on saisissait un stewart en possession de deux cent balles de Beretta et qui se mettrait aussitôt à table pour dénoncer ses complices formant ainsi un dangereux réseau international de trafic d'armes : sept collègues dont un chef syndical, un importateur de matériel médical, un chanteur châabi et des fils à papa de notables – sûrement des progénitures de hauts dirigeants – dont on nous dit que la balance hésite de divulguer les identités.
Le 12 octobre à l'aéroport Houari Boumediene, descendant d'un avion en provenance de Bamako, en effet, selon les informations recueillies ça et là, un stewart est arrêté dissimulant 205 grammes de cocaïne dans son slip. On ne nous apprend pas comment il a été étoffé afin de déglutiner ses acolytes pour une quantité qui ferait à peine l'affaire d'un petit repreneur de Djamaa Lihoud, de Clauzel, de la « Redoute » ou de la Fantôme à Bouzaréah.
Aussitôt donc le scoop lie l'affaire aux stratèges de Mohamed Mediene qui auraient traqué depuis belle lurette l'ambassade d'Algérie à Bamako au lieu de faire le contraire : commencer par sérieusement suspecter la valise diplomatique parachutée régulièrement à l'ambassade du Mali à Alger. Comme bien d'autres aéroportées de Cotonou, de Dakar, d'Abidjan, de Lomé, de Freetown, ou qui sait peut-être même de Tindouf .
En tout cas dans le moment criminologique où se fait-il choper le malheureux stewart il y a fort à parier des liasses de nairas ou de francs Cfa que d'immenses quantités de ce narcotique pénètrent allègrement nos vastes frontières par le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Sahara occidental, ici pour cette voie terrestre, confortablement dans le réservoir de n'importe quel objet roulant anonyme. Cette technologie était l'apanage des transporteurs de cannabis dans les villes algériennes dans les années quatre-vingt avant la providence africaine de la blanche arrivée par l'Amérique latine. Où il suffit simplement de compartimenter le corps du réservoir pour y enfouir la drogue ; pour la cocaïne le procédé est rentablement plus pratique.
J'ai fait paraître dans Les Débats du regretté Dahmane Mahmoudi, il y a quelques années une enquête sur le début de la prolifération de la drogue dure encadrée par les migrants africains engagés généralement comme employés manœuvres bon marché surtout dans le bâtiment privé. L'idée m'est venue d'enquêter sur eux lorsque ils m'étonnaient qu'ils bouffent régulièrement luxe dans les restaurants alors qu'ils percevaient des misères par rapport aux homologues natifs. Ce qui les intéressait c'était le crédit « résidentiel » par un travail en sus de la baraque dans le chantier à l'abri des regards douteux.
Leurs déplacements fréquents vers les sites diplomatiques attiraient aussi mon attention. Il ne m'a pas été difficile de vérifier que des employés d'ambassade étaient impliqués dans le trafic. Aujourd'hui ces ressortissants ne sont pas nombreux à s'adonner à ce crime, ils ont eu suffisamment de grâce pour transmettre le témoin aux nationaux, les anciens « cannabiques» se recyclant pour gagner plus fort et plus snob, car en général la demande narcotique sur ce chapitre est située sur les rangs sociaux les plus argentés, à ne pas confondre avec les plus cultivés. Un grand escamoteur de deniers publics n'est pas forcément tenu d'envoyer ses enfants dans les universités.
Quoi qu'il en soit une chose est sûre sur ce sujet, des relais mafieux algériens s'occupent «intelligemment » de ce trafic par la preuve paradoxale depuis que les services compétents en la matière savent que le cocaïne, l'héroïne, le crack, et même leur ersatz palliatif thérapeutique, le Subitex, sont monnaie courante aujourd'hui dans les habitudes d'addiction, aucune quantité alarmante n'a été signalée. A part cette histoire que la marine française intercepte un navire battant pavillon panaméen contenant une cargaison de trois tonnes de cocaïne soi-disant destinée pour le port d'Oran ou encore l'armée espagnole démantelant un réseau sur le point d'envoyer une tonne de cocaïne aussi vers l'Algérie.
Ce qui veut dire que le gros coup ne va pas tarder à frapper à nos portes, que l'arrestation d'un grand convoyage est à pressentir qui malheureusement démontrera à nos dépends que le fléau est là qui s'explique par la grosse prise. A la façon dans la fin des années soixante-dix par l'horreur du quintal de kif pris dans le port d'Alger alors que le joint n'étonnait personne à la fac tandis qu'aujourd'hui il fait juste sourire à l'école.
Il faut néanmoins comprendre que le cheminement de la blanche, en vérité, est en tain de se dessiner selon le même destin de configuration de circonstance que pour le cannabis. Lorsque les autorités françaises et espagnoles avaient fini de saisir que la drogue marocaine jonctait avec les groupes armés basques, une espèce de mur avait été aussitôt dressé vers les frontières méditerranéennes pour ne pas permettre à la résine de cannabis de parvenir à l'Europe et du coup renflouer les caisses de l'Eta. Mais cette gaillardise ibéro française s'est faite au détriment de l'Algérie : la quasi-totalité de la drogue rifaine s'invitait alors au travers de nos frontières terrestres et maritimes.
Selon presque le schéma similaire, la cocaïne qui transitait par l'Atlantique nord en provenance de l'Amérique du Sud – beaucoup d'indices permettent de dire que les Irlandais contestataires ne croisaient pas les bras pour aider à l'entreprise – a été sérieusement stoppée de passage sur toutes les rives septentrionales de l'Europe. Après un moment de flottement vers la fin des années quatre-vingt où les Etats-Unis mettent le paquet autour de l'époque « Escobar », les narcotrafiquants latino américains doucement mais sûrement se mettent quant à eux à s'ouvrir un couloir atlantique sud qu'on appelle hélas aujourd'hui l' « autoroute 10 », une étendue maritime dans la portion géographique de passage impeccable où les distances sont réduites entre d'un côté le Brésil et le Venezuela et de l'autre côté l'Afrique de l'Ouest délimitée dans la position approximatives du 10ème parallèle , degré de latitude nord. Ainsi les principaux ports de Dakar, Cotonou, Abidjan, Lagos, Douala, accueillent dans cette zone où cafouillent les pavillons et où règnent à mort la corruption et l'impossibilité de contrôles locaux, les bateaux de pêche et les porte-conteneurs truffés de drogue dans les soutes à combustibles dont les fouilles doit passer d'abord par la paperasse des armateurs, des pavillonneries et de la Lloyd.
L'affaire africaine devient tellement juteuse que même l'aviation latino américaine privée se met de la partie depuis le début du nouveau millénaire. Pour le reste c'est simplement une question de transbordement par les rives, les airs et les déserts.
Il nous incombe maintenant de nous poser la question, comme nous l'avons fait déjà par le récent passé à propos du transit de la drogue marocaine par notre pays, de savoir quelle va être dans le proche avenir la quantité qu nos enfants vont devoir s'attendre à sniffer.
N.B.


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