Griezmann interrogé sur la polémique Benzema/Giroud    Le Président de la République s'entretient par téléphone avec son homologue turc    COVID-19 : Ouverture d'un CCP de solidarité pour les dons    UNIVERSITE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES D'ALGER : Reprise des cours le 5 avril via une plateforme numérique    COVID-19 EN ALGERIE : 716 cas confirmés et 44 décès    Une décharge doit être signée avant l'application de la chloroquine !    Aïcha Zinaï claque la porte du CNDH    Le wali de Mascara atteint du Coronavirus    Oran: un respect scrupuleux du confinement partiel    Propagation du covid19-ANP: des instructions sur les dispositions préventives    Un navire battant pavillon des Iles Marshall impliqué dans le pillage des richesses sahraouies    Sahara Occidental: 139.000 t de poissons congelés exportés illégalement par le Maroc en 2019    Ligue 1: le joueur a besoin d'au moins trois semaines pour reprendre la compétition    Lancement des premières journées virtuelles du court métrage    Coronavirus: Feghouli fait un don pour un hôpital d'Istanbul    Le report des jeux méditerranéens d'Oran officialisé    Pétrole: le prix du Brent en hausse grâce à la reprise de la demande chinoise    L'infrangible lien…    Déclaration    Vu à l'aéroport international d'Alger    "L'état de santé de Karim Tabbou s'améliore"    Vers une contribution financière et matérielle de la FAF    Le gouvernement parie sur la solidarité    Le Premier ministre ordonne les réquisitions    Les feuilles de l'automne    TV-6 de l'EPTV récupère des journalistes de Dzair TV    Une exposition virtuelle en temps de confinement    Une ode aux victimes de la décennie noire    Un bébé succombe au Covid-19 aux Etats-Unis    Justice brésilienne : Le gouvernement interdit de prôner le non-confinement    L'Italie espère de bonnes nouvelles la semaine prochaine    Tiaret : Plusieurs produits destinés au trafic saisis    Trois individus arrêtés pour cambriolage d'un magasin à Boulanger    LFP - Arrêt des compétitions: De redoutables conséquences pour les clubs    En difficulté: Les entreprises demandent l'aide de l'Etat    Bouira: Livraison de 4.900 quintaux de blé aux minoteries    A L'OMBRE DES MURS    Hyundai GMI Al Djazair fermé temporairement    La Chine va construire un hôpital de protection en Algérie    GMS Mercedes-Benz à l'arrêt    Zoubida Assoul parle de l'état de santé de Tabbou et Nekkaz    Covid-19 : Contribution financière du groupe parlementaire RND au Conseil de la Nation pour endiguer la pandémie    Covid-19 : un lot de 10.000 livres remis aux résidants des hôtels de confinement    LE PIÈGE DES TRAUMATISMES.    N'ASSUME SES MISSIONS Aïcha Zinaï claque la porte du cndh    Musique- Bob Dylan : Sortie d'une nouvelle chanson    LES VIES LIEES    Et si le passé parlait ?    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le message poignant De nos frères blessés
Théâtre
Publié dans Le Soir d'Algérie le 20 - 02 - 2020

La pièce De nos frères blessés, de Joseph Andras, mise en scène par Fabrice Henry et jouée lundi soir au Théâtre Abdelmalek-Bouguermouh au 3e jour du Festival international du théâtre de Béjaïa, a ému jusqu'aux larmes tant elle était poignante et son récit bouleversant.
L'histoire, qui met au jour le parcours héroïque mais singulier de Fernand Iveton, un travailleur algérien d'origine française, engagé foncièrement dans le combat de Libération nationale, mais qui a dû le payer de sa vie, ayant été sauvagement torturé et condamné à mort à l'issue d'un simulacre de procès, puis guillotiné en 1957, a secoué et ébranlé tout le public, pourtant habitué à entendre des faits de guerre invraisemblables. Dans la région, notamment dans ses montagnes, il n'y a pas de famille, sinon des cas rares, qui n'ait été confrontée ou entendu des récits sur des violences coloniales inouïes. Et pourtant, ce soir, il a cédé au drame Iveton, dont beaucoup ignoraient peut-être l'existence, mais qui le découvrent dans sa vérité, ses engagements, ses convictions, mais aussi toute sa fragilité et, surtout, le martyre subi. Un homme dont la vie s'est brisée tel un vase de porcelaine, dans le corridor de l'aveuglement et de la bêtise et qui n'a pu échapper à l'échafaud, malgré une forte mobilisation et les discours humanistes de l'administration coloniale d'alors, d'autant que dans sa propagande, il n'y avait pas de soulèvement, encore moins de guerre, mais juste des «événements».
Alors il a fallu le liquider brutalement pour en faire un exemple et conditionner, ainsi, tous les Français d'origine algérienne en situation d'être tentés de suivre son modèle. Car au niveau des arguments ayant présidé à son exécution, la sentence a été plus que disproportionnée.
Et pour cause : Iveton, la trentaine non révolue, a été arrêté à Belcourt (Alger) pour avoir caché et déposé une bombe dans son lieu de travail. Un engin, toutefois, qui n'a pas explosé ni tué quiconque, ayant été dissimulé dans un endroit où il ne pouvait faire de victimes. L'objectif d'Iveton n'était autre que celui d'éveiller les consciences et d'attirer l'attention sur les massacres d'Algériens.
Pour autant, son geste a été interprété comme un «acte terroriste» et, à ce titre, il a été traité comme tel, en l'occurrence comme «un rebelle, un traître, un félon, un blanc vendu aux crouilles». Et la demande de grâce, introduite auprès des autorités françaises, notamment, François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur et ultérieurement devenu président et artisan, en 1982, de la loi sur l'abolition de la peine de mort et qui fut rejetée.
Pour mettre en scène ce drame, Fabrice Henri n'a pas eu recours à quelque artifice, se contentant, hormis quelques passages romancés, de reproduire fidèlement le livre de Joseph Andras, récipiendaire du prix Goncourt du «1er roman», en 2016, qu'il a refusé, du reste, d'accepter.
Le metteur en scène a fait la part belle à la narration, laissée à l'apanage de 4 comédiens d'exception (François Copin, Clémentine Haro, vincent Poudroux et Thomas Résende), qui ont magnifié le texte original en le déclamant dans une émotion et un réalisme époustouflants.
En fait, son succès, au-delà de la performance des acteurs, doit beaucoup également à la technique scénographique utilisée, empruntant surtout au théâtre actif qui associe dans un jeu commun acteurs et spectateurs dans une dynamique partagée d'écoute et d'engagement. Plusieurs spectateurs ont été conviés ainsi à lire des passages de lettres d'Iveton à sa femme, ou campant, sur scène, quelques rôles de condamnés à mort, sur le point de passer sous la lame de la guillotine, sur fond d'un chant révolutionnaire, Min djibalina, entonné collectivement.
Un spectacle singulier, original, bien servi par les comédiens et surtout par la qualité et la puissance du texte, que d'aucuns qualifient de chef-d'œuvre.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.