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Défiant la crise, le jazz international a fait vibrer Port-au-Prince
Musique
Publié dans Le Soir d'Algérie le 29 - 01 - 2020

Que la fine pluie n'empêche pas les spectateurs de danser devant la scène où chantait samedi soir la Canadienne Dawn Taylor Watson prouve que le Festival international de jazz de Port-au-Prince a été une bouffée d'oxygène prisée en Haïti, en proie à une crise socio-politique.
Le PaP Jazz, comme le surnomment ses habitués, a gagné sa place dans l'agenda international à l'heure où les capitales mondiales du genre musical grelottent sous des températures négatives. Mais cette 14e édition aura été la plus complexe à mettre en œuvre. «On a changé la grille de programmation 15 fois. ça a été très très compliqué mais on ne s'est jamais une seconde dit qu'on ne faisait pas ce festival, jamais une seconde», confie Milena Sandler, directrice de la fondation Haïti Jazz, organisatrice du festival. Les mois de préparation nécessaires pour assurer la venue en janvier de stars internationales ont été court-circuités par la crise socio-politique.
L'année haïtienne 2019 aura été marquée par des semaines de contestations anti-corruption, des manifestations émaillées de violence aboutissant même à une paralysie totale des activités de septembre à décembre. Licenciements massifs d'employés et même fermetures définitives d'établissements, la crise subie par les entreprises privées a largement déteint sur le festival. «On a trois partenaires traditionnels qui ont définitivement dit que c'était impossible pour eux de participer financièrement cette année, rapporte Milena Sandler. On les comprend, on ne jette la pierre à personne. »
Pour pallier ce budget amputé, l'équipe du PaP Jazz a alors pensé à lancer une campagne de financement participatif sur internet. Un pari gagnant car plus de 10 000 dollars américains sont récoltés, permettant d'aligner une programmation au niveau des grands festivals mondiaux. Bonheur partagé : en ouverture, les mélomanes haïtiens ont profité de l'énergie de la légende Dee Dee Bridgewater qui aspirait depuis des années à visiter la première République noire de l'histoire. «C'était un rêve pour moi de venir ici parce que c'est un pays où les gens se sont révoltés pour avoir leur indépendance, c'est mon peuple, le peuple noir», a confié avec émotion la star américaine.
Oubliant l'insécurité grandissante dans le pays, la magie PaP Jazz opère quand Dee Dee Bridgewater, trois Grammys à son actif, partage un court instant le micro avec le groupe Take 6, dix récompenses en 40 ans de carrière. Des moments que la chanteuse voulait partager avec les Haïtiens. «Bien sûr ce pays a besoin d'écoles. Bien sûr il y a un besoin pour des infrastructures plus fortes mais la musique c'est très important. ça donne aux gens d'Haïti la possibilité de voir et d'écouter de la musique qui vient d'un peu partout et ça peut ouvrir les yeux des gens à l'extérieur», espère Dee Dee Bridgewater. Loin du cliché élitiste du jazz, 80% des concerts du Festival de Port-au-Prince sont gratuits et, tous les matins, pendant une semaine, les artistes internationaux offrent des ateliers à tous ceux qui veulent y assister.
«Ce matin, il y avait cette artiste qui vient de Taïwan et qui nous a fait découvrir son instrument et la musique qu'il joue», apprécie Emmanuella Leroy, 21 ans. Plus jeune que certains élèves venus assister à son atelier, la saxophoniste Jazmin Ghent a adoré ce temps d'échange. «C'était un vrai régal parce qu'autant je partageais avec eux, autant eux partageaient aussi avec nous afin que nous puissions devenir plus conscients de la musique ici en Haïti et de la culture», assure l'artiste de 26 ans. «J'aimerais jouer de la musique haïtienne, acquérir certains de ces styles et collaborer avec des musiciens haïtiens», envisage-t-elle. Preuve du pouvoir d'attraction du PaP Jazz : de la Cubaine Yilian Canizares au Français Jacques Schwarz-Bart, nombre d'artistes à l'affiche de cette 14 édition n'en étaient pas à leur première participation. Tous présentent désormais à l'international des collaborations avec des musiciens haïtiens. «Je suis vraiment tombé en amour avec ce festival», témoigne le batteur israélien Yogev Shetrit. «La programmation ici est incroyable : c'est un festival de grande qualité et les gens du monde entier doivent savoir qu'en Haïti il y a un festival de haut niveau, vraiment cool», conclut le musicien.


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