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APPEL A L'UNION.
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 14 - 09 - 2020

Le collectif Libérons l'Algérie invite l'ensemble des organisations, de l'inter-collectif, des Algériens mobilisés à Paris pour le changement radical et pacifique en Algérie à tenir une réunion unitaire, sans exclusion.Tout en saluant la participation des algériens à la marche du 13 septembre qui a eu lieu à Paris, de la place de la République à la place de la Bastille, Libérons l'Algérie propose de réhabiliter le fonctionnement collégial de l'inter-collectif autour d'un Pacte d'Ethique et d'Engagement, permettant d'instaurer l'union dans la diversité, la clarté et le respect de l'autonomie de chaque collectif.Libérons l'Algérie lance un appel pour ressouder les rangs afin de réunir les conditions qui nous permettent d'organiser UNE MARCHE UNITAIRE LE 1er NOVEMBRE 2020.
DECLARATION APPEL
Le processus révolutionnaire est loin d'être un long fleuve tranquille. Remettant tout un peuple – et à travers lui d'autres peuples- au cœur de l'histoire, son élan de libération en recèle la complexité et fait face aux dures épreuves que lui oppose le temps. Au plus fort de ces épreuves surgissent le doute, la suspicion et les semeurs du désespoir qui incitent à la division. C'est, justement, dans ces moments que nous devons faire preuve de lucidité et de capacité à dépasser nos divergences pour œuvrer, ensemble, au triomphe de ce que le peuple algérien a offert de plus beau au monde en ce début du XXIe siècle : la Silmiya qui, de part son endurance et sa résistance dans le temps, a su, sait et saura séparer le bon grain de l'ivraie.
Sous le prisme de la Silmiya, le changement révolutionnaire se fait pacifiquement et avec le plus beau sourire que l'on puisse admirer, celui d'un peuple porté par une jeunesse qui sait donner à l'avenir les traits de l'espoir sur le visage de la paix. Alors que le monde reste soumis à l'évolution de la pandémie de Covid-19 et à ses effets géopolitiques tendant à généraliser la condition du néo-indigénat à l'ensemble des peuples de la planète, la junte militaire algérienne est à la merci de son instinct de survie qui remobilise sa police politique et ses relais pour anéantir toute possibilité de retour des manifestations massives dans les rues. A ce propos, il est utile de rappeler que la mobilisation populaire entamée le 16 février 2019 en Algérie et le lendemain à Paris, constitue un traumatisme profond pour le régime algérien.
Ce traumatisme a une puissance agissante qui aggrave la paranoïa des généraux-décideurs et les pousse à sacrifier certains d'entre-eux au cannibalisme clanique.
LE SYNDROME DE COTARD ET LE RISQUE DE DISLOCATION DE L'ARMEE
Le régime algérien n'est plus souverain. Il n'a plus la capacité de se projeter à l'échelle de l'histoire. Son maintien est dû à l'équilibre des intérêts géopolitiques et économiques des puissances étrangères que sont la France, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et leurs sous-traitants régionaux que sont les Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, l'Egypte, le Qatar et la Turquie. Adopté par un parlement croupion, la nouvelle mouture de la constitution comporte des incohérences qui trahissent l'âpreté des luttes claniques au sein d'un régime que l'incompétence et la corruption ont rendu perméable à souhait aux officines étrangères.
Le syndrome de Cotard dont souffre le régime aggrave celui du colonisé qu'il porte depuis sa naissance d'une conspiration contre le Projet Historique de la Révolution de Novembre, celui d'une République Algérienne Démocratique et Sociale, articulé autour d'un Etat constitutif d'un pouvoir institutionnalisé. C'est ce que le Congrès de la Soummam a préconisé en établissant, comme préalable, la primauté du politique sur le militaire et de l'Intérieur sur l'Extérieur. Le projet de la nouvelle constitution pousse le délire hypocondriaque aggravé du régime jusqu'à mettre le « président » au-delà de tout contrôle, à lui coller le poste de « vice-président ». Le souci des clans étant de faire passer leurs vœux par décrets « présidentiels » et de veiller, sous l'œil du « vice-président », à ce qu'aucun clan ne grille l'autre pour les privilèges et les ressources rentières qui diminuent de plus en plus. Comble du délire, les scribes constitutionnalistes de la junte militaire ont été soumis à l'injonction de formuler la proposition d'instituer le poste de Premier ministre et de chef du gouvernement.
Les prérogatives que réserve le projet de la nouvelle constitution au pseudo-président lui permettent d'envoyer des troupes de l'armée algérienne pour intervenir en dehors des frontières. Ainsi est programmée la réduction de l'institution militaire à une milice prête à être engagée dans des conflits régionaux par procuration et sous les ordres de commandements militaires étrangers pour aider les puissants à maintenir leur domination et pour obtenir en contrepartie le soutien actif des pays forts au pouvoir totalitaire d'Alger. En cette situation, l'armée est exposée à des risques majeurs de dislocation qui peuvent avoir des conséquences désastreuses sur le pays. Quant au statut accordé à Tamaziɣt, pilier fondateur de notre nation, il reste tributaire de la volonté des clans à replonger le pays dans les antagonismes identitaires pour empêcher la construction d'une identité citoyenne ouverte sur les mémoires collectives des peuples, notamment, ceux de l'espace nord-africain et de l'espace méditerranéen.
