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Vent divin de Merzak Allouache : un discours sur la vie, l'amour, la mort et le djihad armé
Projeté en avant-première à la cinémathèque de Tizi Ouzou
Publié dans Le Soir d'Algérie le 17 - 02 - 2020

Sorti en 2017, Vent divin, Rih rabani, en arabe, la dernière fiction long-métrage d'1h30' de Merzak Allouache a été présentée en avant-première nationale, dans la soirée de samedi dernier, à la Cinémathèque de Tizi Ouzou, en présence du réalisateur.
Fidèle à son style sobre et épuré, Merzak Allouache nous livre dans Vent divin un discours sur le drame des attentats-suicides et le processus de radicalisation islamiste des jeunes, à travers deux personnages, Amin (Mohamed Oughlis) et Nour (Sarah Lyssac), aux profils psychologiques antagoniques en proie à leur destin et contradictions.
Séquence après séquence, les deux protagonistes se dévoilent et nous délivrent leurs univers intérieurs et aussi leur motivation de candidats au martyre djihadiste. Dès les premiers plans, on est plongé dans un espace solaire et désertique fait de dunes de sable et d'une rare végétation.
La caméra s'enfonce dans cet espace de vide et de silence déchiré par intermittence par le vent, et nous renvoie un large panoramique qui enveloppe le spectateur dans un halo de lumière (les images sont en noir et blanc). Soudain, on entend le vrombissement du moteur d'une voiture arrivant à vive allure. A l'intérieur, un jeune homme, la trentaine. La scène dure quelques minutes et l'on voit le jeune homme échanger quelques mots au téléphone avec son père. «Je suis à Barcelone», entend-on répondre le jeune homme excédé qui veut, visiblement, cacher ses sombres desseins à son père qui donne l'air d'être inquiet. Mais avec le déroulement des premières images, l'expression et l'attitude du jeune homme sont quasi indéchiffrables et n'aident point à libérer la narration.
Le plan suivant, le même jeune se retrouve chez sa logeuse, L'hadja, une vieille femme habitant seule à l'écart d'un village du Sahara. Jeune citadin d'une ville du Nord, bien sous tout rapport, Amin est venu traîner son spleen et sa solitude dans un coin perdu du Sahara. Son temps, il le passe entre promenades dans le désert, lecture du Coran, prière et virée en ville où il navigue sur internet. Et c'est sur la toile qu'il fera connaissance avec Nour, une jeune Franco-Algérienne très engagée dans le djihad armé au sein de la nébuleuse terroriste internationale, et qui, rapidement, mettra Amin sous son empire et entreprendra de le pousser à basculer dans le djihad armé en l'entraînant avec elle dans l'entreprise terroriste qu'elle est chargée de commettre contre une installation pétrolière d'une ville du Sud algérien. Petit à petit, des liens se tissent et se resserrent et deviennent plus intimes, même charnels entre les deux candidats au suicide terroriste. Une idylle se noue entre Amin et Nour qui fait montre d'un ascendant psychologique sur le jeune homme qu'elle met totalement sous son emprise. Au fil du temps, celui-ci est en proie au doute et veut renoncer à son projet de martyre djihadiste. L'angoisse s'empare du jeune Amin tenaillé par un conflit intérieur où se mêlent désir de rester en vie et la tentation de la mort en martyr avec la promesse du paradis et son amour naissant pour la belle Nour. Femme de caractère, déterminée et toute vouée au martyre pour lequel elle s'était préparée dans les maquis daeshien de Raqa en Syrie, celle-ci arrivera à imposer sa volonté à Amin.
Point de place au renoncement pour le couple qui doit aller jusqu'au bout de son projet. Le jour fatidique de l'attentat arrive mais n'aura finalement pas lieu en raison d'une dispute qui éclate entre les deux protagonistes. Décidée à aller jusqu'au bout, Nour tente d'entraîner avec elle Amin vers l'abîme de la mort et de commettre l'attentat. Le jeune homme ne veut rien entendre. Il agrippe par la taille son amie qui a déjà endossé la ceinture explosive. Il la supplie de renoncer à se faire exploser, tout en lui avouant qu'il l'aime. Dans la mêlée, Amin appuie sur le détonateur du dispositif explosif. C'est la déflagration.
Merzak Allouache prend, ainsi, la décision de régler le conflit par un combat singulier. Un duel entre la pulsion de mort et le désir de vie où s'entremêle l'amour. Au-delà de ce dénouement imprévu de l'intrigue sur fond d'une intensité dramatique élevée à son paroxysme, et d'une fin du film aux allures de tragédie grecque, Merzak Allouache délivre un propos sur le processus de radicalisation djihadiste et sur le drame des attentats-suicides.
Le parti-pris pour un choix de société est visible. Et le réalisateur de Vent divin ne s'en cache pas.
Sur ses choix esthétiques : l'auteur du mythique Omar Gatlatou affiche clairement sa préférence pour le style minimaliste. Une forme d'expression sobre et épurée dépourvue de tout recours à l'exagération, aux effusions baroques et grandiloquentes. Genre d'écriture qu'il trouve, par exemple, dans les films de Youcef Chahine dont il dit affectionner les thématiques socio-historiques et le regard de ce cinéaste sur la société égyptienne. «Je suis un adepte d'un cinéma simple», dira M. Allouache, répondant à une question dans le débat, pour justifier sa manière d'exprimer son ressenti et son rapport au réel dans ses films.
Comment justifie-t-il ses choix chromatiques (le noir et blanc) et sonores (absence de musique) dans Vent divin ? Il s'agit de choix délibérés pour coller à la réalité et qu'il ne voulait pas surcharger ses images et renvoyer une image folklorique et de carte postale du Sahara. «Quant à la bande son, je me suis contenté de reproduire les silences et le souffle du vent, à la place des bruitages et de la musique», avouera Merzak Allouache, dont le film sera distribué à travers le réseau de salles de cinéma du Centre national de la cinématographie, selon l'annonce faite lors de la projection par Salim Aggar, le président du CNC.
S. Aït Mebarek


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