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Timide présence du livre algérien en l'absence de ses éditeurs
Foire du livre de Sharjah
Publié dans Le Soir d'Algérie le 11 - 11 - 2019

La Foire internationale du livre de Sharjah (Emirats arabes unis), qui a débuté le 30 octobre dernier, connaît la participation de plus de 2000 éditeurs issus de plusieurs pays, mais en l'absence des éditeurs algériens.
La Foire de Sharjah, capitale mondiale du livre 2019, coïncide avec le Salon international du livre d'Alger (Sila), qui reste pour les éditeurs algériens l'unique occasion pour présenter et commercialiser leurs productions, alors que beaucoup d'éditeurs arabes mettent à profit ces deux rendez-vous parallèles pour le faire, selon les professionnels de l'édition, dans nombre de pays arabes. Pénalisé par une législation «inadaptée» en ce sens que l'exportation du livre est soumise aux mêmes lois que des produits et des marchandises non culturels, l'éditeur algérien se voit privé de représenter son pays dans les différentes manifestations livresques.
Pour la Foire internationale du livre de Sharjah, l'éditeur algérien ne s'est pas vu offrir la possibilité d'y participer même si certains arrivent à se faire représenter par leurs pairs d'autres pays, d'où la présence timide du livre algérien si ce n'est quelques titres coédités avec des éditeurs arabes, a-t-on constaté à travers les différents stands de cette foire.
En manquant à l'appel lors de manifestations livresques de grande envergure dans le monde, les éditeurs algériens demeurent «confinés localement» ; par conséquent, le livre algérien reste sans visibilité à l'extérieur et l'auteur privé d'un lectorat plus large, estiment les observateurs.
L'absence de l'éditeur algérien reste donc la cause directe de l'absence du livre algérien sur la scène culturelle et littéraire arabe, au moment où l'Algérie enregistre, chaque année, une croissance en nombre de publications et de lectorat, une situation qui amène les écrivains à rechercher des éditeurs arabes.
Par ailleurs, les éditeurs arabes misent sur la forte présence des critiques et des médias à cette manifestation pour promouvoir leurs publications et les écrivains qu'ils souhaitent mettre en avant pour des prix littéraires. Les écrivains algériens tentent d'avoir une place dans les manifestations culturelles arabes, notamment les foires du livre, dont celle de Sharjah qui attire des centaines d'auteurs, de journalistes et d'intellectuels de tous les pays. Le romancier El-Habib Sayeh est programmé à ce rendez-vous pour animer une conférence sur la littérature africaine et l'écrivain Waciny Laaradj à une autre sur les ateliers de l'écriture. Parmi les noms connus participant à la Foire internationale du livre de Sharjah, la poétesse et écrivaine Rabia Djelti a pris part à la cérémonie d'ouverture ainsi que l'écrivain Abderrezak Boukeba.
La romancière Ahlam Mosteghanemi reste la star incontestée de toutes les manifestations livresques arabes, y compris à Sharjah, où nombreux sont les stands qui rivalisent pour capter son lectorat.
La romancière a eu une rencontre ouverte avec le public avec lequel elle a évoqué, à travers les réponses à leurs questions, la situation dans le monde arabe et l'impasse politique dans laquelle se trouvent tous les pays arabes. Elle a abordé, aussi, ses peines et ses rêves transmis à travers ses écrits. Parmi les livres algériens présents à travers des maisons d'édition arabes, il y a lieu de citer Amine Zaoui, Mohamed Djaâfar, Ahmed Taibaoui, Bachir Mefti, Ahmed Delbani, Sara Nems entre autres.
En outre, beaucoup de maisons d'édition arabes exposent des ouvrages universitaires algériens, notamment des thèses et des études dans les domaines de la linguistique, la critique, la philosophie et la sociologie. Toutefois, les auteurs de ces ouvrages n'ont pas la possibilité de connaître les ventes réelles ni le respect par l'éditeur étranger des obligations contractuelles, étant donné que les livres académiques sont peu médiatisés en dépit d'une forte demande de la part de leurs lecteurs.


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