LA POLICE POLITIQUE ET LE SYNDROME DU « TERRORISME PEDAGOGIQUE »
La mort de Maître Tarek Zedam, membre du collectif des avocats pour la défense des détenus d'opinion à Bordj Bou Arreridj, percuté par une voiture alors qu'il faisait du vélo, le 7 septembre dernier, l'arrestation musclée, dans la même région, qui s'en est suivie du jeune activiste Brahim Lalami ( il a reçu plusieurs décharges électriques de pistolet Taser), de ses trois frères et d'un ami à eux, les révélations faites par certains titres de la presse sur le chauffard qui, selon des « sources concordantes », se serait rendu à la police, rappellent la période où le DRS tuait au nom du « terrorisme pédagogique ». Les conditions de détention de Khaled Drareni, d'autres journalistes et détenus d'opinion, la désignation des avocats qui les défendent comme des cibles de la machine judiciaire et de la police politique, les campagnes de diabolisation des militants politiques, le harcèlement policier qui vise l'ensemble des activistes et leurs familles et bien d'autres pratiques indignes rappellent de tristes moments dans notre histoire récente : les assassinats programmés, en prison, du militant Kamel Eddine Fekhar et du journaliste Mohamed Tamalt.
Ces tristes moments font remonter en surface les assassinats de Tahar Djaout, de Saïd Mekbel, de beaucoup de journalistes, d'avocats, d'intellectuels, de militants et d'activistes politiques au début des années 1990. Remobiliser les traumatismes provoqués par « les fleuves de sang » a pour objectif de replonger la société dans la peur.Pour éviter le retour des manifestations massives en Algérie, la junte militaire a mis dans son viseur la mobilisation des Algériens en France, notamment, à Paris. La réapparition de certaines pratiques de la junte militaire est liée au retour de quelques « anciens » de la maison DRS. Dans son rapport du 27 juillet 2020, intitulé » Algérie : vers le dé confinement du hirak ? », l'International Crisis Group, une Organisation non gouvernementale (ONG) avertit : « Le Camp des dits « anciens du DRS » se renforcerait ainsi, promouvant davantage la neutralisation des figures du Hirak par la cooptation, le chantage aux dossiers, l'emprisonnement suivi de négociations sur les modalités de réhabilitation conditionnelle, la récupération des mots d'ordre démocratiques et populaires, l'infiltration d'organisations associatives, syndicales et politiques ainsi que la réorientation de leurs sources de financement. »
L'IMPORTANCE STRATEGIQUE DE LA MOBILISATION DES ALGERIENS A PARIS
Le syndrome colonial maintient Paris et Alger dans le piège historique de « la Françalgérie ». Ce piège est fait des deux raisons d'Etat qui agissent pour maintenir les peuples des deux rives de la méditerranéenne dans l'aliénation mémorielle.La Silmiya a permis de rendre visible ce piège. Pour entretenir l'espoir qu'elle a suscité de permettre la naissance d'une Algérie démocratique, diverse, plurielle, ouverte et capable de participer à l'instauration d'un Ordre Mondial des Peuples, le maintien de la mobilisation des Algériens à Paris est d'une haute importance stratégique. Actuellement, le peuple algérien subit une pression terrible. Cette pression se traduit par une « violence résiduelle » visant des régions identifiées, des arrestations ciblées, des actes de provocation policière, une vie quotidienne de plus en plus précaire, un couvre-feu imposé sous couvert de confinement, un matraquage médiatique de désorientation, un discours de haine…C'est dire que la mobilisation des Algériens à Paris, notamment à la Place de la République, leur est d'un apport psychologique des plus importants. Aussi, elle permet d'établir et de multiplier les réseaux de solidarité des peuples pour maintenir le régime et ses pratiques sous le regard de la vigilance citoyenne au-delà des frontières. Ce peuple, nous sommes ses enfants, ne l'oublions pas !La junte militaire n'aime pas être visible et prévisible. Pourtant, elle est dans cette situation. C'est l'une des raisons pour lesquelles elle vit dans la peur. Le simulacre de référendum sur la nouvelle constitution que tente d'organiser le régime, le 1er Novembre, est une atteinte à la mémoire de la Révolution algérienne, une insulte aux martyrs et une injure au peuple. Pour toutes ces raisons, nous avons LE DEVOIR HISTORIQUE, de nous transcender, de dépasser nos divergences et de travailler, la main dans la main, lors de nos prochaines réunions et manifestations.Le principe de la collégialité est l'un des acquis de la Révolution de Novembre, que nous devons réhabiliter.Le 1er Novembre prochain, nous avons un nouveau rendez-vous avec l'histoire. Soyons à la hauteur pour l'honorer en organisant : UNE MARCHE UNITAIRE DE TOUS LES ALGERIENS RESIDENTS EN FRANCE, EN EUROPE ET DANS LE MONDE.
Continuons notre combat pacifique pour :
– Le rejet de la nouvelle constitution dans le fond et la forme.
– Le rejet massif du calendrier électoral du régime
– La libération de tous les détenus d'opinion.
– La dissolution de la police politique.
– Le démantèlement de la junte militaire.
– La libération du champ médiatique.
– L'indépendance de la justice
– La primauté du politique sur le militaire.
– L'ouverture d'une transition démocratique indépendante du système.
– Le transfert de la souveraineté vers le peuple via un processus constituant.
– L'instauration d'un Etat démocratique garant de la pluralité et de la diversité.
– Le respect de la liberté de conscience, de la liberté d'expression et de toutes les libertés démocratiques.
– La consécration de la justice sociale.
– La libération du pays de l'économie rentière.
– L'arrêt immédiat de la torture et des kidnappings opérés par la police politique.
Aussi importantes les épreuves que le temps mettra sur le chemin de notre combat pacifique, notre union nous permettra de les surmonter.
VIVE L'ALGERIE LIBRE, PLURIELLE ET HEUREUSE. VIVE LA SILMIYA. GLOIRE A NOS MARTYRS.


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