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«La progression de l'autisme en Algérie est préoccupante»
Le Pr Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l'UHS de Chéraga, au Soir d'Algérie :
Publié dans Le Soir d'Algérie le 05 - 03 - 2020


Entretien réalisé par Salima Akkouche
La Direction générale de la prévention au ministère de la Santé a annoncé, en février dernier, le lancement de l'élaboration du plan national autisme. Pourtant, en 2015 déjà, le ministère de la Santé avait annoncé que le plan national autisme sera prêt en 2017. Entre-temps, la situation des familles des personnes autistes reste déplorable. Le professeur Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l'UHS de Chéraga et président du Comité national de santé mentale et de l'enfant, explique, dans cet entretien, que la situation des autistes, dont le nombre est en progression, reste préoccupante. Le professeur déplore la lenteur que mettent les autorités dans la mise en place d'un plan autisme en Algérie.
Le Soir d'Algérie : Quelle est la situation de l'autisme en Algérie ?
Madjid Tabti : Affirmer, comme certains, qu'elle est sous contrôle relèverait d'un doux euphémisme… Je dirai qu'elle est plutôt préoccupante, car sa progression est exponentielle si l'on considère les signalements incessants de mes confrères à travers le territoire national, au gré des journées scientifiques organisées par les secteurs public ou privé. Plus de 400 cas nouveaux enregistrés en 2017 au service de pédopsychiatrie à l'EHS Mahfoud-Boucebci de Chéraga, et ce chiffre est en nette augmentation. La prise en charge demeure très aléatoire en comparaison avec les standards internationaux.
Où en sommes-nous en matière du diagnostic précoce ?
Les diagnostics précoces s'effectuent pour l'essentiel au niveau de quelques établissements hospitaliers que l'on peut compter sur les doigts d'une main. Au niveau du service de pédopsychiatrie de l'EHS Mahfoud-Boucebci de Chéraga, nous disposons des tests et bilans d'évaluation depuis quelques mois. Nous sommes en train de réaliser, actuellement, notre propre unité de diagnostic et d'évaluation. Lorsque nous l'inaugurerons, très prochainement, ce sera la seule en Algérie en attendant l'ouverture des CRA, (Centres ressources autisme), prévus par le plan autisme justement.
Le personnel médical, notamment les pédopsychiatres, est-il formé pour faire le diagnostic précoce de l'autisme ?
Théoriquement, les pédopsychiatres correctement formés sont en mesure d'effectuer un diagnostic précoce. Mais cela reste bien relatif car les formes d'autismes sont multiples. Dans notre pays, la discipline est récente, deux ans à peine se sont écoulés depuis la sortie de la première promotion. Cela étant, au service de pédopsychiatrie de l'EHS Mahfoud-Boucebci de Chéraga, grâce à un solide réseau composé de spécialistes locaux et étrangers, porté par quelques associations performantes, nous arrivons à organiser, entre autres, des cycles de formation courts mais continus qui nous permettent d'affiner nos connaissances dans ce sens. Il n'en demeure pas moins que si le diagnostic précoce est correctement effectué, c'est l'équipe pluridisciplinaire qui aura à réaliser le plus gros de la prise en charge : psychomotriciens, orthophonistes, psychologues, éducateurs spécialisés, animateurs, etc.
Le service de pédopsychiatrie de Chéraga a acquis, depuis cinq années maintenant, une stature de pôle pilote en matière de prise en charge de l'autisme, diagnostic précoce compris. Je vous invite cordialement à le visiter. Nos équipes sont sollicitées d'un peu partout dans le pays pour des séquences de perfectionnement des personnels en lien direct avec la prise en charge de l'autisme. C'est donc bien volontiers que nous partageons notre savoir-faire avec tous les confrères qui le souhaitent. Ce comité CNIA (Comité national intersectoriel de l'autisme) ,qui devait réunir l'ensemble des acteurs concernés par la gestion de l'autisme, à tous les niveaux, s'est transformé, de 2016 à ce jour, en un cercle restreint, qui s'est rétréci comme peau de chagrin (départs et désintéressements), au détriment d'un collectif opérationnel, pertinent et représentatif au début. Le marasme de quatre ans en est la preuve formelle. Il est grand temps de revoir le fonctionnement ainsi que l'évaluation de ce comité de pilotage, car l'Algérie d'aujourd'hui qui est entrée dans une ère nouvelle ne peut plus s'accommoder de ces méthodes clientélistes, stériles qui freinent le progrès de notre médecine en excluant les meilleurs éléments pour briller dans des conférences incessantes et inopérantes. A titre d'illustration, le service de pédopsychiatrie de l'EHS Mahfoud-Boucebci de Chéraga ne figure pas sur la liste des visites proposées par ce comité aux experts français qui sont chargés de lancer ce plan. Est-ce un oubli ou un acte prémédité ? Tout en sachant qu'Alger ne dispose que de deux centres de pédopsychiatrie…
Quatre ans pour rien, le bilan est calamiteux. L'heure du changement a sonné ! Des milliers de familles algériennes sont dans l'attente d'une prise en charge réelle et je les comprends.
Le Plan national autisme a été annoncé pour 2017. Qu'en est-il sur le terrain ? Sachant que le 23 février dernier, la Direction de la prévention au ministère de la Santé en a annoncé l'élaboration.
Voilà une question particulièrement pertinente qu'il serait judicieux de poser aux innombrables parents qui grossissent les files d'attente au niveau des consulats étrangers pour tenter d'aller inscrire leurs enfants autistes dans des structures adaptées. Je veux dire, réellement adaptées à leur handicap. Ils sont également très nombreux à prendre d'assaut les sites électroniques de ces institutions en quête d'une hypothétique inscription de leurs enfants, d'informations pour acquérir, en bons autodidactes, d'éventuelles méthodes pédagogiques, éducatives ou autres. Nous en sommes là, le constat est implacable ! J'ai eu connaissance de la présence de certains de nos anciens patients dans des établissements étrangers. C'est une réalité cinglante qui devrait inviter certains à plus d'humilité.
Que stipule ce plan ?
Si pour l'Algérie, ce plan sera une première, la France, par exemple, en est à son quatrième plan. C'est dire le chemin qui reste à parcourir, pour aboutir à une politique nationale de prise en charge de l'autisme selon les standards internationaux. Il a été mis en place en 2016 et, tel un vœu pieux, il demeure sans effets notables à ce jour. Il s'agit d'un programme ambitieux qui définit bien les actions à réaliser mais pour les raisons évoquées plus haut, son effectivité tardera à poindre tant que le nœud gordien ne sera pas tranché. Cela étant, çà et là, de belles initiatives sont prises pour assurer le perfectionnement des équipes pluridisciplinaires, en dépit de la carence patente en structures autant adaptées qu'indispensables !La progression vertigineuse de l'autisme dans notre pays est une réalité éclatante. Nous ne pouvons en juguler les effets. En revanche, nous pouvons améliorer considérablement la prise en charge en favorisant le développement des méthodes opérantes, au niveau national. La coordination de ce processus exige une vigilance ainsi qu'une évaluation de tous les instants… Alors, posons-nous la bonne question.
S. A.


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