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Un jour, un délire
Publié dans Le Soir d'Algérie le 14 - 02 - 2019

L'autre jour, il ne s'est rien passé de réjouissant, rien d'enthousiasmant, rien de grave, rien de préoccupant, rien d'intéressant, rien d'inquiétant. Alors Latamène s'est… inquiété sérieusement. Pour tout comprendre, si vraiment on est obligé de comprendre quelque chose à un délire, on le devrait peut-être, ou sûrement, c'est comme vous voulez, sur Latamène. En commençant par vous rassurer : ce n'est qu'un prénom masculin. Il est certes très rare et n'existe que dans quelques parcelles de Kabyle, la Suisse ou l'enfer de l'Algérie, c'est comme vous voulez aussi. Ce prénom, donc, signifie littéralement, en arabe nucléaire dans le texte et hors contexte, «n'y crois pas». Allez savoir par quel glissement sémantique et conséquemment à quelle dérive des continents, on a pu inventer ce prénom si bizarre, si inquiétant et néanmoins si attachant. Vous vous imaginez en train de parler à votre rejeton en commençant par dire : écoute… «n'y crois pas» ? Encore que pour râler, ça peut passer, mais pour parler, ça fait un peu désordre, non ? Piètre consolation mais consolation quand même, dans un pays où on croit à tout, on peut quand même tolérer un prénom qui invite à ne croire en rien et l'histoire, la géographie et la patronymie n'y peuvent rien. Latamène a donc eu son instant d'apaisement du fait qu'il ne se soit rien passé de la journée. Ne lui dites surtout pas qu'il se passe quand même de belles choses dans le pays, les ministres s'en chargent très bien en ce moment. C'est fou, le nombre d'usines, de routes, d'hôpitaux, de fermes agricoles et plein d'autres merveilles qu'on a cachés, jusqu'à l'arrivée du cachir, à Latamène.
Piètre consolation mais consolation quand même, il lui arrive d'être en parfaite symbiose avec la philosophie qui a inspiré et motivé la création de son prénom : n'y crois pas. Après son moment furtif de sérénité, Latamène est sans transition dans l'inquiétude, façon de passer du coq à l'âne dans le sens le plus angoissant de la formule.
S'il ne croit pas à grand-chose, il croit tout de même que, dans son pays, le pire est toujours à craindre. N'est-ce pas qu'on a toujours une peur bleue quand il ne se passe rien d'inquiétant ? Quand il fait chaud, on oublie qu'on est en Afrique pour prophétiser un tremblement de terre. Quand la pluie tombe, on oublie les céréales et on pense aux inondations et quand il y a des élections on sait que c'est cousu de fil blanc et on a peur pour le pays. Ça lui arrive rarement mais Latamène a passé en revue l'actualité de la semaine et il en a retenu l'essentiel : quatre personnes sont mortes du monoxyde de carbone, un étudiant a été égorgé dans sa chambre universitaire, Bouhadja a mordu dans le sandwich au cachir, on a dressé le bûcher pour une ministre qui a dit que l'école, c'est pour apprendre et Amar Ghoul a parlé.
Est-ce que le pire est donc derrière nous ? Latamène… n'y croit pas et son prénom n'explique pas tout.
S. L.


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